Harry se tenait à son balai, essayant désespérément de ne pas tomber. Il riait tant que des larmes coulaient sur son visage avec abondance. En dessous de lui, il entendait Setsuko hurler à Josh de lui rendre ses vêtements immédiatement ! Enroulée dans une serviette qu’elle tenait avec difficulté, la Japonaise criait à la fois dans sa langue et en anglais, si bien que ses paroles semblaient presque incompréhensibles, excepté pour Mikohé, frère de la jeune poursuiveuse, et pour Harry qui avait appris le Japonais en côtoyant ses deux joueurs dans leur pays natal.
Les membres au grand complet de l’équipe d’Angleterre étaient réunis sur le terrain le plus grand du pays. Harry se sentait fort heureux d’être de retour dans son époque. D’un commun accord, Ginny et lui avait décidé de rentrer en 2001 pour les vacances de pâques. Ça leur avait permis de présenter leurs petits monstres à la famille et de ravir Molly Weasley pour l’éternit ! La belle-mère d’Harry ne cessait de s’extasier sur « C’est deux petits trésors ». Bien sûr, ça n’était pas elle qui devait supporter les trésors quand ils hurlaient pendant la nuit, quand ils décidaient qu’ils avaient faim puis qu’ils ne l’avaient plus ou encore quand ils saisissaient violemment les cheveux de Harry et Ginny pour jouer à « Faire mal à papa et maman ». Ce n’était pas elle qui devait empêcher Abel junior de grimper aux rideaux du salon (il n’avait pas vraiment grimp ! Il s’était juste contenter de saisir les rideaux alors que Ginny se tenait près de la fenêtre avec lui dans ses bras, mais Harry soutenait qu’il le ferait un jour !!) et Théo de baver sur les copies des élèves (passe-temps qu’il adorait manifestement). Mais il fallait avouer qu’elle n’avait pas le plaisir de les voir sourire aux grimaces de leur père, de voir leurs yeux bleus scintiller quand leur mère leur souriait avec tendresse ou encore leur bonheur quand ils étaient respectivement dans les bras de leurs parents. Néanmoins, il fallait admettre une chose : il y avait moins de bons que de mauvais moments... Mais Harry ne s’en décourageait pas. Avec le temps, il avait fini par s’habituer aux facéties de ses fils, et il fallait avouer qu’il avait hâte de découvrir quelles gaffes ils avaient encore fait tandis qu’il était à l’entraînement.
En parlant d’entraînement... Harry dut se coucher rapidement sur son balai pour éviter le cognard que lui envoya Ledaral, un sourire carnassier sur les lèvres.
« Allez Papa Gâteaux ! Cesse de rêvasser et trouve-nous ce Vif de malheur qu’on puisse rentrer chez nous ! »
Harry répondit par un sourire et, d’un air nonchalant, il souleva la main droite, brandissant le fameux vif.
« Tu l’as attrapé depuis longtemps ? demanda Gabrielle à ses côtés.
- Depuis plus de dix minutes, avoua Harry. Mais les premiers pas de Setsuko dans le monde du nudisme m’ont empêchés de le signaler ! »
Tous éclatèrent de rire alors que la jeune japonaise sortait des vestiaires, vêtue d’un Jean saillant parfaitement ses longues jambes et d’un pull à col roulé lilas, sa veste posée avec désinvolture sur son épaule.
« Je file, oh, équipiers bien aimés ! Je suis déjà en retard à cause d’une certaine personne... »
Et elle fusilla Josh d’un regard assassin tandis que celui-ci affichait un regard goguenard.
« File, sœurette, fit Mikohé d’une voie grave. Ne fait pas attendre ton amoureux. »
Setsuko sourit à son frère et partit précipitamment. D’un même mouvement, les autres membres de l’équipe soufflèrent d’un air rêveur.
« Ah, les premiers rendez-vous, souffla Harry en descendant et en décrivant de large cercle, croisant ses équipiers qui faisaient de même.
- Le cœur battant la chamade à la vue de l’être aimé, poursuivit Josh.
- Les intentions romantiques du début, continua Gabrielle.
- Les mimiques que l’on note avec attention, les caresses pleines de tendresse qui vous font décoller du sol tout en y restant alors que le ciel vous paraît scintillé de millions d’étoiles identiques à celle des yeux de votre adoré...
- Ali ! s’exclamèrent les cinq autres personnes.
- J’avais fini, informa le batteur, les autres éclatant de rire.
- Les frissons du premier touché de ses doigts sur votre joue, reprit Harry.
- Son souffle dans votre cou quand elle s’y blottit, rêvassa Josh.
- Ses mains jouant tendrement avec vos cheveux, dit doucement Gabrielle tandis qu’ils se posaient tous avec douceur, les uns à côté des autres.
- La douceur de ses lèvres digne de pétales de rose sucrée qui... ça va j’arrête là, précisa Ali tandis que tout les autres pouffaient d’amusement.
- La première fois que vous pouvez la ...
- Ledaral ! s’exclama Gabrielle en entendant son dernier mot. Tu n’es pas dans le coup l ! »
Ils éclatèrent tous de rire, même l'inébranlable batteur qui gardait tout de même une certaine froideur. Ils marchèrent en riant encore vers les vestiaires. Arrivés à l’intérieur, ils allèrent tous prendre une douche. Gabrielle les accompagna, imperturbable vis à vis des hommes à ses côtés. Elle n’avait rien à cacher, et leur présence ne la dérangeait pas tant elle y était habituée. Quant à eux, s’ils avaient autrefois lancé des coups d’œils appréciateurs aux formes gracieuses de la poursuiveuse, ils s’en désintéressaient maintenant totalement, fermant tous les yeux sous l’effet de l’eau chaude relaxante sur leurs membres endoloris.
« Bon sang Harry, fit soudainement Josh. On voit que tu n’es pas capitaine pour rien ! fit-il remarquer en faisant rouler ses épaules en accompagnant son geste de grimaces douloureuses. Je n’ai plus été courbatu de la sorte depuis... pfiou ! Au moins la première fois que nous nous sommes rencontrés ! »
Harry eut un sourire rêveur à ce souvenir. La première fois qu’il avait rencontré Josh McDrell... C’était en Amérique. Au Brésil. Fermant les yeux, Harry put presque revoir Josh appuyé nonchalamment sur le muret du ministère brésilien, un sourire sarcastique sur les lèvres. Il était alors vêtu de robes déchirées et sales, signes qu’il ne venait pas de passer un bon moment et il semblait être d’une humeur massacrante ! Harry l’avait fixé avec intérêt, ne se doutant même pas que cet homme était sans doute le meilleur gardien du monde et qu’il serait dans son équipe. Sans trop savoir pourquoi, Josh avait ressenti de suite de l’amitié pour ce gamin qui le fixait avec intérêt et ce fut d’une voix pâteuse, mais rassurante qu’il lui demanda s’il n’avait rien d’autre à faire. Harry avait été si surpris par le ton et la question qu’il avait éclaté de rire. Et Josh avait été séduit de suite par l’air amusé mais inquiet de cet étrange garçon. Et quand Harry lui demanda de lui indiquer l’emplacement du terrain de Quidditch et que Josh lui avait appris qu’il était à cent kilomètres, et qu’alors, Harry s’était éloigné d’un air heureux, Josh ne put s’empêcher de le suivre pour voir ce qu’il allait faire. Et il le suivit à pied pendant une semaine. Et quand ils arrivèrent au terrain, Harry demanda à Josh de jouer avec lui. Et Josh accepta... Il dit oui à Harry à de nombreuse reprises ce jour là. Et quand Harry lui demanda de le suivre à travers le monde à la recherche d’équipiers pour former l’équipe de Quidditch d’Angleterre, Josh sourit. Rien ne le retenait au Brésil. Sa famille l’avait renié pour divergence d’opinion (NdA : j’ai besoin de préciser quelle sorte d’opinion ?) et rien ne l’empêchait de suivre ce gamin rêveur pour voir si le rêve se réaliserait... Josh McDrell faisait partie du rêve, maintenant...
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« Je suis entièrement d’accord avec Josh, dit doucement Gabrielle, sortant Harry de ses pensées. Mais c’est avec ça qu’on est certain de gagner. J’en ai toujours été sûre de toute façon... »
Harry sourit en entendant Gabrielle Fuse parler. C’était le manque d’argent qui avait permis Harry de trouver la poursuiveuse. Il avait alors réussi à convaincre Josh de le suivre dans une de ces combines foireuses pour « se faire du blé facilement » et s’était promené dans une ville française composée uniquement de Sorciers en hurlant que personne n’arriverait à vaincre l’Américain, réputé dans son pays pour être le meilleur gardien. Et tandis que les Français leur lançaient des regards courroucés ou décidaient de les ignorer et que Josh hésitait entre tuer Harry à mains nues ou l’empaler au mur avec son balai, Gabrielle s’était présentée, fière, droite, l’air dédaigneux sur le visage. Sans attendre, ils s’étaient rendus dans la prairie proche du village qui servait de terrain aux gamins du coin et, sous l’œil scrutateur d’Harry, l’Américain et la Française s’étaient affrontés. Ça avait duré des heures ! Les deux adultes étaient à égalité et aucun ne semblait vouloir jeter l’éponge. Alors, sans aucune crainte, souriant, Harry s’était interposé entre Gabrielle et Joshua pour proposer à la Française de se joindre à eux. Il lui avait raconté son rêve avec ferveur, et en voyant les yeux verts pleins d’espoir d’Harry, elle fut convaincue et les suivit...
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« Si vous ne vous étiez pas autant relâchés durant son absence, vous seriez moins courbatus, signala Ledaral.
- Oh, cesse ton cirque, fit remarquer Ali. Tu as autant mal que nous !
- On t’a sonné la pipelette ?
- Non, et toi non plus l’ours ! »
Harry sourit de nouveau en entendant ses deux batteurs reprendre leur vieille querelle. Ça aussi, c’était une raison pour se souvenir ! Ledaral Arimiel et Ali n’étaient pas du même pays. L’un était grec, l’autre africain. Mais c’était en Asie qu’Harry les avait rencontrés ! Ils étaient là, au beau milieu d’une place de marché moldu à se chamailler... Alors, sans le vouloir réellement et malgré les interventions de ses deux amis, Harry s’était interposé, leur intimant de se calmer ou les moldus n’allaient pas tarder à faire intervenir la police. Leur différent semblait venir du fait qu’Ali avait payé Ledaral (qui était alors marchant ambulant) avec de la monnaie africaine non valable. Harry avait proposé de régler le problème en un affrontement de Quidditch et par un coup du destin, ils avaient tous les deux décidé de jouer comme batteur. Ils s’étaient affrontés de la manière la plus incroyable qu’il soit et Harry, toujours au sol, n’avait pu s’empêcher de remarquer quels adversaires farouches ils feraient s’ils étaient dans la même équipe l’un que l’autre... De là était venu son idée de leur proposer la place de batteur. Et bien que septique, Ledaral l’avait suivit, tandis qu’Ali, optimiste, avait accepté tout de suite et sans aucune hésitation.
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« Allez-vous cesser de vous disputer ? demanda Mikohé d’une voix douce.
- Pour un qui parle pas, je trouve qu’on t’entend beaucoup ses derniers temps, fit remarquer Gabrielle.
- Bah, je doute que des journalistes en furie soient cachés dans nos douches », dit gaiement Mikohé, faisant rire les autres.
La politique de Mikohé, comme Harry l’avait appris très vite, c’est qu’on laisse toujours un muet en paix ! On ne lui pose pas de questions trop agaçantes et surtout, on n’espère pas de lui qu’il vous tienne une longue conversation, ce qui arrangeait les deux jumeaux, Setsuko étant une bavarde et Mikohé un silencieux ! Ils se convenaient l’un à l’autre et étaient pratiquement inséparables ! L’équipe en formation avait rencontré les deux derniers poursuiveurs alors qu’ils traversaient en catimini une place japonaise où des centaines de fans sautillaient et applaudissaient en écoutant un groupe de musiciens qui semblait très appréci ! Tout le monde semblait se bousculer pour avoir l’honneur d’être remarqué par l’un des cinq jeunes hommes, et Harry était exténué de toutes ses bousculades vraiment éreintantes. Quand ils arrivèrent enfin à sortir de cette foule compacte, ils soufflèrent, soulagés d’en être sortis vivants. Tous, excepté Ledaral qui semblait s’être bien amusé. Il avait eu le plaisir de bousculer certaines personnes, et Harry soupçonna son ami d’avoir donné quelques coups de poings... Tandis qu’ils s’éloignaient du concert, ils avaient eu la surprise de voir une bande de cinq jeunes agresser une jeune fille aux cheveux courts qui était visiblement protégée par son frère qui lui avait les cheveux longs. Les deux faux jumeaux semblaient avoir de gros problèmes, et Harry, en preux Gryffondor qu’il était, ne pouvait pas les laisser comme ça. Aussi intervint-il ! Mais qu’elle ne fut pas sa surprise quand il s’avéra que les deux japonais étaient sorciers ! D’origine moldue, mais ça, Harry s’en contrefichait ! Harry parlait déjà un peu japonais et ce fut en bégayant qu’il leur demanda s’ils savaient jouer au Quidditch. Les deux jeunes hochèrent la tête d’un air évident (qui ne savait pas, franchement ?!) et lui proposèrent, dans un anglais si parfait que Harry se sentit vraiment idiot de jouer une part avec eux. Ils en jouèrent bien plus d’une...
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« Harry ? appela Gabrielle. Tu comptes passer ta vie sous cette douche ? »
Ouvrant les yeux, Harry sourit à la poursuiveuse et secoua vivement la tête avant de fermer le jet d’eau et de la suivre. Il attrapa rapidement sa serviette et s’essuya aussi vite que possible, à la surprise générale de ses équipiers.
« Y’a le feu ? demanda Josh d’un air endormi à cause de l’eau chaude qui le laissait toujours un peu somnolent.
- Non, répondit Harry en sautant habilement dans son pantalon, mais Draco et Sarah viennent à la maison aujourd’hui et Ginny et moi rentrons... heu, retournons en vacances en soirée ! »
Les autres échangèrent un regard curieux, tous ayant remarqué la légère hésitation d’Harry. Ils haussèrent les épaules et ce contentèrent de le regarder s’habiller à la vitesse de la lumière. Il prit à peine le temps de dire au revoir à son équipe avant de filer avec son balai et de transplaner. Il arriva chez lui rapidement et plaça délicatement son balai dans le placard avant de monter les escaliers précipitamment. Il figea dans l’embrasure de la porte en voyant sa Ginny, à moitié nue, essayant d’enfiler une petite robe verte. Mais ces cheveux s’étaient emmêlé dans les brettelles et l’empêchaient de la descendre sans se faire extrêmement mal.
« Harry ! dit-elle en l’apercevant. Tu pourrais m’aider !! »
Une lueur de désir dans les yeux, Harry s’approcha d’elle et, au lieu de démêler les cheveux de la jeune femme, il enleva la robe délicatement et la jeta sur la chaise devant la coiffeuse de Ginny. Elle le regarda comme s’il avait perdu l’esprit, mais ne put rien dire, ses premiers mots mourant contre les lèvres d’Harry. Il quitta ses lèvres pour glisser dans son cou, la jeune femme passant langoureusement ses bras autour de sa taille.
« Harry, gémit Ginny dont les mains étaient doucement montées jusqu’à ses cheveux qu’elle caressait tendrement. Draco et Sarah...
- N’arrive pas avant deux heures, coupa-t-il en la serrant très fort contre lui.
- Mais nous devons encore...
- Profiter de la vie, interrompit de nouveau Harry en l’attirant vers le lit.
- Tu as encore gagn », fit-elle dans un souffle.
Et ils tombèrent dans leur lit dans un baisé empreint de passion.
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Ils furent réveillés une heure plus tard par les cris désespérés de deux nourrissons affamés !
« Les petits monstres, souffla Harry.
- Ils te ressemblent, n’est-ce pas ? » plaisanta Ginny en s’appuyant doucement contre son torse, alors que la main d’Harry caressait son dos tendrement.
Il lui sourit avec amour, et d’une simple petite poussée, la força à s’installer sur lui.
« J’ai faim moi aussi, dit Harry en embrassant son cou, descendant ses lèvres avec lenteur.
- Va à la cuisine, plaisanta Ginny en fermant les yeux.
- Ce n’est pas de nourriture dont j’ai besoin », souffla-t-il dans son oreille, la faisant sourire.
Ginny s’abandonna quelques secondes à la douceur des caresses d’Harry plus que prometteuse, mais les cris des jumeaux redoublèrent. Harry souffla d’exaspération, et plongea ses deux émeraudes dans les saphirs de son épouse où il pouvait lire son amour et son désir.
« On continuera ce soir, dit Ginny en passant un doigt le long de la tempe de son mari, les autres lissant ses cheveux indomptables.
- J’y compte bien, répliqua Harry, la faisant éclater de rire.
- Je vais m’occuper des deux monstres, tu te charges du repas ? »
Harry hocha la tête et la regarda se lever, admirant les courbes de son corps qu’il connaissait par cœur et les reflets de ces longs cheveux roux tombant en cascades dans son dos de porcelaine. Ginny s’habilla, puis, sentant le regard de son époux, se retourna et le surprit dans sa contemplation.
« A quoi rêves-tu encore ? demanda-t-elle, les mains sur les hanches.
- Mhm... A toi ! dit-il en riant et en se levant, les draps blancs qui le recouvrait tombant sur le sol pour découvrir son corps élancé et modelé par la pratique du Quidditch (NdA : Les filles ? Cessez de fantasmer et revenez à ma fic ! Allez !!). Je rêve de toi, de tes beaux yeux bleus et de tes doux cheveux... »
Il la serra contre lui et enfouit son visage dans son cou.
« Je rêve de cette odeur de miel qu’à ta jolie peau blanche, de tes lèvres roses telles des pétales (il l’embrassa, caressant de ses lèvres celle de Ginny qui frissonnait de la tête aux pieds), de ton front volontaire, de tes joues si douces (il frôla son visage avec ses doigts). En bref, je rêve de toi et je prie pour que mon cœur n’explose pas tant il bat fort. »
Ginny souffla en se blottissant un peu plus contre lui, ses mains parcourant de haut en bas son dos nu et musclé avant de s’arrêter à sa taille et de l’enserrer de toutes ses forces.
« Moi aussi, je rêve de toi, dit-elle. Moi aussi, mon cœur bat très vite... Je t’aime tant ! »
Leurs yeux se rencontrèrent et le temps sembla s’arrêter. Soudain, ils revinrent à la réalité.
« Les petits monstres ! » s’exclamèrent-ils en cœurs.
Harry se saisit précipitamment de ses vêtements qu’il enfila à la va-vite, se jetant un sort de rafraîchissement (histoire de ne pas subir les taquineries perpétuelles de Draco durant le dîner) alors que Ginny avait déjà fait de même depuis un bon bout de temps et s’était précipitée vers la chambre des garçons. Soucieux quant au fait que Ginny devait nourrir deux bébés affamés, Harry sortit précipitamment et traversa le palier pratiquement en courant. Il poussa la porte de la chambre des enfants pour trouver une Ginny dépitée qui se tenait au milieu de la pièce avec deux biberons en mains, regardant tour à tour les deux berceaux posés contres les murs peints de bleu foncé d’où s’échappaient des cris stridents. Harry lui ôta l’un des biberons des mains en lui faisant un clin d’œil et se dirigea vers le berceau d’Abel qu’il prit doucement dans ses bras tout en faisant léviter le biberon à côté de lui. Ginny le regarda avec des yeux brillants de gratitude alors qu’elle se balançait doucement de gauche à droite tout en calmant Théo et en vérifiant rapidement la température du biberon qu’elle donna enfin au bambin qui, goulu, happa la tétine avec précipitation.
« Ils ne font que hurler et bouffer, ces monstres, dit Harry en observant Abel qui affichait le même air de contentement que son frère.
- Comme tous les bébés, fit Ginny d’un air irrité.
- Mhmm... J’espère juste que leurs futurs frères et sœurs seront plus calmes... »
Ginny sursauta puis lui adressa un sourire rayonnant. Elle s’approcha doucement de lui et, tendant la tête au-dessus de Théo tandis que Harry passait au-dessus d’Abel, l’embrassa délicatement. Et ce fut à ce moment là que les enfants finirent leurs biberons et qu’ils décidèrent de jouer à leur jeu favoris. Synchronisés, ils saisirent les cheveux de leurs parents et tirèrent de toutes leurs forces (c’est à dire pas grand chose, vu qu’ils avaient à peine un mois). Harry et Ginny sursautèrent et regardèrent les deux bambins souriants. En même temps, ils secouèrent la tête d’un air désespéré.
« De vrais monstres, dit Harry en secouant la tête.
- Poudlard ne survivra pas (NdA : Clin d’œil à Leena) », conclut Ginny.
Et ils partirent dans un grand rire alors que Théo et Abel baillaient déjà... De vrais monstres ? Surtout des estomacs ambulants ! A peine nourris, ils s’endormirent paisiblement, sous le regard aimant et tendre de leurs parents.
******************
Harry ouvrit vivement la porte d’entrée, les cheveux encore plus ébouriffés qu’en temps normal, ses joues rougies par le sprint qu’il venait de se prendre dans le hall d’entrée. Souriant gaiement, il s’effaça pour laisser passer Draco et Sarah qui le regardaient d’un air étonné.
« Tu as agrandi ta maison de combien de pièces, pour l’arrivée des jumeaux ? railla Draco, un sourire énigmatique sur le visage.
- Zéro, répondit Harry en débarrassant son ami de sa cape noir et Sarah de sa veste en Jean (elle s’habillait toujours en moldue). Mais j’étais en train de mettre la table.
- Comment, fit Draco d’un air faussement effrayé. Rien n’est encore prêt ? Ginny a-t-elle survécue à cette horrible vérit ?
- Très drôle, dit la concernée en arrivant. C’est prêt à l’instant. Si nos chers invités pouvaient se donner la peine de me suivre au salon pour savourer un apéritif.
- C’est dit avec tant de gentillesse, plaisanta le blond. Comment pourrions-nous refuser ? »
Harry dut masquer son sourire de crainte de vexer Ginny qui secoua la tête d’un air agacé avant de les précéder dans le salon. Celui-ci reflétait tout à fait Harry et Ginny. Décoré de manière modeste, les tons beiges et bleu ciel prédominaient largement. Le salon était la plus large pièce de la maison, faisant pour ainsi dire 30m². De grandes fenêtres laissaient la lumière du soleil couchant filtré par les grands rideaux blancs tombant jusqu’au sol. La vue était splendide, quelle que soit l’endroit où l’on regardait. D’un côté, le visiteur pouvait admirer des champs à perte de vue, la cime de quelques arbres apparaissant à l’horizon. A un autre poste d’observation apparaissait le jardin qui, s’il était moins bien tenu que celui de Sarah, resplendissait de fleurs diverses aux couleurs éclatantes, toutes entourant un étang assez grand au centre duquel une petite fontaine surgissait de l’eau avec douceur. De la dernière fenêtre, on tombait sur le côté de la maison où se trouvait un grand chêne où pendouillait une balançoire qui se balançait paisiblement...
Ces décors enchanteurs relevaient la beauté du mobilier du salon. Celui-ci était de chêne et chaque meuble possédait les mêmes gravures. Près de la porte d’entrée de la pièce se trouvait le salon à proprement parler, constitué d’une cheminée de marbre blanc sur laquelle étaient posé différents cadres. Devant l’âtre, une table basse en verre veinée de lignes blanches. Et sur les deux côtés de la tablette, deux fauteuils beiges clairs confortables. Faisant face à la table et à la cheminée, un grand canapé constitué de plusieurs grands coussins bleu et beige. Mais ça n’était que la première partie !
Espacée d’un mètre ou deux se trouvait une grande table de chêne. Celle-ci était dressée pour un repas de 4 personnes, et quatre chaises étaient positionnées de chaque côté, bien qu’il y ait assez de place pour une douzaine de convives. Sur les murs, des cadres, des tableaux de choix, criant haut et fort qu’ils avaient été choisis par Ginny.
« Pas mal le salon, complimenta Draco. Même s’il est beaucoup trop lumineux à mon goût !
- De quoi te plains-tu ? plaisanta Harry. Ça fait brillé tes jolis cheveux ! »
Et il lui ébouriffa la tête, Draco grognant de mécontentement. Souriant, Harry alla s’installer dans un des fauteuils, Ginny se positionnant juste en face. Draco et Sarah n’aillant plus vraiment le choix, ils s’assirent donc dans le canapé, Draco auprès d’Harry pour mieux parler avec lui. Sur la table en face d’eux se trouvait quatre verres, du champagne et des petits fours. Ginny servit tout le monde tout en parlant avec Sarah et quand ils furent certains que les femmes étaient absorbées par leur discussion, Harry et Draco prétextèrent vouloir aller dans le jardin pour sortir.
Il ne faisait pas encore nuit, mais le soleil avait disparut. Une lueur orangée perçait encore à l’ouest, ultime rayon de l’astre solaire se couchant doucement. Côte à côte, face à un rosier tout particulièrement fleuri, les deux hommes gardaient un silence religieux, regardant ensembles le ciel changé progressivement de couleur, des vagues de rouge, orange, orange pâle, jaune et vert tournant au vert foncé et ensuite au bleu devenant peu à peu bleu nuit se succédant progressivement pour devenir noir... Et au dessus de leur tête, une étoile, la première, la plus brillante, celle que Harry avait prit pour habitude d’observer : Sirius...
« C’est une jolie bicoque, dit doucement Draco.
- Elle est aussi grande que la tienne..., fit remarquer Harry.
- En largeur, oui. Mais pas en longueur, railla Draco.
- Je n’ai jamais été centré sur les tailles », répliqua Harry.
Tout deux pouffèrent de rire. Leur conversation était assez énigmatique et une personne n’ayant pas entendue la première phrase de Draco aurait pu croire qu’ils parlaient d’autre chose...
« Nous nous comportons comme des gamins, dit doucement Harry en marchant, les mains derrière le dos, suivit rapidement de Draco.
- Nous avons le droit, signala l’ancien Serpentard. Nous n’avons que vingt et un ans... »
Harry resta silencieux pendant quelques minutes, puis, se tournant, il fit face à Draco et à la maison, ses yeux se posant de suite vers la fenêtre au premier étage.
« Toi, tu as le droit. Moi, je ne l’ai plus depuis un mois. »
Draco leva lui aussi les yeux vers la fenêtre et sourit doucement.
« Tu les aimes déjà beaucoup, hein ? »
Harry sourit à son tour, son regard se faisant légèrement rêveur avant de se fixer dans les deux onyx légèrement bleuté de son ancien ennemi.
« Plus que ma vie, confia-t-il gravement.
- Il ne leur arrivera rien, promit Draco.
- Tu en es sûr ? s’enquit Harry.
- Certain, jura le blond. Et tu le sais aussi bien que moi. C’est mis clairement dans le message des élèves à Gin... (voyant le regard interrogateur de Harry :) Ginny McDrell : l'assistante en infirmerie la plus chanceuse du monde, vu qu'elle a mis la main sur l'homme le plus génial du monde. Nous espérons de tout cœur que votre famille et vous allez bien et nous vous regretterons énormément. »
Harry lui fit un sourire rayonnant et secoua la tête comme s’il se disait : « Que je suis bête ». Draco, lui, affichait son habituel fierté, mais on distinguait nettement l’amusement qu’il ressentait accompagné d’une amitié profonde. Tout deux étaient surpris de cet attachement profond qu’ils ressentaient pour un homme qui avait été autrefois un ennemi. Etait-ce la haine qui s’était ainsi modifiée en une amitié renversante ? Ou la puissance des mauvais coups que la vie leur avaient infligés à tout deux qui les avaient fait se comprendre mieux qu’eux-mêmes ? Ils l’ignoraient. Mais l’un comme l’autre savait lire dans le regard de leur ancienne Némésis. L’un comme l’autre savait interpréter les sourires, les mimiques, cette connaissance s’étendant jusqu’à la pré-connaissance...
« Tu as quelque chose à me dire d’important, mais tu n’oses pas », lâcha enfin Draco qui n’y tenait plus.
Harry ricana, mais il eut soudain l’air très gêné.
« J’ai... Disons... Un cadeau pour toi. »
Draco écarquilla les yeux d’un air surpris.
« Un cadeau ? Mais ça n’est pas mon anniversaire, Potter. Tu te trompes de date ! »
Harry ne put s’empêcher de rire en voyant ressurgir l’ancien Draco Malfoy. Avec un sourire, il plongea sa main dans sa poche et en sortit un rouleau de parchemin soigneusement enroulé qu’il tendit à Draco. Il avait eu tant de mal à l’obtenir...
Draco saisit le parchemin délicatement et le décacheta avec un tremblement quand il reconnu le seau du ministère. Harry, sans même le regarder, savait ce que Draco lisait.
Cher M. Malfoy,
Après avoir enquêter pendant de nombreuses années sur vous et constater que votre comportement était irréprochable, nous avons l’honneur de vous annoncer que votre exil est maintenant terminé. De plus, vos biens vous seront restitués sur présentation de ce parchemin. En espérant vous revoir bientôt parmi nous,
Math Cella,
Directeur du département des enquêtes SD (Sorciers Dangereux).
Harry resta silencieux tandis que Draco fixait le parchemin avec des yeux vitreux et une expression ahurie. Son exil avait duré 4 ans... Oh, bien sûr, il pouvait venir en Angleterre, mais il ne pouvait pas y résider. Et pendant 4 ans, il avait été privé de ses biens, allant du manoir Malfoy aux albums de photos de famille. Respectant son silence, Harry attendit qu’il parle le premier.
« Comment as-tu fait ? demanda Draco en levant un regard brouillé vers Harry. Comment as-tu fait pour les convaincre ? »
Harry ferma les yeux, puis les rouvrit pour les plonger dans ceux de Draco.
« Je n’ai rien fait, Draco, dit-il calmement. C’est eux, qui sont venus me trouver avec ce parchemin. Je n’ai fait aucune démarche. »
Un tremblement secoua Draco de la tête aux pieds, ses jambes ployant soudainement. Titubant, il alla s’installer sur l’unique banc du jardin, près de l’étang.
« J’ai attendu si longtemps, souffla-t-il dans un murmure à peine audible. Depuis quatre ans... »
Le silence engloba le parc. Les derniers oiseaux pépiaient encore un peu et les fleurs s’étaient refermées lentement durant la discussion. Le ciel était maintenant plein d’étoiles et plus aucune autre couleur que le bleu marine n’emplissait le ciel.
« C’est fini, Draco, dit Harry en posant sa main sur son épaule. Bienvenu chez toi. »
******************
Le dîner fut une merveille ! D’un commun accord, les deux hommes avaient décidé de ne pas parler de choses graves durant la soirée, riant allégrement en se rappelant leur enfance. Ginny elle-même avait pigmenté la soirée de petites histoires croustillantes avec comme sujet principal : « le comportement d’Harry Potter lorsqu’il est gên » ce qui fit mourir de rire Draco. En fin de soirée, après un sortilège de nettoyage sur la vaisselle, ils allèrent dans le jardin où Harry matérialisa quatre chaises et une tablette. Ils s’assirent, profitant du temps clément du printemps.
« Et bien, souffla Draco. Je me suis rarement aussi bien amus !
- Ah oui ? demanda Harry, énigmatique. Tes livres n’ont pas une conversation très variée ces temps-ci ?
- Oh, si ! J’ai même été inspiré pour une blague tordante, répliqua Draco.
- Une blague tordante ? demanda Harry. Laquelle ?
- Celle-l ! »
Et avant que Harry n’ait pu faire quoi que ce soit, il fut aspergé d’eau par un jet venant de la baguette de Draco. Les deux jeunes femmes présentes éclatèrent de rire ainsi que le blagueur, mais Harry n’en fit rien et tourna soudainement la tête vers la fenêtre des jumeaux.
« Abel », dit-il simplement, alors que Ginny prêtait l’oreille.
Et il partit en courant, bien vite suivit par Ginny et les autres.
En entrant dans la chambre bleu, Harry remarqua tout de suite que les cris du cadet avaient réveillé l’aîné qui pleurait également à présent. De suite, il se précipita vers Abel tandis que Ginny allait se saisir de Théo. Sur le seuil, Draco avait posé ses mains sur ses oreilles en grimaçant et Sarah s’était avancée au centre de la pièce, semblant hésiter sur le bébé à aller voir en premier.
« Problème de couche, constata Harry en reniflant. Je m’en occupe ! »
Il marcha jusqu’à la table posé non loin de la porte tandis que Ginny câlinait Théo qui s’était apaisé et regardait autour de lui avec un air fatigué. Harry, lui, avait délicatement posé Abel et enleva rapidement sa brassière avant de défaire le lange salle. Hésitant, Draco décida d’aller jeter un œil sur Théo en sentant l’odeur. Harry, quand à lui, ne parut pas gêné le moins du monde. Il semblait simplement habitué et soucieux de satisfaire son fils au plus vite.
« Ils sont adorables, ne put retenir Sarah en regardant Théo qui, blottit contre Ginny, suçait sa tétine en somnolant doucement.
- Moui, dit Ginny d’un air hésitant. C’est ce que tout le monde dit... »
Les deux Malfoy éclatèrent de rire en la voyant jeter un œil lasse à Abel qui se débattait avec hardiesse, visiblement très réveillé, alors que Harry tentait de fermer la nouvelle couche.
« Je m’en occupe, Harry, dit doucement Ginny en le rejoignant. Charge-toi plutôt de rendormir celui-ci ! »
Elle lui passa doucement Théo qui laissa échappé un « Aga » tandis qu’il changeait de bras et sembla très content de se retrouver dans les bras de son père. Il se blottit doucement contre lui, agrippant avec autant de ferveur qu’il pouvait la robe d’Harry. Draco, lui, s’était approché d’Abel, l’air presque curieux. Le rouquin avait cessé de se débattre, sachant pertinemment qu’il n’était pas très bon d’agacer sa maman.
« Et voilà donc mon filleul, constata-t-il alors que Ginny soulevait victorieusement son fils changé et qu’il en profitait pour saisir ses cheveux et tiré dessus.
- Oui, répondit Ginny. Voilà petit monstre 1 !
- Petit monstre 1 ? s’étonna Sarah. Je croyais que Théo était né en premier.
- Oh, il est né le premier. Mais Abel est le pire ! Théo est la douceur personnifié, enfin, quand il ne voit pas une baguette et qu’il ne prend pas exemple sur son frère. Mais Abel... Abel est la facétie réincarné... Quand je pense que ça ne fait que commencer... Harry prétend que c’est à cause de ces cheveux roux et de son nom... Et je commence à me demander s’il n’a pas raison. »
Le bambin se mit a secouer la mèche de cheveux roux de sa mère avec frénésie, semblant trouver ça très drôle. De son poste d’observation, berçant Théo avec douceur, Harry sourit en regardant son fils. Sarah émit un petit rire et Draco eut une expression qu’on lui voyait rarement : son regard était ampli de tendresse.
« Puis-je ? demanda Draco en tendant les mains vers Ginny.
- Tu es son parrain ! Bien sûr que tu peux », dit-elle en souriant.
Comme si Abel était fait de cristal, Draco le prit délicatement, tenant bien sa tête. Le bambin devint soudainement calme, le regardant de ses grands yeux bleu foncé. La curiosité avait envahi son petit minois identique à celui de Harry et de Théo.
« Bonjour ! dit doucement Draco. Je suis ton parrain, Potter ! »
Harry ne put s’empêcher de pouffer en entendant Draco parler. C’était bien de lui, ça ! Il avait parlé d’un ton froid, mais doux et Ginny craignit un instant qu’Abel n’apprécie pas son manque de chaleur. Pourtant, Abel ne se mit pas à pleurer. Il se contenta d’incliner la tête sur le côté avec incrédulité, semblant presque dire : « Mon parrain ? Tu charries l ! »
« Tout à fait toi ! dit Draco en se tournant vers Harry. Il se fout de ma gueule ! »
Les trois autres adultes éclatèrent de rire, ce qui ne fut guère apprécier par Théo qui n'aimait pas ses sons qui troublaient son repos ; il poussa une plainte empreinte de sanglots, faisant taire les grandes personnes. Doucement, il ouvrit les yeux, regardant d’un air endormi son père. Celui-ci lui sourit tout doucement en le berçant avec tendresse. De suite, Théo fut rassuré et se rendormit. Harry souffla discrètement, les autres l’imitant subtilement.
« On a évité le pire ! constata Ginny. Si Théo se mettait à pleurer, bonne chance pour endormir Abel... Je me demande déjà comment on va bien pouvoir... »
Elle fut couper par un fredonnement. Surpris, ils se tournèrent tous vers Draco qui tenait précieusement Abel. Celui-ci le regardait en souriant mollement, comme s’il combattait le sommeil que lui fournissait l’air de la petite chanson que Draco chantonnait avec douceur. Et à la surprise des parents de la terreur rousse, le garçonnet ferma les yeux, blottit contre la poitrine de son parrain. Néanmoins, avant de s’endormir, il n’hésita pas à saisir une mèche blonde, mais ne tira pas dessus. Il l’enroula autour de son petit poing et mit son pouce en bouche...
« Incroyable, souffla Harry. Je n’ai jamais vu ça ! »
Draco releva la tête pour lui adresser un sourire conquérant, puis retourna à la contemplation du nourrisson.
« Il est comme moi, dit-il en chuchotant. Fier et indépendant. Il ne recherche pas tout l’amour que vous lui donnez, mais quoi qu’il arrive, continuez ! Ou il tournera aussi mal que moi... »
Cette dernière phrase les plongea dans le silence. Délicatement, Sarah s’approcha de lui et passa un bras autour de sa taille pour posé sa tête sur son épaule. Draco lui fit un simple sourire, et Harry s’approcha de lui tout aussi doucement que Sarah pour aller se poster de l’autre côté de Draco.
« Mon fils ne tournera pas mal, dit-il. Nous ferons tout pour. Et si jamais nous ne sommes pas assez fort pour empêcher ça... Je sais que tu seras là pour le lui éviter. »
Draco le regarda avec surprise, puis il sourit en comprenant où Harry voulait en venir ! Il était le parrain de Abel justement parce qu’ils se ressemblaient et parce que Draco pourrait être une aide pour l’enfant. Le blond hocha la tête dans une promesse muette qu’il échangeait avec l’ancien Gryffondor. Il veillerait sur la terreur. Quoi qu’il lui en coûte !
******************
Quand les Malfoy partirent, Harry et Ginny, ainsi que les jumeaux qui dormaient toujours, étaient, eux aussi, prêt à quitter la maison Potter. Le passé les attendait, les vacances se finissant le lendemain. Harry savait qu’il avait raté pas mal de choses durant cette semaine, notamment l’immense chasse aux œufs organisée par Dumbledore. Mais il s’en moquait. Venir aux Portes de la Paix l’avait rechargé en énergie. Il se sentait prêt à combattre ses ennemis. Prêt à protéger ses élèves et tout particulièrement, ceux qu’il aimait...
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« Théoriquement, oui, Miss Censé, mais du point de vue technique, ce sortilège peut être dangereux. Comme vous pouvez le remarquer en voyant l’état de M. Habbot ! Le sortilège d’accroissement n’est pas dangereux, sauf si vous ne connaissez pas le contre-sort et que votre camarade de travail se retrouve assommer par le plafond ! »
La journée du lundi de la rentrée était passée si vite que Harry ne l’avait même pas vu passée ! Vêtu d’un robe bleu nuit et d’un pantalon noir, il se tenait au milieu de la classe de Duel se trouvant à côté de sa salle de cours.
La classe de Duel avait été spécialement aménagé pour les sixièmes et septièmes année par Harry. Celui-ci n’ayant pas assez de place dans sa classe à cause des bancs et étant trop fainéant pour lancé le sortilège de "range pupitre", il avait expressément demandé l’autorisation au directeur pour aménager la salle de classe vide à côté de la sienne en conséquence. Ainsi, lorsque les élèves devaient entré dans la salle de classe officielle de DCFM se trouvant à gauche, ils savaient qu’un cours théorique les attendait. Mais quand ils entraient à droite, c’était un cours pratique ! Les préférés de tout les terminaux ! Et ceux qui étaient attendus avec le plus de joie. Mais voilà, parfois, il arrivait qu’un Duel se passe mal. Comme s’était le cas avec la Serdaigle Censé, qui avait eut la bonne idée de perturber son adversaire en le faisant croître comme un arbre. Altaïr Habbot était maintenant assommé, étendu sur le sol, mesurant plus de 5 mètres.
D’un coup de baguette, Harry lui rendit sa taille normal. Puis, il regarda la jeune fille au bord des larmes.
« Allons Miss Cens ! Ne faites pas cette tête ! C’était un excellente idée ! Si le combat se déroule à l’extérieur ! Mais, à l’avenir, éviter de réitérer ce sortilège dans une pièce. D’accord ? »
La Serdaigle hocha piteusement la tête. Harry lui fit un sourire réconfortant et posa affectueusement sa main sur son épaule.
« Vous avez fait des progrès, souriez ! Je suis très impressionné par votre intelligence, Miss Censé. Continuez ainsi ! »
Rougissant légèrement, la jeune fille retourna s’asseoir, non sans avoir attendu que son équipier soit réanimé.
« Bien ! s’exclama Harry en faisant face à la rangée de chaise contre le mur sur lesquelles les élèves étaient installés. Je vous félicite tous pour les progrès incroyables que j’ai pu constater au court de cette année. Elle n’est pas encore finie et je suis flatté de constater que votre potentiel est maintenant le double de ce qu’il était à mon arrivée. Continuez à vous entraîner, car, par les temps qui courent, votre force et vos connaissances, seront utiles pour l’avenir. Je vous dis à la semaine prochaine. Le cour se fera dans la salle de gauche. Et n’oubliez pas vos dissertations sur les sortilèges de défense. »
La cloche retentit dans le couloir, mais aucun élève ne sortit. Tous écoutaient d’un air ébahi la sonnerie qui s’était transformé, d’un Dring strident en un... « La cloche de l’école, c’est Severus Rogue ! Ding dong, devrait-il faire ! Alors pourquoi ça ne se fait pas quand on le secoue ? Parce que ses cheveux gras étouffe le bruit de son cerveau percutant sa boîte crânienne ! (plusieurs voix se firent entendre) Amen ! »
Ils éclatèrent de rire en même temps, Harry lui-même souriait d’un air un peu idiot. Il avait très bien reconnu la voix de son parrain... Il n’y avait plus qu’à espérer que Minerva n’en avait pas fait autant... Les élèves se levèrent pour quitter la classe, et Harry les observa, tous débordant d’innocence et de gaieté alors que la journée de la rentrée se finissait enfin. Lui-même s’étendit paresseusement à son bureau, seul meuble avec les chaises des élèves contre le mur et la sienne. Las, il enfouit sa tête dans ses bras appuyé sur le table en soufflant. La journée avait été pénible, mais ça n’était rien comparé à la nuit ! Les jumeaux avaient poussé des cris à réveiller toute l’école, et Ginny ne savait pas quoi faire. Ça n’était ni la faim, ni la fatigue ! Et Ginny en était devenue extrêmement irritable ! Sans se soucier de déranger, elle était partie en 2001 pour aller demander conseil à Hermione. Bien qu’à moitié endormie, la jeune directrice des Gryffondors avaient prise très aux sérieux le problèmes des pleurs répétés et avait donné plusieurs conseils aux jeunes parents, montrant comme elle s’était bien documentée. Ce fut en emmaillotant Théo dans une couverture qu’ils le calmèrent. Mais aucune méthode ne marcha pour Abel. Harry commençait à penser appeler Draco quand il eut l’idée de l’emmener sur son balai. Les moldus promenaient leurs enfants en voiture, mais il n’en avait pas alors... Pourquoi pas ? Etrangement, la terreur s’était clamée après deux mètres. Et après cinq tours du terrain de Quidditch, Abel dormait profondément...
Tout ça pour dire qu’Harry n’avait pas assez dormi à son goût. Mais lui était encore de bonne humeur ! Ce n’était pas le cas de Ginny ! Harry ne l’avait jamais vu aussi énervée. Il espérait juste que c’était passé depuis. Relevant la tête, il fut surpris de tomber face à face avec Eulalie Saxe, une jeune Serpentard de première année.
« Eulalie ! s’étonna Harry. Et bien ! Pourquoi n’êtes-vous pas au dîner ? »
Gênée, la fillette baissa la tête pour la redresser aussitôt, un cliquetis émanant de la clochette qui pendouillait à un fil vert accroché à son sac de cours.
« Je... J’aurai besoin d’un conseil, professeur », balbutia-t-elle.
Harry claqua des doigts et une chaise s’approcha pour permettre à la jeune fille de s’installer alors que la porte se refermait doucement.
« Je vais faire mon possible pour vous aider, même si je doute être la bonne personne pour ce genre de chose... Je vous écoute, Miss Saxe.
- Je ne suis pas dans la bonne maison, dit-elle tout de suite. Le choixpeau s’est tromp ! Je devrais être à Poufsouffle... »
Etonné, Harry ne répondit pas. Il fixa la jeune Serpentard, les yeux écarquillé. Eulalie était son élève favorite dans les premières années Serpentard. D’un naturel plutôt doux, elle essayait toujours d’aider et, à l’inverse de ses camarades, elle n’était pas encore entrée dans la compétition des maisons...
« Pourquoi vous croyez-vous indigne d’être à Serpentard, Eulalie ? interrogea patiemment Harry qui se demandait en réalité pourquoi elle était venue le voir lui !
- Je n’ai pas leur esprit, dit aussitôt la jeune fille. Je... Je suis trop gentille ! »
Harry leva un sourcil interrogateur.
« Parce que Serpentad signifie méchancet ? »
Eulalie se figea, semblant tout à coup perdue.
« Je... Vous, vous n’aimez pas les Serpentards donc, je pensais que... Enfin, non, ça n’a rien à voir avec votre opinion, c’est juste que tout le monde pense toujours que Serpentard égale mage noir... Mais... Je ne veux pas être mage noir. Donc, je ne suis pas une Serpentard... C’est juste, non ? »
Harry se leva doucement, tournant en rond quelques secondes tout en réfléchissant. Il n’aurait jamais cru qu’un jour, il défendrait la maison ennemie !
« Serpentard égale mage noir, répéta-t-il pensivement. Connaissez-vous Ulysse Niger, Eulalie ? » demanda-t-il après quelques secondes de silence.
La jeune fille secoua la tête de gauche à droite, ses cheveux bruns se balançant doucement et encadrant finalement son petit visage attristé. Harry sourit et s’arrêta de tourner en rond.
« Ulysse Niger était un saint, Miss Saxe ! Il a consacré sa vie à aider son prochain, et a même été décoré du prix Nobel de la paix pour sa générosité et ses actes... Quand on parle de Ulysse Niger dans un discours, une réunion ou quoi que ce soit d’autre, on ne voit que ses actes, et pourtant, Miss Saxe, Ulysse Niger était à Serpentard !
- Ser... Serpentard ? Bégaya Eulalie. Mais...
- C’était un saint, poursuivit Harry à sa place. Et alors ? Serpentard ne veut pas dire mage noir. La ruse ne signifie pas la haine. Les maisons de Poudlard n’indique pas l’avenir de la personne qui y est placée. Vous avez été placée à Serpentard pour votre ruse, votre ambition. Que voulez-vous être, Eulalie ? »
La fillette rougit soudainement et baissa les yeux.
« Eulalie ? demanda Harry.
- Je... Je... J’aimerai bien... Je voudrais... Je voudrais être la première, souffla-t-elle.
- La première ? demanda Harry.
- La première... La première ministre de la magie », fit-elle, cachant son visage entre ses mains.
Harry ne put s’empêcher de rire tout en secouant la tête. Ministre ? Qui sait ? Elle en avait le potentiel... Harry le savait ! Elle avait onze ans, mais son intelligence, son esprit méthodique criait politique. Elle était faite pour ça. Mais ça serait difficile...
« Vous en avez les compétences, dit Harry, la rougeur de la petite fille s’accentuant. Cependant, réfléchissez bien... Ce n’est pas une voie facile. Néanmoins, votre désir de devenir ministre prouve votre ambition. Quand à votre ruse, vous en avez, et vous le savez tout aussi bien que moi. Je vois une Serpentard en vous, Eulalie. Et ceux qui vous dise le contraire se trompe. »
Une larme roula sur la petite joue et Harry comprit qu’il avait vu juste. Eulalie était venue le voir lui pace qu’il était réputé dans l’école pour aider et conseiller ses élèves, réputation qui lui était venue en grande partie à cause de son acharnement à soutenir Lily. En résultat, les élèves venaient le voir lui, à la grande consternation des directeurs de maisons qui le jalousaient au début, mais avaient fini par le considérer avec un respect qu’Harry ne s’attendait pas à avoir après qu’il ait manifesté tant de pouvoir et d’anormalité pour un inconnu. Carpiel, surtout, lui vouait à présent une admiration et un respect sans borne. Harry entrait-il dans une pièce où se trouvait son collègue que l’homme le regardait, les yeux brillants. Si Harry avait été effrayé de cette soudaine admiration, il essayait à présent de ne plus y prêter attention.
Mais Eulalie n’était pas venue uniquement pour cette réputation d’auditeur et sauveur attentionné auprès des élèves. Elle était venue parce qu’un plus grand lui avait fait douter de ses capacités et qu’elle avait besoin d’un plus grand encore, donc plus intelligent, pour démentir ce fait. Harry sourit et lui tendit un mouchoir qu’il avait dans son bureau (il en avait tout un stock et ça, même dans ses poches !).
« Miss Saxe, ce n’est pas moi, que vous devez venir trouver pour ce genre de chose, mais le choixpeau ! Il est le mieux placé pour vous aider. Et je ne doute pas que le professeur Dumbledore acceptera de vous en coiffer si vous avez ce genre de doute. Mais je vous certifie que vous êtes une Serpentard. Même si vous n’êtes pas méchante. Même si vous ne voulez pas faire de mal ! Vous n’êtes d’ailleurs pas la seule. Regardez autour de vous, et vous verrez de suite que d’autres vous ressemble bien plus que vous ne le croyez.
- Ah oui ? demanda la petite fille en se levant, comprenant que la conversation se terminait.
- Oui ! Dans votre classe, je dirai... Mathurin. Dans les deuxième année, il y a... Fay et Felicity... Et je pourrai continuer ainsi très loin, jusqu’au septième année !
- Il y a des septième gentils ? s’étonna la fillette.
- Oh, oui ! Seulement, vous ne les voyez pas, parce qu’ils font les forts, les grands. Mais croyez-moi, il y en a. Vous n’êtes pas seule. Et ils viendront un jour vous aider si vous avez des problèmes. Pas à chaque fois, car il faut que vous appreniez à vous débrouillez toute seule. Mais ils vous aiderons. »
Eulalie afficha une expression rassurée, et en lui, Harry hurla un « GAGNER ». Il la raccompagnait à la porte quand eut lieu l’anormalité la plus grande jamais connue à Poudlard ! Un tremblement de terre ! Un vrai et simple tremblement de terre, mais étonnement effrayant quand on considérait que c’était la première fois que ça arrivait. Eulalie poussa un cri de terreur, et Harry plaqua ses mains à sa cicatrice alors qu’il tombait à terre, les jambes pantelantes. Les chaises contre le mur avaient valdinguer et Harry avait attraper Eulalie pour la cacher sous son bureau. Il aurait du s’y glisser aussi, mais la douleur à sa cicatrice était si intense qu’il resta assis à la même place. La douleur, intense, le clouait au sol. Il n’avait jamais eu aussi mal. Même lorsque Voldemort le touchait. S’en était insupportable.
Une chaise cahota et lui frappa violemment la tête. Eulalie poussa un cri et Harry tomba sur le sol, du sang coulant le long de sa tempe et sur sa joue. Encore une blessure... Ça devenait une mauvaise habitude, franchement !
Soudain, tout s’arrêta. Douleur, tremblement de terre... plus rien ! Etonné, Harry regarda autour de lui. D’instinct, il se leva après avoir constaté qu’Eulalie n’avait rien et fonça vers son bureau. Il ouvrit un tiroir et l’ouvrit. Elle n’était pas là.
« Merde ! » jura-t-il.
Il sortit de la classe en trombe, suivit par une petite Serpentard terrorisé et inquiète. Dans le couloir, c’était le chaos. Des cadres renversés, des élèves blessés. Harry se mordit la lèvre inférieure quand il les vit le regarder comme leur salut.
« Est-ce que ça va », demanda-t-il impatiemment.
Voyant comme leur professeur était pressé, ils se contentèrent de hocher la tête.
« Bon, dit Harry avec précipitation. Que les élèves qui peuvent tenir debout aide les plus blessés à se rendre à l’infirmerie. Faites-le avec calme et rapidement, mais pas trop. Si un nouveau tremblement de terre surgit, mettez –vous sous quelque chose. L’embrasure d’une porte, un bureau, une table, n’importe quoi, mais ne restez pas à découvert. D’accord ? »
Nouveau hochement de tête. Harry ne vérifia même pas que les élèves se mettaient en route pour se précipiter dans son autre salle de classe. Il fonça sur son bureau et ouvrit chaque tiroir à la volée avant de trouver ce qu’il cherchait : la carte du Maraudeur.
« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises », cria-t-il.
De suite, le texte s’afficha, suivit par la carte du château. Harry chercha partout. Il y avait des tas de noms et de points, mais ceux qu’il cherchait n’était pas là. Voldemort n’apparaissait pas. Le mage noir n’était pas là. Etonné, Harry porta la main à sa cicatrice. Pourquoi avait-il eu mal, si le mage n’était pas l ? Il continua de fouiller la carte avec attention, mais rien. Tout était normal, sauf l’agitation des traits représentant ses collègues. Harry regarda Minerva McGonagall se précipiter vers la salle des professeurs, tandis que Carpiel faisait des allées et venues entre l’infirmerie et d’autres endroits. Dumbledore était dans la Grande Salle et courait d’un côté à l’autre. Harry supposa qu’il allait prêter main forte aux élèves blessés. Harry se figea soudain. Ou était De Vaart ? La jeune femme n’apparaissait pas sur la carte !! Les yeux écarquillé, Harry se lança dans une nouvelle étude détaillée du château. De Vaart était introuvable. Elle avait tout simplement disparue.
« Mais c’est quoi ce bordel ? », jura-t-il, fermant la carte en marmonnant un rapide « méfait accompli ».
Harry sortit en trombe de sa classe et se mit à faire ce qui lui semblait le plus naturel : aider les élèves blessés. Quand il atteignit l’infirmerie avec un première année sur le dos et un sixième appuyé contre lui, il vit de suite Ginny qui courait d’un lit à l’autre. Carpiel passa à côté de lui, courant pour disparaître du couloir. Sans doute allait-il aider d’autres élèves en mauvais état.
« Harry ! s’exclama Ginny en le voyant entrer. Tu vas bien ? »
Harry hocha la tête et lui sourit d’un air rassurant. Il alla déposer les élèves au bon soin de Mme Pomfresh et réceptionna Ginny qui vint se blottir dans ses bras.
« Comment vont les jumeaux ? demanda-t-il.
- Secoués, mais ils vont bien. Harry... Qu’est-ce qu’il s’est pass ? »
Harry regarda autour de lui d’un air grave et plongea finalement ses yeux dans les siens, espérant qu’elle comprendrait le message. Il n’eut pas le temps de s’en assurer, la voix de Minerva McGonagall résonna dans toute l’école.
« Le corps enseignant de Poudlard est prié de se rendre tout de suite dans la salle des professeurs. Que les élèves blessé se rendent à l’infirmerie et que ceux qui ne le sont pas les y aident. »
Les élèves présents se tournèrent d’un même mouvement vers lui, l’air interrogateur. Le visage fermé, Harry s’éloigna de Ginny et quitta rapidement l’infirmerie. Ses pas ne le menèrent pas à la salle des professeurs, mais dans la pièce à côté de l’infirmerie. Harry poussa doucement la porte, veillant à ce qu’elle ne grince pas pour jeter un rapide coup d’œil à ses fils endormis0. Il sourit et faillit partir quand il remarqua une paire d’yeux bleu qui le fixait. Surpris, il s’avança et prit le bambin dans ses bras, caressant au passage la touffe de cheveux noirs. Théo gloussa de plaisir et fixa ses saphirs dans les émeraudes de son père. Harry jeta un coup d’œil à Abel pour constater qu’il dormait bien. Hésitant, Harry décida de prendre Théo avec lui. Il semblait en effet bien réveillé et Harry n’avait pas le temps de le rendormir. D’un claquement de doigt, il fit apparaître un parchemin sur lequel était écrit, dans un rouge bien visible :
Ne t’inquiètes pas pour Théo, il est avec moi !
Harry.
Et il quitta la pièce, le poupon dans les bras...
******************
Quand il entra dans la salle des professeurs, ce fut un silence pesant qui l’accueillit. Ses collègues soufflèrent de soulagement en le voyant.
« Bon sang McDrell, dit Minerva. On croyait que vous aviez disparu aussi !
- Aussi ? » demanda Harry en levant un sourcil.
Ils se regardèrent tous d’un air mal à l’aise.
« Katia... Katia est introuvable, finit par dire Jonathan Carpiel.
- Je sais, dit simplement Harry, faisant sursauter tout le monde qui le regarda avec étonnement.
- Comment... ? commença Flitwick.
- Je ne perçois pas son aura dans le château. Ma capacité aux auras est limitée et elle pourrait être dans la forêt ou ailleurs, mais elle n’est pas dans le château. »
A sa grande joie, ils acceptèrent son excuse. Harry était vraiment soulager de constater qu’aucun de ses collègues n’étaient suffisamment renseigner sur les auras que pour savoir que ce qu’il avait raconté était strictement impossible.
Théo s’agita légèrement dans les bras de son père, son regard se posant sur Carpiel. Il sourit et gloussa de joie. Des "agas" et "adabo" frénétiques furent poussé, signalant au passage la présence du bout de chou.
« Mais pourquoi l’avez-vous amen ? demanda Minerva qui avait une lueur de plaisir dans les yeux, mais parlait d’un ton de reproche.
- Il s’était réveillé et Ginny avait trop de travail pour s’en occuper. Seul, il aurait réveillé son frère et un concert de cris aurait eu lieu dans le château... »
Les professeurs rirent, mais l’arrivée de Dumbledore les coupa.
« Aucun blessé grave, annonça le vieil homme, les autres poussant un soupir de soulagement. Mais aucune explication quand à ce tremblement de terre. Ce n’est pas magique, mais je suis sûre que ce n’est pas sismique non plus.
- Non, coupa Harry. C’était Maléfique. Pendant tout le temps du tremblement de terre, j’ai ressenti une force sombre et ténébreuse.
- Vous... Vous-savez-qui ? demanda craintivement Barsolli (NdA : prof de divination, pour ceux qui l’ont oubli !).
- Non, dit Harry pensivement. Ce n’était pas lui. C’était autre chose. Quelque chose de plus... »
Tout les regards étaient posé sur lui avec gravité. Harry n’osait pas finir sa phrase. Leur expression était déjà si grave, si inquiète. Comment pouvait-il avoué que ce qu’il avait ressenti était plus fort que Voldemort ? Comment pouvait-il leur dire qu’il se sentait faible, face à cette force...
« Quoi que ça soit, dit Albus, ça a disparu ! La question est : est-ce que ça va recommencer. Je propose qu’on établisse une garde quelconque cette nuit. De plus, exceptionnellement, j’ai décidé que les élèves dormiraient demain dans la Grande Salle, pour plus de sécurité si jamais un événement similaire se reproduirait. Les infirmières devront veiller à tour de rôle sur eux (Harry grimaça), pendant que les professeurs exécuterons plusieurs rondes. Les cours du matin de demain seront annulés. »
Après une demi-heure de conversation, ils finirent par décidé qui irait où. Harry se retrouva à l’extérieur, en compagnie de Carpiel. Déconfit, Harry jeta un regard désespéré aux petit bébé dans ses bras. Qui allait bien pouvoir les surveillés ??
******************
Après une longue et pénible discussion avec Ginny, Harry finit par envoyé une lettre à Hermione. Celle-ci ne put bien sûr pas prendre les enfants, mais elle leur proposa une solution que Ginny ne semblait pas du tout apprécié.
« PAS QUESTION ! , hurla-t-elle, les élèves dans la Grande Salle ainsi que professeurs se tournant de suite vers eux.
- Mais Ginny, fit Harry, suppliant. Que veux-tu qu’on en fasse? Tu ne peux pas les prendre avec toi, leurs pleurs dérangeraient les élèves ! Et je les vois mal entrain de tourner autour du château avec moi ! »
L’argument sembla la calmer un instant, ses grands yeux bleus semblant angoissés et perdus.
« Non ! dit-elle, obstinée.
- Alors trouves une autre solution ! »
Ça la cloua sur place. Perplexe, elle jeta des regards désespéré aux personnes autour d’elle, comme si elle espérait une échappatoire. Elle finit par pousser un soupir et baisser la tête, vaincue.
« Je les appelle de suite ! dit Harry en partant en courant.
- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Dumbledore en s’approchant de Ginny qui affichait un air résolu.
- Nous avons besoin d’aide pour surveiller les jumeaux, dit-elle avec consternation.
- Et ? demanda Pompom qui écoutait.
- Il n’y avait que deux personnes de libre, dit-elle, la voix tremblante.
- Et ?? insista tout le personnel de Poudlard, les élèves étant plongés dans un silence craintif en attendant la réponse de l’aide infirmière.
- Ce sont mes frères, fit-elle, angoissée. Fred et George les Facétieux ! »
Le personnel en entier frissonna. Tous en même temps, ils tournèrent la tête vers les Maraudeurs qui avaient écoutés.
« Si vous sortez de cette pièce, prévint McGonagall d’une voix menaçante, vous n’y survivrez pas. Est-ce clair ? »
Déglutissant avec difficulté face à l’air meurtrier de leur directrice, ils hochèrent vivement la tête, et s’éloignèrent le plus vite possible.
******************
Harry souffla, perché sur son balai. Quelle heure était-il donc ? Deux heures ? Trois heures ? Il s’en moquait en fait. Ce qu’il souhaitait, s’était son lit, Ginny blottie contre lui ! Il ne voulait rien d’autre que ça ! Mais c’était précisément ça qu’il lui était refusé. Torture ultime... Il avait un mal de chien à rester éveill ! La nuit précédente ayant été courte également, il souffrait comme jamais. Ses yeux le piquaient horriblement, et le monde semblait tanguer dangereusement. Secouant la tête de gauche à droite, il décida de descendre un peu. Il ne s’était rien passé depuis des heures, et ça n’était pas sur son balai, en pleine nuit, qu’il pourrait voir ce qui s’amusait à faire trembler le sol. Se posant gracieusement, Harry vacilla dangereusement, mais des bras l’attrapèrent pour l’aider à aller s’asseoir sur un arbre mort près du lac.
« Tu aurais du aller te reposer, dit Carpiel d’une voix agacée. Regarde dans quel état tu es !
- Je ne peux pas, dit Harry. Si cette chose attaque, je dois...
- Tu n’arriveras à rien si tu es fatigué, et tu le sais aussi bien que moi. »
Harry se contenta de lui répondre par un sourire las et se laissa tomber en arrière, Carpiel poussant une exclamation de surprise alors qu’Harry, les jambes sur l’arbre mort regardait le ciel étoilé après un pouf sonore.
« Tu as une idée de ce qu’est cette chose ? demanda Jonathan.
- Non, répondit simplement Harry. Je sais seulement qu’elle est très forte et pleine de ténèbres. Mais pour le reste, je ne sais rien.
- Même pas de l’endroit où elle a attaqu ? »
Harry hocha négativement de la tête. Non, il ne savait rien, et s’était bien ça qui le dérangeait. Si seulement il pouvait savoir... Soudain, il s’aperçut que Jonathan le regardait d’une manière bizarre, presque pensive et admirative. Encore...
« Mais pourquoi me regardes-tu ainsi ? » finit par s’énerver Harry.
Son collègue rougit et détourna la tête. Harry, lui, ne savait plus quoi penser. Ce type était vraiment bizarre.
« John, insista-t-il. Pourquoi me fixes-tu tout le temps ? »
Un tressaillement parcouru le professeur de potions.
« Je ne suis pas censé te le dire, dit-il d’une voix craintive.
- Me dire quoi ? » demanda Harry.
Le silence se fit de nouveau alors qu’Harry se relevait pour mieux observer son collègue qui refusait toujours obstinément de croiser son regard. Harry le scrutait, attendant. Carpiel semblait déchirer par un débat intérieur, mais soudain, il se tourna vers lui, une expression résolue sur le visage.
« Je sais tout ! s’écria-t-il. Je sais qui tu es, d’où tu viens et pourquoi. Je sais tout sur toi, Harry ! Je connais ton passé, ton présent et ton avenir ! Je sais tout, tu comprends ? »
SBAM ! Surprise générale ! A quel moment les autres enseignants allaient-ils débarquer en lui criant la même chose ? A quel moment Carpiel allait-il lui dire que tout ça n’était qu’une plaisanterie ? A quel moment avait-il compris... ?
« Je ne vois pas de quoi tu parles... dit Harry, tendu de la tête au pied.
- Pas à moi, Potter ! On ne trompe pas un ange ! »
Le bond que fit Harry était magistrale alors qu’une lumière dorée entourait son collègue dont les vêtements devinrent blancs alors que de grandes ailes blanches s’étendait dans son dos. Ses cheveux bruns étaient maintenant parcourus de mèches dorées alors que des points or se révélaient dans les yeux perçants de cet homme qu’il croyait banal... Soudain, la voix de Draco résonna dans la tête d’Harry, remontant à la visite qu’il lui avait fait il n’y avait pas si longtemps que ça...
« Rien ! C'est un ange ! Il sera tué en 1978. Par mon père d'ailleurs. »
Un ange... Non, mais quel abruti ce Malfoy ! Rien ! C’est un Ange ! Et tout ça comme s’il s’agissait d’une routine ! Harry serra les poings... Une heure avec Draco et il lui apprendrait à parler d’un sujet comme s’il s’agissait de la pluie et du beau temps !!
Harry dut attendre cinq minutes avant de calmer sa colère. Il était fatigué et ne pensait pas rationnellement... En premier lieu, analyser la situation. Carpiel était un ange. Ok, ça, il pouvait le croire. Qui ne le croirait pas en voyant un type avec des ailes émanant de lumière devant lui, d’ailleurs