Chapître 17

Chapître 17
17 : Sur tes gardes





Harry se tenait à son balai, essayant désespérément de ne pas tomber. Il riait tant que des larmes coulaient sur son visage avec abondance. En dessous de lui, il entendait Setsuko hurler à Josh de lui rendre ses vêtements immédiatement ! Enroulée dans une serviette qu’elle tenait avec difficulté, la Japonaise criait à la fois dans sa langue et en anglais, si bien que ses paroles semblaient presque incompréhensibles, excepté pour Mikohé, frère de la jeune poursuiveuse, et pour Harry qui avait appris le Japonais en côtoyant ses deux joueurs dans leur pays natal.



Les membres au grand complet de l’équipe d’Angleterre étaient réunis sur le terrain le plus grand du pays. Harry se sentait fort heureux d’être de retour dans son époque. D’un commun accord, Ginny et lui avait décidé de rentrer en 2001 pour les vacances de pâques. Ça leur avait permis de présenter leurs petits monstres à la famille et de ravir Molly Weasley pour l’éternit ! La belle-mère d’Harry ne cessait de s’extasier sur « C’est deux petits trésors ». Bien sûr, ça n’était pas elle qui devait supporter les trésors quand ils hurlaient pendant la nuit, quand ils décidaient qu’ils avaient faim puis qu’ils ne l’avaient plus ou encore quand ils saisissaient violemment les cheveux de Harry et Ginny pour jouer à « Faire mal à papa et maman ». Ce n’était pas elle qui devait empêcher Abel junior de grimper aux rideaux du salon (il n’avait pas vraiment grimp ! Il s’était juste contenter de saisir les rideaux alors que Ginny se tenait près de la fenêtre avec lui dans ses bras, mais Harry soutenait qu’il le ferait un jour !!) et Théo de baver sur les copies des élèves (passe-temps qu’il adorait manifestement). Mais il fallait avouer qu’elle n’avait pas le plaisir de les voir sourire aux grimaces de leur père, de voir leurs yeux bleus scintiller quand leur mère leur souriait avec tendresse ou encore leur bonheur quand ils étaient respectivement dans les bras de leurs parents. Néanmoins, il fallait admettre une chose : il y avait moins de bons que de mauvais moments... Mais Harry ne s’en décourageait pas. Avec le temps, il avait fini par s’habituer aux facéties de ses fils, et il fallait avouer qu’il avait hâte de découvrir quelles gaffes ils avaient encore fait tandis qu’il était à l’entraînement.



En parlant d’entraînement... Harry dut se coucher rapidement sur son balai pour éviter le cognard que lui envoya Ledaral, un sourire carnassier sur les lèvres.



« Allez Papa Gâteaux ! Cesse de rêvasser et trouve-nous ce Vif de malheur qu’on puisse rentrer chez nous ! »



Harry répondit par un sourire et, d’un air nonchalant, il souleva la main droite, brandissant le fameux vif.



« Tu l’as attrapé depuis longtemps ? demanda Gabrielle à ses côtés.



- Depuis plus de dix minutes, avoua Harry. Mais les premiers pas de Setsuko dans le monde du nudisme m’ont empêchés de le signaler ! »



Tous éclatèrent de rire alors que la jeune japonaise sortait des vestiaires, vêtue d’un Jean saillant parfaitement ses longues jambes et d’un pull à col roulé lilas, sa veste posée avec désinvolture sur son épaule.



« Je file, oh, équipiers bien aimés ! Je suis déjà en retard à cause d’une certaine personne... »



Et elle fusilla Josh d’un regard assassin tandis que celui-ci affichait un regard goguenard.



« File, sœurette, fit Mikohé d’une voie grave. Ne fait pas attendre ton amoureux. »



Setsuko sourit à son frère et partit précipitamment. D’un même mouvement, les autres membres de l’équipe soufflèrent d’un air rêveur.



« Ah, les premiers rendez-vous, souffla Harry en descendant et en décrivant de large cercle, croisant ses équipiers qui faisaient de même.



- Le cœur battant la chamade à la vue de l’être aimé, poursuivit Josh.



- Les intentions romantiques du début, continua Gabrielle.



- Les mimiques que l’on note avec attention, les caresses pleines de tendresse qui vous font décoller du sol tout en y restant alors que le ciel vous paraît scintillé de millions d’étoiles identiques à celle des yeux de votre adoré...



- Ali ! s’exclamèrent les cinq autres personnes.



- J’avais fini, informa le batteur, les autres éclatant de rire.



- Les frissons du premier touché de ses doigts sur votre joue, reprit Harry.



- Son souffle dans votre cou quand elle s’y blottit, rêvassa Josh.



- Ses mains jouant tendrement avec vos cheveux, dit doucement Gabrielle tandis qu’ils se posaient tous avec douceur, les uns à côté des autres.



- La douceur de ses lèvres digne de pétales de rose sucrée qui... ça va j’arrête là, précisa Ali tandis que tout les autres pouffaient d’amusement.



- La première fois que vous pouvez la ...



- Ledaral ! s’exclama Gabrielle en entendant son dernier mot. Tu n’es pas dans le coup l ! »



Ils éclatèrent tous de rire, même l'inébranlable batteur qui gardait tout de même une certaine froideur. Ils marchèrent en riant encore vers les vestiaires. Arrivés à l’intérieur, ils allèrent tous prendre une douche. Gabrielle les accompagna, imperturbable vis à vis des hommes à ses côtés. Elle n’avait rien à cacher, et leur présence ne la dérangeait pas tant elle y était habituée. Quant à eux, s’ils avaient autrefois lancé des coups d’œils appréciateurs aux formes gracieuses de la poursuiveuse, ils s’en désintéressaient maintenant totalement, fermant tous les yeux sous l’effet de l’eau chaude relaxante sur leurs membres endoloris.



« Bon sang Harry, fit soudainement Josh. On voit que tu n’es pas capitaine pour rien ! fit-il remarquer en faisant rouler ses épaules en accompagnant son geste de grimaces douloureuses. Je n’ai plus été courbatu de la sorte depuis... pfiou ! Au moins la première fois que nous nous sommes rencontrés ! »



Harry eut un sourire rêveur à ce souvenir. La première fois qu’il avait rencontré Josh McDrell... C’était en Amérique. Au Brésil. Fermant les yeux, Harry put presque revoir Josh appuyé nonchalamment sur le muret du ministère brésilien, un sourire sarcastique sur les lèvres. Il était alors vêtu de robes déchirées et sales, signes qu’il ne venait pas de passer un bon moment et il semblait être d’une humeur massacrante ! Harry l’avait fixé avec intérêt, ne se doutant même pas que cet homme était sans doute le meilleur gardien du monde et qu’il serait dans son équipe. Sans trop savoir pourquoi, Josh avait ressenti de suite de l’amitié pour ce gamin qui le fixait avec intérêt et ce fut d’une voix pâteuse, mais rassurante qu’il lui demanda s’il n’avait rien d’autre à faire. Harry avait été si surpris par le ton et la question qu’il avait éclaté de rire. Et Josh avait été séduit de suite par l’air amusé mais inquiet de cet étrange garçon. Et quand Harry lui demanda de lui indiquer l’emplacement du terrain de Quidditch et que Josh lui avait appris qu’il était à cent kilomètres, et qu’alors, Harry s’était éloigné d’un air heureux, Josh ne put s’empêcher de le suivre pour voir ce qu’il allait faire. Et il le suivit à pied pendant une semaine. Et quand ils arrivèrent au terrain, Harry demanda à Josh de jouer avec lui. Et Josh accepta... Il dit oui à Harry à de nombreuse reprises ce jour là. Et quand Harry lui demanda de le suivre à travers le monde à la recherche d’équipiers pour former l’équipe de Quidditch d’Angleterre, Josh sourit. Rien ne le retenait au Brésil. Sa famille l’avait renié pour divergence d’opinion (NdA : j’ai besoin de préciser quelle sorte d’opinion ?) et rien ne l’empêchait de suivre ce gamin rêveur pour voir si le rêve se réaliserait... Josh McDrell faisait partie du rêve, maintenant...



***************



« Je suis entièrement d’accord avec Josh, dit doucement Gabrielle, sortant Harry de ses pensées. Mais c’est avec ça qu’on est certain de gagner. J’en ai toujours été sûre de toute façon... »



Harry sourit en entendant Gabrielle Fuse parler. C’était le manque d’argent qui avait permis Harry de trouver la poursuiveuse. Il avait alors réussi à convaincre Josh de le suivre dans une de ces combines foireuses pour « se faire du blé facilement » et s’était promené dans une ville française composée uniquement de Sorciers en hurlant que personne n’arriverait à vaincre l’Américain, réputé dans son pays pour être le meilleur gardien. Et tandis que les Français leur lançaient des regards courroucés ou décidaient de les ignorer et que Josh hésitait entre tuer Harry à mains nues ou l’empaler au mur avec son balai, Gabrielle s’était présentée, fière, droite, l’air dédaigneux sur le visage. Sans attendre, ils s’étaient rendus dans la prairie proche du village qui servait de terrain aux gamins du coin et, sous l’œil scrutateur d’Harry, l’Américain et la Française s’étaient affrontés. Ça avait duré des heures ! Les deux adultes étaient à égalité et aucun ne semblait vouloir jeter l’éponge. Alors, sans aucune crainte, souriant, Harry s’était interposé entre Gabrielle et Joshua pour proposer à la Française de se joindre à eux. Il lui avait raconté son rêve avec ferveur, et en voyant les yeux verts pleins d’espoir d’Harry, elle fut convaincue et les suivit...



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« Si vous ne vous étiez pas autant relâchés durant son absence, vous seriez moins courbatus, signala Ledaral.



- Oh, cesse ton cirque, fit remarquer Ali. Tu as autant mal que nous !



- On t’a sonné la pipelette ?



- Non, et toi non plus l’ours ! »



Harry sourit de nouveau en entendant ses deux batteurs reprendre leur vieille querelle. Ça aussi, c’était une raison pour se souvenir ! Ledaral Arimiel et Ali n’étaient pas du même pays. L’un était grec, l’autre africain. Mais c’était en Asie qu’Harry les avait rencontrés ! Ils étaient là, au beau milieu d’une place de marché moldu à se chamailler... Alors, sans le vouloir réellement et malgré les interventions de ses deux amis, Harry s’était interposé, leur intimant de se calmer ou les moldus n’allaient pas tarder à faire intervenir la police. Leur différent semblait venir du fait qu’Ali avait payé Ledaral (qui était alors marchant ambulant) avec de la monnaie africaine non valable. Harry avait proposé de régler le problème en un affrontement de Quidditch et par un coup du destin, ils avaient tous les deux décidé de jouer comme batteur. Ils s’étaient affrontés de la manière la plus incroyable qu’il soit et Harry, toujours au sol, n’avait pu s’empêcher de remarquer quels adversaires farouches ils feraient s’ils étaient dans la même équipe l’un que l’autre... De là était venu son idée de leur proposer la place de batteur. Et bien que septique, Ledaral l’avait suivit, tandis qu’Ali, optimiste, avait accepté tout de suite et sans aucune hésitation.



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« Allez-vous cesser de vous disputer ? demanda Mikohé d’une voix douce.



- Pour un qui parle pas, je trouve qu’on t’entend beaucoup ses derniers temps, fit remarquer Gabrielle.



- Bah, je doute que des journalistes en furie soient cachés dans nos douches », dit gaiement Mikohé, faisant rire les autres.



La politique de Mikohé, comme Harry l’avait appris très vite, c’est qu’on laisse toujours un muet en paix ! On ne lui pose pas de questions trop agaçantes et surtout, on n’espère pas de lui qu’il vous tienne une longue conversation, ce qui arrangeait les deux jumeaux, Setsuko étant une bavarde et Mikohé un silencieux ! Ils se convenaient l’un à l’autre et étaient pratiquement inséparables ! L’équipe en formation avait rencontré les deux derniers poursuiveurs alors qu’ils traversaient en catimini une place japonaise où des centaines de fans sautillaient et applaudissaient en écoutant un groupe de musiciens qui semblait très appréci ! Tout le monde semblait se bousculer pour avoir l’honneur d’être remarqué par l’un des cinq jeunes hommes, et Harry était exténué de toutes ses bousculades vraiment éreintantes. Quand ils arrivèrent enfin à sortir de cette foule compacte, ils soufflèrent, soulagés d’en être sortis vivants. Tous, excepté Ledaral qui semblait s’être bien amusé. Il avait eu le plaisir de bousculer certaines personnes, et Harry soupçonna son ami d’avoir donné quelques coups de poings... Tandis qu’ils s’éloignaient du concert, ils avaient eu la surprise de voir une bande de cinq jeunes agresser une jeune fille aux cheveux courts qui était visiblement protégée par son frère qui lui avait les cheveux longs. Les deux faux jumeaux semblaient avoir de gros problèmes, et Harry, en preux Gryffondor qu’il était, ne pouvait pas les laisser comme ça. Aussi intervint-il ! Mais qu’elle ne fut pas sa surprise quand il s’avéra que les deux japonais étaient sorciers ! D’origine moldue, mais ça, Harry s’en contrefichait ! Harry parlait déjà un peu japonais et ce fut en bégayant qu’il leur demanda s’ils savaient jouer au Quidditch. Les deux jeunes hochèrent la tête d’un air évident (qui ne savait pas, franchement ?!) et lui proposèrent, dans un anglais si parfait que Harry se sentit vraiment idiot de jouer une part avec eux. Ils en jouèrent bien plus d’une...



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« Harry ? appela Gabrielle. Tu comptes passer ta vie sous cette douche ? »



Ouvrant les yeux, Harry sourit à la poursuiveuse et secoua vivement la tête avant de fermer le jet d’eau et de la suivre. Il attrapa rapidement sa serviette et s’essuya aussi vite que possible, à la surprise générale de ses équipiers.



« Y’a le feu ? demanda Josh d’un air endormi à cause de l’eau chaude qui le laissait toujours un peu somnolent.



- Non, répondit Harry en sautant habilement dans son pantalon, mais Draco et Sarah viennent à la maison aujourd’hui et Ginny et moi rentrons... heu, retournons en vacances en soirée ! »



Les autres échangèrent un regard curieux, tous ayant remarqué la légère hésitation d’Harry. Ils haussèrent les épaules et ce contentèrent de le regarder s’habiller à la vitesse de la lumière. Il prit à peine le temps de dire au revoir à son équipe avant de filer avec son balai et de transplaner. Il arriva chez lui rapidement et plaça délicatement son balai dans le placard avant de monter les escaliers précipitamment. Il figea dans l’embrasure de la porte en voyant sa Ginny, à moitié nue, essayant d’enfiler une petite robe verte. Mais ces cheveux s’étaient emmêlé dans les brettelles et l’empêchaient de la descendre sans se faire extrêmement mal.



« Harry ! dit-elle en l’apercevant. Tu pourrais m’aider !! »



Une lueur de désir dans les yeux, Harry s’approcha d’elle et, au lieu de démêler les cheveux de la jeune femme, il enleva la robe délicatement et la jeta sur la chaise devant la coiffeuse de Ginny. Elle le regarda comme s’il avait perdu l’esprit, mais ne put rien dire, ses premiers mots mourant contre les lèvres d’Harry. Il quitta ses lèvres pour glisser dans son cou, la jeune femme passant langoureusement ses bras autour de sa taille.



« Harry, gémit Ginny dont les mains étaient doucement montées jusqu’à ses cheveux qu’elle caressait tendrement. Draco et Sarah...



- N’arrive pas avant deux heures, coupa-t-il en la serrant très fort contre lui.



- Mais nous devons encore...



- Profiter de la vie, interrompit de nouveau Harry en l’attirant vers le lit.



- Tu as encore gagn », fit-elle dans un souffle.



Et ils tombèrent dans leur lit dans un baisé empreint de passion.



******************



Ils furent réveillés une heure plus tard par les cris désespérés de deux nourrissons affamés !



« Les petits monstres, souffla Harry.



- Ils te ressemblent, n’est-ce pas ? » plaisanta Ginny en s’appuyant doucement contre son torse, alors que la main d’Harry caressait son dos tendrement.



Il lui sourit avec amour, et d’une simple petite poussée, la força à s’installer sur lui.



« J’ai faim moi aussi, dit Harry en embrassant son cou, descendant ses lèvres avec lenteur.



- Va à la cuisine, plaisanta Ginny en fermant les yeux.



- Ce n’est pas de nourriture dont j’ai besoin », souffla-t-il dans son oreille, la faisant sourire.



Ginny s’abandonna quelques secondes à la douceur des caresses d’Harry plus que prometteuse, mais les cris des jumeaux redoublèrent. Harry souffla d’exaspération, et plongea ses deux émeraudes dans les saphirs de son épouse où il pouvait lire son amour et son désir.



« On continuera ce soir, dit Ginny en passant un doigt le long de la tempe de son mari, les autres lissant ses cheveux indomptables.



- J’y compte bien, répliqua Harry, la faisant éclater de rire.



- Je vais m’occuper des deux monstres, tu te charges du repas ? »



Harry hocha la tête et la regarda se lever, admirant les courbes de son corps qu’il connaissait par cœur et les reflets de ces longs cheveux roux tombant en cascades dans son dos de porcelaine. Ginny s’habilla, puis, sentant le regard de son époux, se retourna et le surprit dans sa contemplation.



« A quoi rêves-tu encore ? demanda-t-elle, les mains sur les hanches.



- Mhm... A toi ! dit-il en riant et en se levant, les draps blancs qui le recouvrait tombant sur le sol pour découvrir son corps élancé et modelé par la pratique du Quidditch (NdA : Les filles ? Cessez de fantasmer et revenez à ma fic ! Allez !!). Je rêve de toi, de tes beaux yeux bleus et de tes doux cheveux... »



Il la serra contre lui et enfouit son visage dans son cou.



« Je rêve de cette odeur de miel qu’à ta jolie peau blanche, de tes lèvres roses telles des pétales (il l’embrassa, caressant de ses lèvres celle de Ginny qui frissonnait de la tête aux pieds), de ton front volontaire, de tes joues si douces (il frôla son visage avec ses doigts). En bref, je rêve de toi et je prie pour que mon cœur n’explose pas tant il bat fort. »



Ginny souffla en se blottissant un peu plus contre lui, ses mains parcourant de haut en bas son dos nu et musclé avant de s’arrêter à sa taille et de l’enserrer de toutes ses forces.



« Moi aussi, je rêve de toi, dit-elle. Moi aussi, mon cœur bat très vite... Je t’aime tant ! »



Leurs yeux se rencontrèrent et le temps sembla s’arrêter. Soudain, ils revinrent à la réalité.



« Les petits monstres ! » s’exclamèrent-ils en cœurs.



Harry se saisit précipitamment de ses vêtements qu’il enfila à la va-vite, se jetant un sort de rafraîchissement (histoire de ne pas subir les taquineries perpétuelles de Draco durant le dîner) alors que Ginny avait déjà fait de même depuis un bon bout de temps et s’était précipitée vers la chambre des garçons. Soucieux quant au fait que Ginny devait nourrir deux bébés affamés, Harry sortit précipitamment et traversa le palier pratiquement en courant. Il poussa la porte de la chambre des enfants pour trouver une Ginny dépitée qui se tenait au milieu de la pièce avec deux biberons en mains, regardant tour à tour les deux berceaux posés contres les murs peints de bleu foncé d’où s’échappaient des cris stridents. Harry lui ôta l’un des biberons des mains en lui faisant un clin d’œil et se dirigea vers le berceau d’Abel qu’il prit doucement dans ses bras tout en faisant léviter le biberon à côté de lui. Ginny le regarda avec des yeux brillants de gratitude alors qu’elle se balançait doucement de gauche à droite tout en calmant Théo et en vérifiant rapidement la température du biberon qu’elle donna enfin au bambin qui, goulu, happa la tétine avec précipitation.



« Ils ne font que hurler et bouffer, ces monstres, dit Harry en observant Abel qui affichait le même air de contentement que son frère.



- Comme tous les bébés, fit Ginny d’un air irrité.



- Mhmm... J’espère juste que leurs futurs frères et sœurs seront plus calmes... »



Ginny sursauta puis lui adressa un sourire rayonnant. Elle s’approcha doucement de lui et, tendant la tête au-dessus de Théo tandis que Harry passait au-dessus d’Abel, l’embrassa délicatement. Et ce fut à ce moment là que les enfants finirent leurs biberons et qu’ils décidèrent de jouer à leur jeu favoris. Synchronisés, ils saisirent les cheveux de leurs parents et tirèrent de toutes leurs forces (c’est à dire pas grand chose, vu qu’ils avaient à peine un mois). Harry et Ginny sursautèrent et regardèrent les deux bambins souriants. En même temps, ils secouèrent la tête d’un air désespéré.



« De vrais monstres, dit Harry en secouant la tête.



- Poudlard ne survivra pas (NdA : Clin d’œil à Leena) », conclut Ginny.



Et ils partirent dans un grand rire alors que Théo et Abel baillaient déjà... De vrais monstres ? Surtout des estomacs ambulants ! A peine nourris, ils s’endormirent paisiblement, sous le regard aimant et tendre de leurs parents.



******************



Harry ouvrit vivement la porte d’entrée, les cheveux encore plus ébouriffés qu’en temps normal, ses joues rougies par le sprint qu’il venait de se prendre dans le hall d’entrée. Souriant gaiement, il s’effaça pour laisser passer Draco et Sarah qui le regardaient d’un air étonné.



« Tu as agrandi ta maison de combien de pièces, pour l’arrivée des jumeaux ? railla Draco, un sourire énigmatique sur le visage.



- Zéro, répondit Harry en débarrassant son ami de sa cape noir et Sarah de sa veste en Jean (elle s’habillait toujours en moldue). Mais j’étais en train de mettre la table.



- Comment, fit Draco d’un air faussement effrayé. Rien n’est encore prêt ? Ginny a-t-elle survécue à cette horrible vérit ?



- Très drôle, dit la concernée en arrivant. C’est prêt à l’instant. Si nos chers invités pouvaient se donner la peine de me suivre au salon pour savourer un apéritif.



- C’est dit avec tant de gentillesse, plaisanta le blond. Comment pourrions-nous refuser ? »



Harry dut masquer son sourire de crainte de vexer Ginny qui secoua la tête d’un air agacé avant de les précéder dans le salon. Celui-ci reflétait tout à fait Harry et Ginny. Décoré de manière modeste, les tons beiges et bleu ciel prédominaient largement. Le salon était la plus large pièce de la maison, faisant pour ainsi dire 30m². De grandes fenêtres laissaient la lumière du soleil couchant filtré par les grands rideaux blancs tombant jusqu’au sol. La vue était splendide, quelle que soit l’endroit où l’on regardait. D’un côté, le visiteur pouvait admirer des champs à perte de vue, la cime de quelques arbres apparaissant à l’horizon. A un autre poste d’observation apparaissait le jardin qui, s’il était moins bien tenu que celui de Sarah, resplendissait de fleurs diverses aux couleurs éclatantes, toutes entourant un étang assez grand au centre duquel une petite fontaine surgissait de l’eau avec douceur. De la dernière fenêtre, on tombait sur le côté de la maison où se trouvait un grand chêne où pendouillait une balançoire qui se balançait paisiblement...



Ces décors enchanteurs relevaient la beauté du mobilier du salon. Celui-ci était de chêne et chaque meuble possédait les mêmes gravures. Près de la porte d’entrée de la pièce se trouvait le salon à proprement parler, constitué d’une cheminée de marbre blanc sur laquelle étaient posé différents cadres. Devant l’âtre, une table basse en verre veinée de lignes blanches. Et sur les deux côtés de la tablette, deux fauteuils beiges clairs confortables. Faisant face à la table et à la cheminée, un grand canapé constitué de plusieurs grands coussins bleu et beige. Mais ça n’était que la première partie !



Espacée d’un mètre ou deux se trouvait une grande table de chêne. Celle-ci était dressée pour un repas de 4 personnes, et quatre chaises étaient positionnées de chaque côté, bien qu’il y ait assez de place pour une douzaine de convives. Sur les murs, des cadres, des tableaux de choix, criant haut et fort qu’ils avaient été choisis par Ginny.



« Pas mal le salon, complimenta Draco. Même s’il est beaucoup trop lumineux à mon goût !



- De quoi te plains-tu ? plaisanta Harry. Ça fait brillé tes jolis cheveux ! »



Et il lui ébouriffa la tête, Draco grognant de mécontentement. Souriant, Harry alla s’installer dans un des fauteuils, Ginny se positionnant juste en face. Draco et Sarah n’aillant plus vraiment le choix, ils s’assirent donc dans le canapé, Draco auprès d’Harry pour mieux parler avec lui. Sur la table en face d’eux se trouvait quatre verres, du champagne et des petits fours. Ginny servit tout le monde tout en parlant avec Sarah et quand ils furent certains que les femmes étaient absorbées par leur discussion, Harry et Draco prétextèrent vouloir aller dans le jardin pour sortir.



Il ne faisait pas encore nuit, mais le soleil avait disparut. Une lueur orangée perçait encore à l’ouest, ultime rayon de l’astre solaire se couchant doucement. Côte à côte, face à un rosier tout particulièrement fleuri, les deux hommes gardaient un silence religieux, regardant ensembles le ciel changé progressivement de couleur, des vagues de rouge, orange, orange pâle, jaune et vert tournant au vert foncé et ensuite au bleu devenant peu à peu bleu nuit se succédant progressivement pour devenir noir... Et au dessus de leur tête, une étoile, la première, la plus brillante, celle que Harry avait prit pour habitude d’observer : Sirius...



« C’est une jolie bicoque, dit doucement Draco.



- Elle est aussi grande que la tienne..., fit remarquer Harry.



- En largeur, oui. Mais pas en longueur, railla Draco.



- Je n’ai jamais été centré sur les tailles », répliqua Harry.



Tout deux pouffèrent de rire. Leur conversation était assez énigmatique et une personne n’ayant pas entendue la première phrase de Draco aurait pu croire qu’ils parlaient d’autre chose...



« Nous nous comportons comme des gamins, dit doucement Harry en marchant, les mains derrière le dos, suivit rapidement de Draco.



- Nous avons le droit, signala l’ancien Serpentard. Nous n’avons que vingt et un ans... »



Harry resta silencieux pendant quelques minutes, puis, se tournant, il fit face à Draco et à la maison, ses yeux se posant de suite vers la fenêtre au premier étage.



« Toi, tu as le droit. Moi, je ne l’ai plus depuis un mois. »



Draco leva lui aussi les yeux vers la fenêtre et sourit doucement.



« Tu les aimes déjà beaucoup, hein ? »



Harry sourit à son tour, son regard se faisant légèrement rêveur avant de se fixer dans les deux onyx légèrement bleuté de son ancien ennemi.



« Plus que ma vie, confia-t-il gravement.



- Il ne leur arrivera rien, promit Draco.



- Tu en es sûr ? s’enquit Harry.



- Certain, jura le blond. Et tu le sais aussi bien que moi. C’est mis clairement dans le message des élèves à Gin... (voyant le regard interrogateur de Harry :) Ginny McDrell : l'assistante en infirmerie la plus chanceuse du monde, vu qu'elle a mis la main sur l'homme le plus génial du monde. Nous espérons de tout cœur que votre famille et vous allez bien et nous vous regretterons énormément. »



Harry lui fit un sourire rayonnant et secoua la tête comme s’il se disait : « Que je suis bête ». Draco, lui, affichait son habituel fierté, mais on distinguait nettement l’amusement qu’il ressentait accompagné d’une amitié profonde. Tout deux étaient surpris de cet attachement profond qu’ils ressentaient pour un homme qui avait été autrefois un ennemi. Etait-ce la haine qui s’était ainsi modifiée en une amitié renversante ? Ou la puissance des mauvais coups que la vie leur avaient infligés à tout deux qui les avaient fait se comprendre mieux qu’eux-mêmes ? Ils l’ignoraient. Mais l’un comme l’autre savait lire dans le regard de leur ancienne Némésis. L’un comme l’autre savait interpréter les sourires, les mimiques, cette connaissance s’étendant jusqu’à la pré-connaissance...



« Tu as quelque chose à me dire d’important, mais tu n’oses pas », lâcha enfin Draco qui n’y tenait plus.



Harry ricana, mais il eut soudain l’air très gêné.



« J’ai... Disons... Un cadeau pour toi. »



Draco écarquilla les yeux d’un air surpris.



« Un cadeau ? Mais ça n’est pas mon anniversaire, Potter. Tu te trompes de date ! »



Harry ne put s’empêcher de rire en voyant ressurgir l’ancien Draco Malfoy. Avec un sourire, il plongea sa main dans sa poche et en sortit un rouleau de parchemin soigneusement enroulé qu’il tendit à Draco. Il avait eu tant de mal à l’obtenir...



Draco saisit le parchemin délicatement et le décacheta avec un tremblement quand il reconnu le seau du ministère. Harry, sans même le regarder, savait ce que Draco lisait.



Cher M. Malfoy,



Après avoir enquêter pendant de nombreuses années sur vous et constater que votre comportement était irréprochable, nous avons l’honneur de vous annoncer que votre exil est maintenant terminé. De plus, vos biens vous seront restitués sur présentation de ce parchemin. En espérant vous revoir bientôt parmi nous,



Math Cella,

Directeur du département des enquêtes SD (Sorciers Dangereux).



Harry resta silencieux tandis que Draco fixait le parchemin avec des yeux vitreux et une expression ahurie. Son exil avait duré 4 ans... Oh, bien sûr, il pouvait venir en Angleterre, mais il ne pouvait pas y résider. Et pendant 4 ans, il avait été privé de ses biens, allant du manoir Malfoy aux albums de photos de famille. Respectant son silence, Harry attendit qu’il parle le premier.



« Comment as-tu fait ? demanda Draco en levant un regard brouillé vers Harry. Comment as-tu fait pour les convaincre ? »



Harry ferma les yeux, puis les rouvrit pour les plonger dans ceux de Draco.



« Je n’ai rien fait, Draco, dit-il calmement. C’est eux, qui sont venus me trouver avec ce parchemin. Je n’ai fait aucune démarche. »



Un tremblement secoua Draco de la tête aux pieds, ses jambes ployant soudainement. Titubant, il alla s’installer sur l’unique banc du jardin, près de l’étang.



« J’ai attendu si longtemps, souffla-t-il dans un murmure à peine audible. Depuis quatre ans... »



Le silence engloba le parc. Les derniers oiseaux pépiaient encore un peu et les fleurs s’étaient refermées lentement durant la discussion. Le ciel était maintenant plein d’étoiles et plus aucune autre couleur que le bleu marine n’emplissait le ciel.



« C’est fini, Draco, dit Harry en posant sa main sur son épaule. Bienvenu chez toi. »



******************



Le dîner fut une merveille ! D’un commun accord, les deux hommes avaient décidé de ne pas parler de choses graves durant la soirée, riant allégrement en se rappelant leur enfance. Ginny elle-même avait pigmenté la soirée de petites histoires croustillantes avec comme sujet principal : « le comportement d’Harry Potter lorsqu’il est gên » ce qui fit mourir de rire Draco. En fin de soirée, après un sortilège de nettoyage sur la vaisselle, ils allèrent dans le jardin où Harry matérialisa quatre chaises et une tablette. Ils s’assirent, profitant du temps clément du printemps.



« Et bien, souffla Draco. Je me suis rarement aussi bien amus !



- Ah oui ? demanda Harry, énigmatique. Tes livres n’ont pas une conversation très variée ces temps-ci ?



- Oh, si ! J’ai même été inspiré pour une blague tordante, répliqua Draco.



- Une blague tordante ? demanda Harry. Laquelle ?



- Celle-l ! »



Et avant que Harry n’ait pu faire quoi que ce soit, il fut aspergé d’eau par un jet venant de la baguette de Draco. Les deux jeunes femmes présentes éclatèrent de rire ainsi que le blagueur, mais Harry n’en fit rien et tourna soudainement la tête vers la fenêtre des jumeaux.



« Abel », dit-il simplement, alors que Ginny prêtait l’oreille.



Et il partit en courant, bien vite suivit par Ginny et les autres.



En entrant dans la chambre bleu, Harry remarqua tout de suite que les cris du cadet avaient réveillé l’aîné qui pleurait également à présent. De suite, il se précipita vers Abel tandis que Ginny allait se saisir de Théo. Sur le seuil, Draco avait posé ses mains sur ses oreilles en grimaçant et Sarah s’était avancée au centre de la pièce, semblant hésiter sur le bébé à aller voir en premier.



« Problème de couche, constata Harry en reniflant. Je m’en occupe ! »



Il marcha jusqu’à la table posé non loin de la porte tandis que Ginny câlinait Théo qui s’était apaisé et regardait autour de lui avec un air fatigué. Harry, lui, avait délicatement posé Abel et enleva rapidement sa brassière avant de défaire le lange salle. Hésitant, Draco décida d’aller jeter un œil sur Théo en sentant l’odeur. Harry, quand à lui, ne parut pas gêné le moins du monde. Il semblait simplement habitué et soucieux de satisfaire son fils au plus vite.



« Ils sont adorables, ne put retenir Sarah en regardant Théo qui, blottit contre Ginny, suçait sa tétine en somnolant doucement.



- Moui, dit Ginny d’un air hésitant. C’est ce que tout le monde dit... »



Les deux Malfoy éclatèrent de rire en la voyant jeter un œil lasse à Abel qui se débattait avec hardiesse, visiblement très réveillé, alors que Harry tentait de fermer la nouvelle couche.



« Je m’en occupe, Harry, dit doucement Ginny en le rejoignant. Charge-toi plutôt de rendormir celui-ci ! »



Elle lui passa doucement Théo qui laissa échappé un « Aga » tandis qu’il changeait de bras et sembla très content de se retrouver dans les bras de son père. Il se blottit doucement contre lui, agrippant avec autant de ferveur qu’il pouvait la robe d’Harry. Draco, lui, s’était approché d’Abel, l’air presque curieux. Le rouquin avait cessé de se débattre, sachant pertinemment qu’il n’était pas très bon d’agacer sa maman.



« Et voilà donc mon filleul, constata-t-il alors que Ginny soulevait victorieusement son fils changé et qu’il en profitait pour saisir ses cheveux et tiré dessus.



- Oui, répondit Ginny. Voilà petit monstre 1 !



- Petit monstre 1 ? s’étonna Sarah. Je croyais que Théo était né en premier.



- Oh, il est né le premier. Mais Abel est le pire ! Théo est la douceur personnifié, enfin, quand il ne voit pas une baguette et qu’il ne prend pas exemple sur son frère. Mais Abel... Abel est la facétie réincarné... Quand je pense que ça ne fait que commencer... Harry prétend que c’est à cause de ces cheveux roux et de son nom... Et je commence à me demander s’il n’a pas raison. »



Le bambin se mit a secouer la mèche de cheveux roux de sa mère avec frénésie, semblant trouver ça très drôle. De son poste d’observation, berçant Théo avec douceur, Harry sourit en regardant son fils. Sarah émit un petit rire et Draco eut une expression qu’on lui voyait rarement : son regard était ampli de tendresse.



« Puis-je ? demanda Draco en tendant les mains vers Ginny.



- Tu es son parrain ! Bien sûr que tu peux », dit-elle en souriant.



Comme si Abel était fait de cristal, Draco le prit délicatement, tenant bien sa tête. Le bambin devint soudainement calme, le regardant de ses grands yeux bleu foncé. La curiosité avait envahi son petit minois identique à celui de Harry et de Théo.



« Bonjour ! dit doucement Draco. Je suis ton parrain, Potter ! »



Harry ne put s’empêcher de pouffer en entendant Draco parler. C’était bien de lui, ça ! Il avait parlé d’un ton froid, mais doux et Ginny craignit un instant qu’Abel n’apprécie pas son manque de chaleur. Pourtant, Abel ne se mit pas à pleurer. Il se contenta d’incliner la tête sur le côté avec incrédulité, semblant presque dire : « Mon parrain ? Tu charries l ! »



« Tout à fait toi ! dit Draco en se tournant vers Harry. Il se fout de ma gueule ! »



Les trois autres adultes éclatèrent de rire, ce qui ne fut guère apprécier par Théo qui n'aimait pas ses sons qui troublaient son repos ; il poussa une plainte empreinte de sanglots, faisant taire les grandes personnes. Doucement, il ouvrit les yeux, regardant d’un air endormi son père. Celui-ci lui sourit tout doucement en le berçant avec tendresse. De suite, Théo fut rassuré et se rendormit. Harry souffla discrètement, les autres l’imitant subtilement.



« On a évité le pire ! constata Ginny. Si Théo se mettait à pleurer, bonne chance pour endormir Abel... Je me demande déjà comment on va bien pouvoir... »



Elle fut couper par un fredonnement. Surpris, ils se tournèrent tous vers Draco qui tenait précieusement Abel. Celui-ci le regardait en souriant mollement, comme s’il combattait le sommeil que lui fournissait l’air de la petite chanson que Draco chantonnait avec douceur. Et à la surprise des parents de la terreur rousse, le garçonnet ferma les yeux, blottit contre la poitrine de son parrain. Néanmoins, avant de s’endormir, il n’hésita pas à saisir une mèche blonde, mais ne tira pas dessus. Il l’enroula autour de son petit poing et mit son pouce en bouche...



« Incroyable, souffla Harry. Je n’ai jamais vu ça ! »



Draco releva la tête pour lui adresser un sourire conquérant, puis retourna à la contemplation du nourrisson.



« Il est comme moi, dit-il en chuchotant. Fier et indépendant. Il ne recherche pas tout l’amour que vous lui donnez, mais quoi qu’il arrive, continuez ! Ou il tournera aussi mal que moi... »



Cette dernière phrase les plongea dans le silence. Délicatement, Sarah s’approcha de lui et passa un bras autour de sa taille pour posé sa tête sur son épaule. Draco lui fit un simple sourire, et Harry s’approcha de lui tout aussi doucement que Sarah pour aller se poster de l’autre côté de Draco.



« Mon fils ne tournera pas mal, dit-il. Nous ferons tout pour. Et si jamais nous ne sommes pas assez fort pour empêcher ça... Je sais que tu seras là pour le lui éviter. »



Draco le regarda avec surprise, puis il sourit en comprenant où Harry voulait en venir ! Il était le parrain de Abel justement parce qu’ils se ressemblaient et parce que Draco pourrait être une aide pour l’enfant. Le blond hocha la tête dans une promesse muette qu’il échangeait avec l’ancien Gryffondor. Il veillerait sur la terreur. Quoi qu’il lui en coûte !



******************



Quand les Malfoy partirent, Harry et Ginny, ainsi que les jumeaux qui dormaient toujours, étaient, eux aussi, prêt à quitter la maison Potter. Le passé les attendait, les vacances se finissant le lendemain. Harry savait qu’il avait raté pas mal de choses durant cette semaine, notamment l’immense chasse aux œufs organisée par Dumbledore. Mais il s’en moquait. Venir aux Portes de la Paix l’avait rechargé en énergie. Il se sentait prêt à combattre ses ennemis. Prêt à protéger ses élèves et tout particulièrement, ceux qu’il aimait...



******************



« Théoriquement, oui, Miss Censé, mais du point de vue technique, ce sortilège peut être dangereux. Comme vous pouvez le remarquer en voyant l’état de M. Habbot ! Le sortilège d’accroissement n’est pas dangereux, sauf si vous ne connaissez pas le contre-sort et que votre camarade de travail se retrouve assommer par le plafond ! »



La journée du lundi de la rentrée était passée si vite que Harry ne l’avait même pas vu passée ! Vêtu d’un robe bleu nuit et d’un pantalon noir, il se tenait au milieu de la classe de Duel se trouvant à côté de sa salle de cours.



La classe de Duel avait été spécialement aménagé pour les sixièmes et septièmes année par Harry. Celui-ci n’ayant pas assez de place dans sa classe à cause des bancs et étant trop fainéant pour lancé le sortilège de "range pupitre", il avait expressément demandé l’autorisation au directeur pour aménager la salle de classe vide à côté de la sienne en conséquence. Ainsi, lorsque les élèves devaient entré dans la salle de classe officielle de DCFM se trouvant à gauche, ils savaient qu’un cours théorique les attendait. Mais quand ils entraient à droite, c’était un cours pratique ! Les préférés de tout les terminaux ! Et ceux qui étaient attendus avec le plus de joie. Mais voilà, parfois, il arrivait qu’un Duel se passe mal. Comme s’était le cas avec la Serdaigle Censé, qui avait eut la bonne idée de perturber son adversaire en le faisant croître comme un arbre. Altaïr Habbot était maintenant assommé, étendu sur le sol, mesurant plus de 5 mètres.



D’un coup de baguette, Harry lui rendit sa taille normal. Puis, il regarda la jeune fille au bord des larmes.



« Allons Miss Cens ! Ne faites pas cette tête ! C’était un excellente idée ! Si le combat se déroule à l’extérieur ! Mais, à l’avenir, éviter de réitérer ce sortilège dans une pièce. D’accord ? »



La Serdaigle hocha piteusement la tête. Harry lui fit un sourire réconfortant et posa affectueusement sa main sur son épaule.



« Vous avez fait des progrès, souriez ! Je suis très impressionné par votre intelligence, Miss Censé. Continuez ainsi ! »



Rougissant légèrement, la jeune fille retourna s’asseoir, non sans avoir attendu que son équipier soit réanimé.



« Bien ! s’exclama Harry en faisant face à la rangée de chaise contre le mur sur lesquelles les élèves étaient installés. Je vous félicite tous pour les progrès incroyables que j’ai pu constater au court de cette année. Elle n’est pas encore finie et je suis flatté de constater que votre potentiel est maintenant le double de ce qu’il était à mon arrivée. Continuez à vous entraîner, car, par les temps qui courent, votre force et vos connaissances, seront utiles pour l’avenir. Je vous dis à la semaine prochaine. Le cour se fera dans la salle de gauche. Et n’oubliez pas vos dissertations sur les sortilèges de défense. »



La cloche retentit dans le couloir, mais aucun élève ne sortit. Tous écoutaient d’un air ébahi la sonnerie qui s’était transformé, d’un Dring strident en un... « La cloche de l’école, c’est Severus Rogue ! Ding dong, devrait-il faire ! Alors pourquoi ça ne se fait pas quand on le secoue ? Parce que ses cheveux gras étouffe le bruit de son cerveau percutant sa boîte crânienne ! (plusieurs voix se firent entendre) Amen ! »



Ils éclatèrent de rire en même temps, Harry lui-même souriait d’un air un peu idiot. Il avait très bien reconnu la voix de son parrain... Il n’y avait plus qu’à espérer que Minerva n’en avait pas fait autant... Les élèves se levèrent pour quitter la classe, et Harry les observa, tous débordant d’innocence et de gaieté alors que la journée de la rentrée se finissait enfin. Lui-même s’étendit paresseusement à son bureau, seul meuble avec les chaises des élèves contre le mur et la sienne. Las, il enfouit sa tête dans ses bras appuyé sur le table en soufflant. La journée avait été pénible, mais ça n’était rien comparé à la nuit ! Les jumeaux avaient poussé des cris à réveiller toute l’école, et Ginny ne savait pas quoi faire. Ça n’était ni la faim, ni la fatigue ! Et Ginny en était devenue extrêmement irritable ! Sans se soucier de déranger, elle était partie en 2001 pour aller demander conseil à Hermione. Bien qu’à moitié endormie, la jeune directrice des Gryffondors avaient prise très aux sérieux le problèmes des pleurs répétés et avait donné plusieurs conseils aux jeunes parents, montrant comme elle s’était bien documentée. Ce fut en emmaillotant Théo dans une couverture qu’ils le calmèrent. Mais aucune méthode ne marcha pour Abel. Harry commençait à penser appeler Draco quand il eut l’idée de l’emmener sur son balai. Les moldus promenaient leurs enfants en voiture, mais il n’en avait pas alors... Pourquoi pas ? Etrangement, la terreur s’était clamée après deux mètres. Et après cinq tours du terrain de Quidditch, Abel dormait profondément...



Tout ça pour dire qu’Harry n’avait pas assez dormi à son goût. Mais lui était encore de bonne humeur ! Ce n’était pas le cas de Ginny ! Harry ne l’avait jamais vu aussi énervée. Il espérait juste que c’était passé depuis. Relevant la tête, il fut surpris de tomber face à face avec Eulalie Saxe, une jeune Serpentard de première année.



« Eulalie ! s’étonna Harry. Et bien ! Pourquoi n’êtes-vous pas au dîner ? »



Gênée, la fillette baissa la tête pour la redresser aussitôt, un cliquetis émanant de la clochette qui pendouillait à un fil vert accroché à son sac de cours.



« Je... J’aurai besoin d’un conseil, professeur », balbutia-t-elle.



Harry claqua des doigts et une chaise s’approcha pour permettre à la jeune fille de s’installer alors que la porte se refermait doucement.



« Je vais faire mon possible pour vous aider, même si je doute être la bonne personne pour ce genre de chose... Je vous écoute, Miss Saxe.



- Je ne suis pas dans la bonne maison, dit-elle tout de suite. Le choixpeau s’est tromp ! Je devrais être à Poufsouffle... »



Etonné, Harry ne répondit pas. Il fixa la jeune Serpentard, les yeux écarquillé. Eulalie était son élève favorite dans les premières années Serpentard. D’un naturel plutôt doux, elle essayait toujours d’aider et, à l’inverse de ses camarades, elle n’était pas encore entrée dans la compétition des maisons...



« Pourquoi vous croyez-vous indigne d’être à Serpentard, Eulalie ? interrogea patiemment Harry qui se demandait en réalité pourquoi elle était venue le voir lui !



- Je n’ai pas leur esprit, dit aussitôt la jeune fille. Je... Je suis trop gentille ! »



Harry leva un sourcil interrogateur.



« Parce que Serpentad signifie méchancet ? »



Eulalie se figea, semblant tout à coup perdue.



« Je... Vous, vous n’aimez pas les Serpentards donc, je pensais que... Enfin, non, ça n’a rien à voir avec votre opinion, c’est juste que tout le monde pense toujours que Serpentard égale mage noir... Mais... Je ne veux pas être mage noir. Donc, je ne suis pas une Serpentard... C’est juste, non ? »



Harry se leva doucement, tournant en rond quelques secondes tout en réfléchissant. Il n’aurait jamais cru qu’un jour, il défendrait la maison ennemie !



« Serpentard égale mage noir, répéta-t-il pensivement. Connaissez-vous Ulysse Niger, Eulalie ? » demanda-t-il après quelques secondes de silence.



La jeune fille secoua la tête de gauche à droite, ses cheveux bruns se balançant doucement et encadrant finalement son petit visage attristé. Harry sourit et s’arrêta de tourner en rond.



« Ulysse Niger était un saint, Miss Saxe ! Il a consacré sa vie à aider son prochain, et a même été décoré du prix Nobel de la paix pour sa générosité et ses actes... Quand on parle de Ulysse Niger dans un discours, une réunion ou quoi que ce soit d’autre, on ne voit que ses actes, et pourtant, Miss Saxe, Ulysse Niger était à Serpentard !



- Ser... Serpentard ? Bégaya Eulalie. Mais...



- C’était un saint, poursuivit Harry à sa place. Et alors ? Serpentard ne veut pas dire mage noir. La ruse ne signifie pas la haine. Les maisons de Poudlard n’indique pas l’avenir de la personne qui y est placée. Vous avez été placée à Serpentard pour votre ruse, votre ambition. Que voulez-vous être, Eulalie ? »



La fillette rougit soudainement et baissa les yeux.



« Eulalie ? demanda Harry.



- Je... Je... J’aimerai bien... Je voudrais... Je voudrais être la première, souffla-t-elle.



- La première ? demanda Harry.



- La première... La première ministre de la magie », fit-elle, cachant son visage entre ses mains.



Harry ne put s’empêcher de rire tout en secouant la tête. Ministre ? Qui sait ? Elle en avait le potentiel... Harry le savait ! Elle avait onze ans, mais son intelligence, son esprit méthodique criait politique. Elle était faite pour ça. Mais ça serait difficile...



« Vous en avez les compétences, dit Harry, la rougeur de la petite fille s’accentuant. Cependant, réfléchissez bien... Ce n’est pas une voie facile. Néanmoins, votre désir de devenir ministre prouve votre ambition. Quand à votre ruse, vous en avez, et vous le savez tout aussi bien que moi. Je vois une Serpentard en vous, Eulalie. Et ceux qui vous dise le contraire se trompe. »



Une larme roula sur la petite joue et Harry comprit qu’il avait vu juste. Eulalie était venue le voir lui pace qu’il était réputé dans l’école pour aider et conseiller ses élèves, réputation qui lui était venue en grande partie à cause de son acharnement à soutenir Lily. En résultat, les élèves venaient le voir lui, à la grande consternation des directeurs de maisons qui le jalousaient au début, mais avaient fini par le considérer avec un respect qu’Harry ne s’attendait pas à avoir après qu’il ait manifesté tant de pouvoir et d’anormalité pour un inconnu. Carpiel, surtout, lui vouait à présent une admiration et un respect sans borne. Harry entrait-il dans une pièce où se trouvait son collègue que l’homme le regardait, les yeux brillants. Si Harry avait été effrayé de cette soudaine admiration, il essayait à présent de ne plus y prêter attention.



Mais Eulalie n’était pas venue uniquement pour cette réputation d’auditeur et sauveur attentionné auprès des élèves. Elle était venue parce qu’un plus grand lui avait fait douter de ses capacités et qu’elle avait besoin d’un plus grand encore, donc plus intelligent, pour démentir ce fait. Harry sourit et lui tendit un mouchoir qu’il avait dans son bureau (il en avait tout un stock et ça, même dans ses poches !).



« Miss Saxe, ce n’est pas moi, que vous devez venir trouver pour ce genre de chose, mais le choixpeau ! Il est le mieux placé pour vous aider. Et je ne doute pas que le professeur Dumbledore acceptera de vous en coiffer si vous avez ce genre de doute. Mais je vous certifie que vous êtes une Serpentard. Même si vous n’êtes pas méchante. Même si vous ne voulez pas faire de mal ! Vous n’êtes d’ailleurs pas la seule. Regardez autour de vous, et vous verrez de suite que d’autres vous ressemble bien plus que vous ne le croyez.



- Ah oui ? demanda la petite fille en se levant, comprenant que la conversation se terminait.



- Oui ! Dans votre classe, je dirai... Mathurin. Dans les deuxième année, il y a... Fay et Felicity... Et je pourrai continuer ainsi très loin, jusqu’au septième année !



- Il y a des septième gentils ? s’étonna la fillette.



- Oh, oui ! Seulement, vous ne les voyez pas, parce qu’ils font les forts, les grands. Mais croyez-moi, il y en a. Vous n’êtes pas seule. Et ils viendront un jour vous aider si vous avez des problèmes. Pas à chaque fois, car il faut que vous appreniez à vous débrouillez toute seule. Mais ils vous aiderons. »



Eulalie afficha une expression rassurée, et en lui, Harry hurla un « GAGNER ». Il la raccompagnait à la porte quand eut lieu l’anormalité la plus grande jamais connue à Poudlard ! Un tremblement de terre ! Un vrai et simple tremblement de terre, mais étonnement effrayant quand on considérait que c’était la première fois que ça arrivait. Eulalie poussa un cri de terreur, et Harry plaqua ses mains à sa cicatrice alors qu’il tombait à terre, les jambes pantelantes. Les chaises contre le mur avaient valdinguer et Harry avait attraper Eulalie pour la cacher sous son bureau. Il aurait du s’y glisser aussi, mais la douleur à sa cicatrice était si intense qu’il resta assis à la même place. La douleur, intense, le clouait au sol. Il n’avait jamais eu aussi mal. Même lorsque Voldemort le touchait. S’en était insupportable.



Une chaise cahota et lui frappa violemment la tête. Eulalie poussa un cri et Harry tomba sur le sol, du sang coulant le long de sa tempe et sur sa joue. Encore une blessure... Ça devenait une mauvaise habitude, franchement !



Soudain, tout s’arrêta. Douleur, tremblement de terre... plus rien ! Etonné, Harry regarda autour de lui. D’instinct, il se leva après avoir constaté qu’Eulalie n’avait rien et fonça vers son bureau. Il ouvrit un tiroir et l’ouvrit. Elle n’était pas là.



« Merde ! » jura-t-il.



Il sortit de la classe en trombe, suivit par une petite Serpentard terrorisé et inquiète. Dans le couloir, c’était le chaos. Des cadres renversés, des élèves blessés. Harry se mordit la lèvre inférieure quand il les vit le regarder comme leur salut.



« Est-ce que ça va », demanda-t-il impatiemment.



Voyant comme leur professeur était pressé, ils se contentèrent de hocher la tête.



« Bon, dit Harry avec précipitation. Que les élèves qui peuvent tenir debout aide les plus blessés à se rendre à l’infirmerie. Faites-le avec calme et rapidement, mais pas trop. Si un nouveau tremblement de terre surgit, mettez –vous sous quelque chose. L’embrasure d’une porte, un bureau, une table, n’importe quoi, mais ne restez pas à découvert. D’accord ? »



Nouveau hochement de tête. Harry ne vérifia même pas que les élèves se mettaient en route pour se précipiter dans son autre salle de classe. Il fonça sur son bureau et ouvrit chaque tiroir à la volée avant de trouver ce qu’il cherchait : la carte du Maraudeur.



« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises », cria-t-il.



De suite, le texte s’afficha, suivit par la carte du château. Harry chercha partout. Il y avait des tas de noms et de points, mais ceux qu’il cherchait n’était pas là. Voldemort n’apparaissait pas. Le mage noir n’était pas là. Etonné, Harry porta la main à sa cicatrice. Pourquoi avait-il eu mal, si le mage n’était pas l ? Il continua de fouiller la carte avec attention, mais rien. Tout était normal, sauf l’agitation des traits représentant ses collègues. Harry regarda Minerva McGonagall se précipiter vers la salle des professeurs, tandis que Carpiel faisait des allées et venues entre l’infirmerie et d’autres endroits. Dumbledore était dans la Grande Salle et courait d’un côté à l’autre. Harry supposa qu’il allait prêter main forte aux élèves blessés. Harry se figea soudain. Ou était De Vaart ? La jeune femme n’apparaissait pas sur la carte !! Les yeux écarquillé, Harry se lança dans une nouvelle étude détaillée du château. De Vaart était introuvable. Elle avait tout simplement disparue.



« Mais c’est quoi ce bordel ? », jura-t-il, fermant la carte en marmonnant un rapide « méfait accompli ».



Harry sortit en trombe de sa classe et se mit à faire ce qui lui semblait le plus naturel : aider les élèves blessés. Quand il atteignit l’infirmerie avec un première année sur le dos et un sixième appuyé contre lui, il vit de suite Ginny qui courait d’un lit à l’autre. Carpiel passa à côté de lui, courant pour disparaître du couloir. Sans doute allait-il aider d’autres élèves en mauvais état.



« Harry ! s’exclama Ginny en le voyant entrer. Tu vas bien ? »



Harry hocha la tête et lui sourit d’un air rassurant. Il alla déposer les élèves au bon soin de Mme Pomfresh et réceptionna Ginny qui vint se blottir dans ses bras.



« Comment vont les jumeaux ? demanda-t-il.



- Secoués, mais ils vont bien. Harry... Qu’est-ce qu’il s’est pass ? »



Harry regarda autour de lui d’un air grave et plongea finalement ses yeux dans les siens, espérant qu’elle comprendrait le message. Il n’eut pas le temps de s’en assurer, la voix de Minerva McGonagall résonna dans toute l’école.



« Le corps enseignant de Poudlard est prié de se rendre tout de suite dans la salle des professeurs. Que les élèves blessé se rendent à l’infirmerie et que ceux qui ne le sont pas les y aident. »



Les élèves présents se tournèrent d’un même mouvement vers lui, l’air interrogateur. Le visage fermé, Harry s’éloigna de Ginny et quitta rapidement l’infirmerie. Ses pas ne le menèrent pas à la salle des professeurs, mais dans la pièce à côté de l’infirmerie. Harry poussa doucement la porte, veillant à ce qu’elle ne grince pas pour jeter un rapide coup d’œil à ses fils endormis0. Il sourit et faillit partir quand il remarqua une paire d’yeux bleu qui le fixait. Surpris, il s’avança et prit le bambin dans ses bras, caressant au passage la touffe de cheveux noirs. Théo gloussa de plaisir et fixa ses saphirs dans les émeraudes de son père. Harry jeta un coup d’œil à Abel pour constater qu’il dormait bien. Hésitant, Harry décida de prendre Théo avec lui. Il semblait en effet bien réveillé et Harry n’avait pas le temps de le rendormir. D’un claquement de doigt, il fit apparaître un parchemin sur lequel était écrit, dans un rouge bien visible :



Ne t’inquiètes pas pour Théo, il est avec moi !



Harry.



Et il quitta la pièce, le poupon dans les bras...



******************



Quand il entra dans la salle des professeurs, ce fut un silence pesant qui l’accueillit. Ses collègues soufflèrent de soulagement en le voyant.



« Bon sang McDrell, dit Minerva. On croyait que vous aviez disparu aussi !



- Aussi ? » demanda Harry en levant un sourcil.



Ils se regardèrent tous d’un air mal à l’aise.



« Katia... Katia est introuvable, finit par dire Jonathan Carpiel.



- Je sais, dit simplement Harry, faisant sursauter tout le monde qui le regarda avec étonnement.



- Comment... ? commença Flitwick.



- Je ne perçois pas son aura dans le château. Ma capacité aux auras est limitée et elle pourrait être dans la forêt ou ailleurs, mais elle n’est pas dans le château. »



A sa grande joie, ils acceptèrent son excuse. Harry était vraiment soulager de constater qu’aucun de ses collègues n’étaient suffisamment renseigner sur les auras que pour savoir que ce qu’il avait raconté était strictement impossible.



Théo s’agita légèrement dans les bras de son père, son regard se posant sur Carpiel. Il sourit et gloussa de joie. Des "agas" et "adabo" frénétiques furent poussé, signalant au passage la présence du bout de chou.



« Mais pourquoi l’avez-vous amen ? demanda Minerva qui avait une lueur de plaisir dans les yeux, mais parlait d’un ton de reproche.



- Il s’était réveillé et Ginny avait trop de travail pour s’en occuper. Seul, il aurait réveillé son frère et un concert de cris aurait eu lieu dans le château... »



Les professeurs rirent, mais l’arrivée de Dumbledore les coupa.



« Aucun blessé grave, annonça le vieil homme, les autres poussant un soupir de soulagement. Mais aucune explication quand à ce tremblement de terre. Ce n’est pas magique, mais je suis sûre que ce n’est pas sismique non plus.



- Non, coupa Harry. C’était Maléfique. Pendant tout le temps du tremblement de terre, j’ai ressenti une force sombre et ténébreuse.



- Vous... Vous-savez-qui ? demanda craintivement Barsolli (NdA : prof de divination, pour ceux qui l’ont oubli !).



- Non, dit Harry pensivement. Ce n’était pas lui. C’était autre chose. Quelque chose de plus... »



Tout les regards étaient posé sur lui avec gravité. Harry n’osait pas finir sa phrase. Leur expression était déjà si grave, si inquiète. Comment pouvait-il avoué que ce qu’il avait ressenti était plus fort que Voldemort ? Comment pouvait-il leur dire qu’il se sentait faible, face à cette force...



« Quoi que ça soit, dit Albus, ça a disparu ! La question est : est-ce que ça va recommencer. Je propose qu’on établisse une garde quelconque cette nuit. De plus, exceptionnellement, j’ai décidé que les élèves dormiraient demain dans la Grande Salle, pour plus de sécurité si jamais un événement similaire se reproduirait. Les infirmières devront veiller à tour de rôle sur eux (Harry grimaça), pendant que les professeurs exécuterons plusieurs rondes. Les cours du matin de demain seront annulés. »



Après une demi-heure de conversation, ils finirent par décidé qui irait où. Harry se retrouva à l’extérieur, en compagnie de Carpiel. Déconfit, Harry jeta un regard désespéré aux petit bébé dans ses bras. Qui allait bien pouvoir les surveillés ??



******************



Après une longue et pénible discussion avec Ginny, Harry finit par envoyé une lettre à Hermione. Celle-ci ne put bien sûr pas prendre les enfants, mais elle leur proposa une solution que Ginny ne semblait pas du tout apprécié.



« PAS QUESTION ! , hurla-t-elle, les élèves dans la Grande Salle ainsi que professeurs se tournant de suite vers eux.



- Mais Ginny, fit Harry, suppliant. Que veux-tu qu’on en fasse? Tu ne peux pas les prendre avec toi, leurs pleurs dérangeraient les élèves ! Et je les vois mal entrain de tourner autour du château avec moi ! »



L’argument sembla la calmer un instant, ses grands yeux bleus semblant angoissés et perdus.



« Non ! dit-elle, obstinée.



- Alors trouves une autre solution ! »



Ça la cloua sur place. Perplexe, elle jeta des regards désespéré aux personnes autour d’elle, comme si elle espérait une échappatoire. Elle finit par pousser un soupir et baisser la tête, vaincue.



« Je les appelle de suite ! dit Harry en partant en courant.



- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Dumbledore en s’approchant de Ginny qui affichait un air résolu.



- Nous avons besoin d’aide pour surveiller les jumeaux, dit-elle avec consternation.



- Et ? demanda Pompom qui écoutait.



- Il n’y avait que deux personnes de libre, dit-elle, la voix tremblante.



- Et ?? insista tout le personnel de Poudlard, les élèves étant plongés dans un silence craintif en attendant la réponse de l’aide infirmière.



- Ce sont mes frères, fit-elle, angoissée. Fred et George les Facétieux ! »



Le personnel en entier frissonna. Tous en même temps, ils tournèrent la tête vers les Maraudeurs qui avaient écoutés.



« Si vous sortez de cette pièce, prévint McGonagall d’une voix menaçante, vous n’y survivrez pas. Est-ce clair ? »



Déglutissant avec difficulté face à l’air meurtrier de leur directrice, ils hochèrent vivement la tête, et s’éloignèrent le plus vite possible.



******************



Harry souffla, perché sur son balai. Quelle heure était-il donc ? Deux heures ? Trois heures ? Il s’en moquait en fait. Ce qu’il souhaitait, s’était son lit, Ginny blottie contre lui ! Il ne voulait rien d’autre que ça ! Mais c’était précisément ça qu’il lui était refusé. Torture ultime... Il avait un mal de chien à rester éveill ! La nuit précédente ayant été courte également, il souffrait comme jamais. Ses yeux le piquaient horriblement, et le monde semblait tanguer dangereusement. Secouant la tête de gauche à droite, il décida de descendre un peu. Il ne s’était rien passé depuis des heures, et ça n’était pas sur son balai, en pleine nuit, qu’il pourrait voir ce qui s’amusait à faire trembler le sol. Se posant gracieusement, Harry vacilla dangereusement, mais des bras l’attrapèrent pour l’aider à aller s’asseoir sur un arbre mort près du lac.



« Tu aurais du aller te reposer, dit Carpiel d’une voix agacée. Regarde dans quel état tu es !



- Je ne peux pas, dit Harry. Si cette chose attaque, je dois...



- Tu n’arriveras à rien si tu es fatigué, et tu le sais aussi bien que moi. »



Harry se contenta de lui répondre par un sourire las et se laissa tomber en arrière, Carpiel poussant une exclamation de surprise alors qu’Harry, les jambes sur l’arbre mort regardait le ciel étoilé après un pouf sonore.



« Tu as une idée de ce qu’est cette chose ? demanda Jonathan.



- Non, répondit simplement Harry. Je sais seulement qu’elle est très forte et pleine de ténèbres. Mais pour le reste, je ne sais rien.



- Même pas de l’endroit où elle a attaqu ? »



Harry hocha négativement de la tête. Non, il ne savait rien, et s’était bien ça qui le dérangeait. Si seulement il pouvait savoir... Soudain, il s’aperçut que Jonathan le regardait d’une manière bizarre, presque pensive et admirative. Encore...



« Mais pourquoi me regardes-tu ainsi ? » finit par s’énerver Harry.



Son collègue rougit et détourna la tête. Harry, lui, ne savait plus quoi penser. Ce type était vraiment bizarre.



« John, insista-t-il. Pourquoi me fixes-tu tout le temps ? »



Un tressaillement parcouru le professeur de potions.



« Je ne suis pas censé te le dire, dit-il d’une voix craintive.



- Me dire quoi ? » demanda Harry.



Le silence se fit de nouveau alors qu’Harry se relevait pour mieux observer son collègue qui refusait toujours obstinément de croiser son regard. Harry le scrutait, attendant. Carpiel semblait déchirer par un débat intérieur, mais soudain, il se tourna vers lui, une expression résolue sur le visage.



« Je sais tout ! s’écria-t-il. Je sais qui tu es, d’où tu viens et pourquoi. Je sais tout sur toi, Harry ! Je connais ton passé, ton présent et ton avenir ! Je sais tout, tu comprends ? »



SBAM ! Surprise générale ! A quel moment les autres enseignants allaient-ils débarquer en lui criant la même chose ? A quel moment Carpiel allait-il lui dire que tout ça n’était qu’une plaisanterie ? A quel moment avait-il compris... ?



« Je ne vois pas de quoi tu parles... dit Harry, tendu de la tête au pied.



- Pas à moi, Potter ! On ne trompe pas un ange ! »



Le bond que fit Harry était magistrale alors qu’une lumière dorée entourait son collègue dont les vêtements devinrent blancs alors que de grandes ailes blanches s’étendait dans son dos. Ses cheveux bruns étaient maintenant parcourus de mèches dorées alors que des points or se révélaient dans les yeux perçants de cet homme qu’il croyait banal... Soudain, la voix de Draco résonna dans la tête d’Harry, remontant à la visite qu’il lui avait fait il n’y avait pas si longtemps que ça...



« Rien ! C'est un ange ! Il sera tué en 1978. Par mon père d'ailleurs. »

Un ange... Non, mais quel abruti ce Malfoy ! Rien ! C’est un Ange ! Et tout ça comme s’il s’agissait d’une routine ! Harry serra les poings... Une heure avec Draco et il lui apprendrait à parler d’un sujet comme s’il s’agissait de la pluie et du beau temps !!



Harry dut attendre cinq minutes avant de calmer sa colère. Il était fatigué et ne pensait pas rationnellement... En premier lieu, analyser la situation. Carpiel était un ange. Ok, ça, il pouvait le croire. Qui ne le croirait pas en voyant un type avec des ailes émanant de lumière devant lui, d’ailleurs
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# Posté le mardi 03 août 2004 11:57
Modifié le jeudi 05 août 2004 09:10

Chapître 18

Chapître 18
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Books » Harry Potter » Futur et mésaventure text size: (+) : (-)

Author: Umbre77 1. Default Chapter2. Départ3. La rentrée scolaire4. Premiers cours5. L’ange gardien à la mèche blanche6. Frères d'armes et inquiétudes7. Jeux dangereux8. Action Réactions!9. Souvenir d'adolescence10. la fée des glaces11. Retour mouvementé12. L'école recommence13. Cadeau de StValentin14. Mobilisation15. Pères et fils16. Histoire Cachée17. Sur tes gardes18. SerpentSortia19. Chevalier20. Enfants d'une étoile21. Un cours pour rire22. Pion23. Plan Foireux selon Potter24. Note d’auteur25. Ce n’est qu’un au revoir Première partie

PG - French - General - Reviews: 669 - Published: 04-21-03 - Updated: 05-28-04 id:1314627


NdA : Ce chapitre est dédié à mes amies :

Aline (dit Pippin) pour son insistance quand à l’apparition d’un Dragon ;

Melissa : pour supporter mes bavardages incessant sur Harry Potter et sur ma fic ;

Titi : pour m’écouter lire certains de mes chaps alors qu’elle avait mieux à faire et ses compliments ;

A Laura : pour m’avoir inspiré certains personnages et leurs réactions...

Mais ce chap est aussi dédié A :

Ccilia : pour son aide et ces commentaires tordants !

A Leena : pour son humour, son aide, et ses commentaires !

A Deedlit : pour ces compliments !

A Petite_Elfe : pour ces encouragements.

A Tiffany : Pour ces compliments et son enthousiasme !

A Clem : pour son aide salutaire lors du moi de juillet !

A Hermione2005 : Pour ses compliments et commentaires !

Et enfin, A Marion_moune : Pour sa correction, son amitié et sa gentillesse !

Ce chapitre est important pour moi, car le premier jour ou j’ai commencé à écrire futur et mésaventure, G imaginé... Ce chapitre. Bonne lecture à tous ! ^-^





18 : Serpentsortia





« Ginny !, cria George, traversant vivement le couloir. Arrête de faire ton entêté et écoute-moi ! »



La jeune femme se retourna vivement vers son frère.



« Suffit, George. Tu n’as rien à me dire et mes problèmes de couple ne regardent que moi !



- Peut-être, oui, mais tu oublies que Harry est aussi mon ami et qu’en tant que tel j’ai... »



George ne put finir sa phrase. Un tremblement de terre puissant le fit tomber à terre, criant de surprise. Ginny s’agrippa rapidement à l’armure au près d’elle et parvint à rester sur ses pieds. Autour d’eux, les cadres tombaient, leurs occupants protestant vertement. Ginny fut alors heureuse que l’armure à laquelle elle s’agrippait soit fixée au sol. Lentement, le tremblement s’estompa et s’arrêta. Froissé, George se remit sur ses pieds.



« Mais qu’est-ce qui peut bien faire ça ? demanda-t-il, inquiet.



- Demande à Harry, répliqua froidement Ginny. Il doit savoir maintenant ! »



George leva les yeux d’un air désespéré tandis que Ginny se remettait à avancer parmi les objets qui étaient tombés.



« Tout le personnel de Poudlard est appelé dans la Salle des Professeurs immédiatement », fit soudain la voix de McGonagall.



Ginny leva les yeux au ciel, mais se remit à avancer. Entendant les pas de son frère derrière elle, elle se retourna, lui faisant face, ses yeux brillant de colère.



« Tu ne fais pas parti du personnel, George ? Retourne à mes appartements et n’en bouge pas. Veille sur les jumeaux. »



Le rouquin voulut protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps. Elle partit soudainement, le plantant là. Elle plantait beaucoup de gens, ces derniers temps... Ginny soupira. Elle n’avait pas envi de voir Harry à cette réunion... Mais il y serait, vu que tout le personnel était convoqué... Elle n’avait plus qu’à espérer qu’il ne lui ferait pas une scène devant tout le monde... Ou qu’elle n’en fasse pas une elle-même...



******************



Sirius haletait, le cœur battant la chamade. Qu’est-ce que c’était, ces horreurs ? Jamais il n’avait eu aussi peur. Il avait senti son sang se glacer tandis que son cœur se pétrifié de peur et que ses jambes flagellaient... Tout ça pour des Serpents... Mais ils étaient si grands ! Si effrayants ! Sirius réprima un frisson. Appuyé contre le "mur" d’une galerie, il tenta d’apaiser le rythme de sa respiration et prêta l’oreille. Ses cheveux se dressèrent sur sa nuque quand il entendit un sifflement émanant d’une galerie proche. Le cœur battant, Sirius se remit à courir aussi vite que possible, s’enfonçant de plus en plus dans les profondeurs de la terre.



******************



Ginny entra dans la salle des professeurs, tous se retournant vers elle. Surpris, ils regardèrent un long moment la porte qu’elle avait refermée sans un regard derrière elle.



« Quoi ? demanda-t-elle. Il y avait quelqu’un derrière moi ? »



Elle alla rapidement ouvrir la porte pour constater qu’il n’y avait personne. Elle la referma et fit face à ses collègues qui la regardèrent, une lueur de curiosité muette dans les yeux.



« Mais quoi ? s’emporta la rousse.



- Où est Harry ? » demanda Jonathan, à brûle pourpoint.



Ginny se tendit en regardant frénétiquement dans la pièce, espérant le voir apparaître en souriant. Leur dispute s’était déroulée une demi-heure avant. Il devait être l ! A moins qu’il n’ait pris la potion de rêve... La fureur s’empara d’elle. Il l’avait fait ! Qu’il aille en enfer !



« Je n’en ai pas la moindre idée et je m’en contrefiche ! » répondit-elle.



Bien que surpris, ils n’insistèrent pas. Le couple McDrell semblait en désaccord...



******************



« On va s’en sortir, haleta James, serrant la main de Lily. Faut juste courir. Courir et pas s’arrêter !



- Ça... ça sert à rien, gémit Lily, la respiration saccadée. Ils vont nous rattraper ! »



De puissants sifflements se firent entendre derrière eux, appuyant les dires de la jeune sorcière.



« James, pleura Lily. James, je ne veux pas mourir ! »



Le jeune Gryffondor se figea. Se retournant vivement, il scruta les yeux verts pleins de larmes et de peur.



« On ne va pas mourir, Lily chérie. On ne va pas mourir... »



Hésitant légèrement, il regarda derrière sa petite amie. Les sifflements se rapprochaient.



« Accroche-toi à moi, Lily. Et ne pose pas de question, on a pas le temps ! »



Bien qu’hésitante, Lily fit ce que James lui demandait. Celui-ci rit un peu en la voyant passer les bras autour de son cou.



« Par derrière, ma Lily. Je veux que tu te mettes derrière moi. En fait, il vaudrait mieux que tu montes sur mon dos. »



Bien qu’étonnée, Lily fit ce qu’il lui demandait. Elle eut un peu de mal à passer ses jambes autour de sa taille, mais elle se maintint du mieux qu’elle pouvait sans étrangler James. Et alors qu’elle envisageait seulement de lui demander pourquoi elle devait monter sur son dos, le corps de James se mit à se transformer...



******************



/Ce que je veux que vous fasssssssiez, mes agneaux ? Je veux que vous creusiez très profondément. Je veux que vous vous glissssiez sous le château. Et alors là... Je veux que vous remontiez. Et que vous entriez dans le château. Et alors là... Je veux que vous les tuiez tous !/



Le seigneur des ténèbres éclata de rire tandis qu’autour de lui, ses serpents sifflaient d’excitation. Sur un mouvement de la main de leur créateur, ils plongèrent dans la terre. Dix de leurs congénères étaient déjà à la tache depuis une semaine. Ils n’avaient plus qu’à espérer qu’il resterait suffisamment à manger pour vingt bouches supplémentaires !



******************



Elle respirait péniblement, les larmes roulant sur ses joues. Son cœur battait si vite qu’elle avait l’impression qu’il allait exploser. Effondrée à terre, elle n’arrivait plus à bouger. Où étaient ses amis ? S’étaient-ils fait manger ? Et les serpents ? Où étaient-ils ?? Kelly regarda frénétiquement autour d’elle, haletante. Il devait y avoir une solution. Tout ça n’était qu’un cauchemar. Mais ces serpents... Ces horribles serpents aux yeux jaunes. Elle avait senti son cœur s’arrêter quand son regard s’était posé sur eux. Pourquoi fallait-il que ça soit des serpents ? Pourquoi pas des Dragons (NdA : clin d’œil à Aline) ? Ou encore des araignées géantes ? Ou des cafards géants ? Mais il fallait que ça soit des... Des SERPENTS !! Et pourquoi était-elle l ? Pourquoi avait-il fallut qu’elle tombe dans ce trou avec ses amis ? (NdA : parce que l’auteur l’a voulu ? mdr)



Tout doucement, elle sentit sa respiration revenir à la normale. Elle les avait semés depuis un bon moment. Elle était en sécurité, maintenant. Mais il faisait si noir, dans ces galeries. Son cœur battit de nouveau très vite. Se relevant, Kelly n’eut pas le temps de se retourner... Quelque chose la saisit brusquement par derrière...



******************



Rose émit un gémissement plaintif. Ils étaient dans la merde. Vraiment dans la merde. Le serpent ouvrit sa grande gueule, révélant ses crocs blancs brillants. Bon, là, ils étaient...



« ... vraiment mal, murmura Remus, plaqué au mur à ses côtés. On est vraiment très, très mal...



- Remus, gémit Rose. Qu’est-ce qu’on fait ?



- On lui propose un apéritif », suggéra Remus.



Malgré elle, Rose éclata de rire. C’était plus un rire nerveux qu’autre chose, mais elle riait.



« Sérieux, Rem... On fait quoi ? »



Remus tourna vers elle un regard qui en disait long. Il n’en savait strictement rien !



******************



Lever la main... ? Il le pouvait. Bouger la tête ? Il le pouvait aussi. Les jambes ? Aussi. Il clignota des yeux, le plafond de ses appartements se révélant. Il avait une couverture sur lui. Un petit bruit sur le côté lui fit tourner la tête. Fred tenait doucement Abel contre lui. Le garçonnet émit un bruit ressemblant à un rire. Harry sourit à ce spectacle. Ils étaient vraiment mignons, là, à jouer ensemble. Plus mignon que ces horreurs aux yeux jaunes... Un frisson lui parcourut le dos. Les serpents. Et Lily et James qui étaient là-bas. Harry se leva vivement. Il devait y aller. Mais ses jambes ne répondirent pas à son appel. Entendant du bruit, Fred se retourna pour le voir tomber au moment où George entrait.



« Harry ! s’exclamèrent les deux frères, se précipitant vers lui.



- Ça va, dit Harry qui serrait les dents sous la douleur. Ça va, ne vous inquiétez pas.



- Tu es sûr ? insista George.



- Oui. Non ! cria Harry. Ça ne va pas du tout ! Je dois me dépêcher. Ils sont là-dessous avec les serpents. »



Désespéré, Harry se leva, mais ce fut pour retomber tout de suite en poussant un cri de douleur, une vague de souffrance se répandant dans ses genoux et dans ses cuisses.



« Harry ! s’exclama Fred, inquiet du comportement de son beau-frère. Arrête ! Tu vois bien que tu ne peux pas te lever ! »



Mais, titubant, Harry se releva et se mit à avancer.



« Je dois les sauver, dit-il, les traits tirés.



- Harry, fit George. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais dans l’état où tu es, c’est du suicide !



- Je dois les sauver ! Cria Harry, les bébés se mettant à pleurer face au comportement de leur père.



- Harry !, appela Fred, désespéré. Ne... »



Il ne put finir sa phrase. Bien que faible, Harry trouva la force de courir. La force de courir vers le danger. Vers ses parents, son parrain et Remus. Vers ceux qu’il aimait et qui étaient en danger. Il courut, sans penser qu’il serait lui aussi en danger, oublieux de l’ancienne mise en garde d’Hemred Tombétoile, le géant.



/Mais il n'y a pas que les géants, ami. IL a des créatures dangereuses à son service. Des créatures que vous ne pourrez peut-être pas combattre.



- De quoi parlez-vous ? demanda-t-il.



- Nous ne savons pas ce que sont exactement ses créatures. Nous savons juste qu'elles sont très puissantes. Moins que lui, mais, si jamais vous vous retrouvez face à elles... et qu'elles s'unissent contre vous... Vous mourrez.



- Ne pouvez-vous pas être plus précis ?



- Non. Nous ne les avons jamais vue ! Juste ressentie. Et croyez-moi, mieux vaut fuir en leur présence !/



******************



Calypso marchait depuis quelques minutes, seulement. Elle avait arrêté de courir dés qu’elle avait remarqué l’absence de reptiles rampant derrière elle. Mais qu’étaient donc ses horreurs ! Des serpents aussi grands ne pouvaient pas exister. Il y avait bien les basilics, mais ça... Calypso frissonna. La galerie dans laquelle elle marchait s’enfonçait profondément dans la terre et elle avait froid... La terre était froide autour d’elle. Et bien. Il ne valait mieux pas être claustrophobe... Elle eut un léger sourire à cette pensée. Claustrophobe... Dave était claustrophobe. Quand elle lui raconterait ça !



« Si je lui raconte », chuchota-t-elle.



Soudain, elle se figea. Du bruit devant elle. Il y avait quelqu’un qui marchait devant elle. Sur deux jambes. Bien sûr, elle se fichait du nombre de jambes, du moment que ça en avait et que ça ne rampait pas... ! Dirigeant le faisceau de lumière de sa baguette vers la bifurcation devant elle, Calypso sursauta.



Méconnaissable, les cheveux dans tous les sens, des blessures sur le visage et les vêtements déchirés, la jeune femme se tenait devant elle, telle un fantôme.



« Professeur De Vaart !! », s’exclama Calypso.



******************



Peter souffla en entrant dans le château. Vraiment, être un animagus rat était très utile ! Un rat pouvait se glisser n’importe où sans être vu. Un rat pouvait très facilement passer à travers les mailles de serpents grands de 10 mètres et affamés. Un rat pouvait fuir n’importe où et se glisser dans le trou le plus inattendu. Aussi s’était-il transformé le plus vite possible. Que fallait-il faire maintenant ?



Il jeta un œil en arrière. Il aurait du aller à la recherche de ses amis... Mais c’était dangereux. Trop dangereux. Même ses amis partiraient, sans doute... Et ils reviendraient avec du secours. Mais qui prévenir ? Les professeurs ? Et s’ils le prenaient pour un lâche ? Il voyait d’ici le regard méprisant de McDrell. Peter se renfrogna. Que devait-il faire ?



L’instinct du rat le renseigna de suite. Il devait aller se cacher quelque part. Là où il serait en sécurité. Et contre tout ! Satisfait de ce plan, Peter trottina à grandes pattes vers l’escalier de marbre. Mais au même moment, McDrell déboucha dans le couloir. Peter se cacha dans un recoin du mur. Son professeur de DCFM était blême. Ses longs cheveux noirs étaient plus ébouriffés que jamais tandis qu’il courait, baguette en main, vers la sortie de l’école. Soudain, McDrell s’arrêta. Rapidement, il tourna la tête, son regard émeraude sondant le couloir. Peter frissonna quand les deux yeux verts se posèrent sur lui... Et y restèrent. Mais il était un rat. McDrell ne pouvait pas le reconnaître ! Peter en fut secrètement soulagé. Pourtant, McDrell ne le lâchait pas des yeux. Peter frissonna et préféra partir. Il ne vit pas le regard méprisant et plein de haine de Harry.



******************



« Illusion ? Heu... Rem, tu crois vraiment que c’est une bonne idée ?



- T’en as une autre ? grogna le lycanthrope.



- Ben... non, renonça Rose.



- Alors a trois...



- Parce qu’on serra encore vivant, à trois ?



- Un... Deux... Trois !



- ILLUSIO ! » rugirent les deux adolescents d’une même voix.



Un rayon de lumière éclaira toute la galerie. Le Serpent fonça vers les deux jeunes Gryffondors, mais s’arrêta. Plus rien. Son déjeuner venait de disparaître ! Peut-être qu’il restait encore un peu des autres encas ? Sifflant et pestant, le serpent s’éloigna.



Serrés l’un contre l’autre, Remus et Rose regardèrent le reptile s’éloigner. Quand il fut hors de portée de voie, la jeune fille se tourna vers le loup-garou.



« T’es le meilleur, Remus ! »



Et elle l’embrassa doucement avant de se relever rapidement.



« Il faut retrouver les autres, dit Remus. Viens ! »



Et ils s’enfoncèrent dans la galerie, dans le sens inverse du serpent qui s’était fait prendre face à leur sortilège.



******************



James était un cerf... James venait de se transformer en cerf... Quoi de plus normal, après tout... Un petit ami animagus, c’est tout à fait courant. Oui, vraiment, un truc banal... Toutes les filles ont des petits copains animagi... Une bagatelle... Un truc commun...



Mais qui elle trompait ?



Cramponnée à James, Lily tremblait de la tête aux pieds. Ça n’était pas temps le fait qu’il soit un animagus. Ni le fait qu’il y ait deux serpents géants derrière eux ou qu’elle soit terrorisée. Non, ce qui la faisait trembler, c’était que monsieur venait de lui faire la plus belle peur de sa vie ! Enfin, si on omettait les horreurs rampantes à leur trousse... Voir son petit ami se transformer peu à peu en un animal alors que vous êtes cramponnées à son dos est sincèrement perturbant. Surtout après être tombé dans une faille et avoir fait face à des serpents géants...



« Tu aurais pu me le dire avant, souffla Lily dans l’oreille du cerf. J’ai cru que j’allai faire un arrêt de cœur. »



James soufflait difficilement, courant encore et encore dans les galeries. Et Lily continuait de lui parler. Elle ne savait même pas pourquoi... Sans doute juste pour lui signaler qu’elle était là. Qu’il n’était pas seul avec ses horribles serpents derrière lui ! U peut-être pour éviter d’avoir à y penser elle-même... Merlin, que c’était dur, parfois, d’être une sorcière...



« Fais-moi penser de demander à celui qui a dit que Poudlard était l’un des endroits les plus sûr au monde où il est aller chercher une ânerie pareille ! »



Pour seule réponse, James souffla un coup plus fort, continuant de courir, s’enfonçant dans des galeries, tournant, virant, tentant désespérément de semer ces horribles monstres bien décidés à les avoir pour déjeuner.



******************



Kelly poussa un cri perçant de terreur avant de remarquer que ce qui l’avait attrapé étaient des bras. Des bras avec un pull de laine noir ! Pivotant, elle fit face aux yeux rieurs de Sirius Black.



« Sirius ! s’exclama la jeune fille, lui sautant au coup. Tu m’as fait une peur bleue !



- Désolé, fit-il d’une manière indiquant clairement qu’il ne l’était pas. J’ai préféré t’attraper avant que tu ne files ailleurs ! »



Kelly ne put s’empêcher de rire, serrant Sirius contre elle, rassurée d’avoir trouvé un de ses amis.



« Tu sais où sont les autres ? demanda-t-elle.



- Pas la moindre idée. A vrai dire, je suis surpris de te retrouver... De quel endroit venais-tu ?



- De part là, répondit Kelly en montrant le côté opposé à celui où Sirius était arrivé.



- Donc, si on repart par-là, on a toutes les chances de retrouver la faille... !



- Ça se tient, dit Kelly, frissonnant soudainement. Mais on a aussi toutes les chances de retrouver... Les... Les serpents ! »



Sirius la sentit trembler fortement contre lui.



« Ça va aller ? demanda-t-il, attentionné.



- Oui, répondit doucement Kelly, se serrant plus étroitement encore dans les bras de Sirius. C’est juste les créatures que je déteste le plus. »



Sirius grimaça en l’entendant dire ça. Puis, tout doucement, il posa ses lèvres sur celle de la jeune fille qui, surprise, ne réagit pas.



« On va s’en sortir, dit-il doucement. Faut juste avoir confiance et rester silencieux. »



Kelly sourit doucement, les joues légèrement rougies.



« Oui, répondit-elle. Allons-y... »



Sirius frissonna. Où lui avait-on dit que les ‘Allons-y’ portaient malheur ?



******************



« Professeur De Vaart ? répéta Calypso interrogativement.



- Qu’est-ce... Qu’est-ce que vous faites l ? demanda la professeur d’une voix suraiguë.



- Nous sommes tombés dans un trou dans le sol lors d’un tremblement de terre », expliqua Calypso qui fixait son professeur avec inquiétude.



De Vaart blêmit encore plus.



« Nous ? fit-elle, la voix tremblante.



- Oui, fit Calypso. Les maraudeurs, Lily, Kelly, Rose et moi...



- Oh, mon dieu, dit la jeune femme en s’affalant à terre, tremblante. Où sont-ils ?



- Je... Je ne sais pas, dit doucement la cinquième année. On s’est fait poursuivre par des... des serpents. Et on s’est tous séparé...



- Oh, merlin... »



Calypso resta planté devant la jeune femme. Elle semblait réellement terrifié. Et il y avait de quoi, d’ailleurs... Les galeries grouillaient de serpents... Elle devait être là depuis longtemps aussi... Vu l’état de ses vêtements.



« Comment êtes-vous arrivé ici ? demanda finalement Calypso.



- Hier, dit simplement la professeur. Je suis... tombé aussi. »



Calypso fronça les sourcils. Une impression ou la professeur de botanique avait hésit ?



« Qu’est-ce que vous avez à la joue ? demanda Calypso craintivement.



- Une brûlure, répondit la professeur. Ces saletés ont la peau aussi brûlante que des fers rouges ! »



Calypso frissonna.



« Vous en avez rencontr ? Vous en avez... tu ?



- Tuer ? S’exclama De Vaart, la voix soudain haut perché. Il faudrait être un dieu pour réussir à tuer une de ses créatures ! C’est tout bonnement mission impossible ! »



Calypso sursauta quand elle entendit un bruit derrière elle.



« Professeur... dit-elle, terrifiée... Derrière nous... Quelque chose. »



Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase. Rapide comme l’éclair, Harry McDrell surgit des ténèbres, essoufflé.



« De Vaart ! s’exclama Harry, surpris. Mais qu’est-ce que vous faites l ! Tout le monde vous cherche depuis deux jours !



- Si j’avais eu la possibilité de sortir, je l’aurai fait, pesta le professeur de botanique. Mais avec ces horreurs, c’est plus facile à dire qu’à faire ! Et vous, d’ailleurs, comment êtes vous arrivé ici ?



- J’enquête sur les tremblements de terre. Miss Kerdens, dit Harry, avez-vous une petite idée de l’endroit où vos camarades ont pu trouver refuge ?



- Non, dit Calypso, alarmée en voyant que son professeur semblait terriblement nerveux. Je n’en sais rien.



- Il faut nous dépêcher, dit Harry. Nous devons les retrouver, mais d’abord, autant vous mettre en sécurité, dit-il, souriant doucement à Calypso. Acceptez-vous d’aller dans une de mes poches pendant que je cherche les autres ?



- D’aller... Dans une de vos poches ? » demanda Calypso, sceptique.



Le sourire d’Harry McDrell s’étendit d’une oreille à l’autre.



« C’est juste pour ne pas avoir à m’inquiéter de votre sécurité, expliqua-t-il. Je vais vous rétrécir et vous allez vous accrocher dans mes poches. Vous êtes d’accord ? » demanda-t-il.



Calypso sourit et hocha la tête. Elle avait une confiance totale en lui, et cela, depuis qu’il avait sauvé James des griffes des géants.



« Diminuo », dit Harry.



Tout de suite, Calypso se sentit rétrécir, le sol se rapprochant rapidement. Elle était maintenant de la taille d’une poupée... Elle vit le grand corps du professeur McDrell se pencher sur elle et la ramasser. Il la porta jusqu’à son visage et, murmurant pour ne pas la rendre sourde :



« Vous trouverez une corde dans ma poche. Attachez-vous la taille avec pour ne pas prendre de risque ! »



Calypso secoua frénétiquement la tête et entra dans la dites poche sur le devant du professeur McDrell. Elle s’attacha avec la ficelle qu’elle y trouva et se demanda vaguement où il avait pu trouver une idée aussi farfelue... (NdA : Dans la tête de l’auteur... mais que fait-on quand l’auteur ne sait pas ou elle est allée pêcher ça ?? O__o)



******************



Une bifurcation... Encore une... Et encore une... Toutes ces galeries se ressemblaient. Et aucune sortie, nul part. Mais aucuns serpents non plus, c’était déjà ça...



James commençait sérieusement à fatiguer. Lily n’était pas spécialement lourde, mais ça faisait un bout de temps qu’elle était sur son dos et qu’il courait. Si seulement ils pouvaient faire une pause... Mais les serpents qu’ils avaient réussi à semer ne devaient pas être loin, même si James ne les entendait plus depuis longtemps... En fait, il n’entendait plus rien. Même Lily s’était tue... Essoufflé, il finit par s’arrêter. De suite, Lily sauta à terre.



« James, dit-elle. Arrête, tu dois te reposer. Reprends ta vraie forme. »



Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et se transforma. Haletant, il se laissa tombé au sol. Lily s’agenouilla près de lui, passant doucement sa main sur son front, essuyant la sueur.



« Ils... ne... Ils ne sont plus derrière nous, dit péniblement James.



- Je sais, dit Lily. Et je n’aime pas ça. C’est beaucoup trop calme... »



James hocha doucement la tête, puis ferma les yeux, s’appuyant contre Lily. Merlin, qu’il était fatigué. Sirius et lui avaient passé la veille à essayer d’aller trouver les fameux Fred et George les Facétieux, mais ils avaient lamentablement échoué. La cape d’invisibilité, restée dans le dortoir, les aurait aidés, ça ne faisait aucun doute, mais ils ne l’avaient pas prise...



« C’est bizarre, dit doucement James en serrant plus étroitement Lily contre lui. L’année dernière, j’aurai donné ma peau pour aller voir les frères Facétieux... Maintenant, je donnerai toutes mes rencontres possibles avec des personnes célèbres pour pouvoir m’en sortir vivant. »



Lily ricana et appuya sa tête sur son épaule.



« On va s’en sortir, dit James, la sentant trembler contre lui. On va s’en sortir, sinon, Harry ne serait pas là... »



A cette phrase, elle redressa doucement la tête, l’air rassurée.



« Tu as raison, oui... J’aurai du moi-même y penser plus tôt ! »



James lui fit un clin d’œil amusé et déposa un baiser sur le bout de son nez.



« Faut dire que penser que l’on va sortir vivant d’un nid de serpents géants parce qu’on sait qu’on va avoir un fils que l’on a rencontré, c’est un peu bizarre, dit James, faisant rire Lily.



- Oui, tu as raison... C’est vraiment pas banale, comme situation. »



James rit à son tour, amusé.



« Je pense qu’on devrait... »



Il ne put finir sa phrase, surgissant de nul part, Harry sortit des ténèbres du tunnel, suivit par un professeur De Vaart en mauvais état.



« Harry ! s’exclama Lily se levant rapidement pour finir dans les bras de son fils.



- Oh, merci mon dieu, dit Harry, serrant fortement Lily. Je n’ai jamais eu aussi peur qu’en vous sachant ici.



- Mais comment l’as-tu su ? demanda James, se levant à son tour pour être étreint par son fils.



- C’est une longue histoire et nous n’avons pas le temps de la raconter, dit Harry. Il faut aller chercher les autres et les mettre en sécurité aussi.



- Tu n’as encore vu personne d’autre ? demanda Lily qui jeta un regard au professeur De Vaart qui restait en arrière.



- Si, répondit Harry, mettant sa main dans la poche de devant de sa robe et en sortant...



- Calypso !! » s’exclama Lily, regarda son amie rétrécie.



Celle-ci affichait un grand sourire et lui fit de grands signes de la main. Elle était visiblement très contente de les voir.



« Je vais devoir vous rétrécir aussi, dit précipitamment Harry.



- Pourquoi ? demanda James, fronçant les sourcils en remarquant la fatigue de son fils.



- Vous serrez plus facile à protéger comme ça, dit Harry. De part votre taille, je veux dire. »



Bien que peu rassuré à l’idée de finir de la taille d’un dés, James et Lily hochèrent la tête. Ils n’eurent même pas le temps d’entendre distinctement le sort qu’ils étaient déjà à trois centimètres du sol.



« La vache », dit la petite Lily.



Ebahit, James se contenta de hocher la tête. La main d’Harry vint se placer devant eux et ils se hâtèrent d’y monter. James, tout comme Lily, s’accrocha au pouce de son fils. Bien vite, ils furent placés dans la poche où ils retrouvèrent Calypso.



« Lily ! James ! s’exclama la jeune fille. Je suis si contente de savoir que vous n’avez rien ! »



Elle s’empressa de serrer Lily dans ses bras qui répondit gaiement à son étreinte. James, lui, ne prêta même pas attention à elle. L’oreille tendue, il écoutait un bruit sourd et étrange. C’était une sorte de Boum rapide, très rapide, et régulier...



« Il faut s’attacha à cette ficelle, disait Calypso. Au cas où il remuerait trop... Merlin sait ce qu’il peut arriver, après tout. »



Lily s’attache, parlant avec joie avec Cal... James, lui, écoutait toujours ce bruit étrange et répété.



« James, dit Lily en quittant sa meilleure amie des yeux. Il faut t’attacher...



- Cal ? demanda James. C’est quoi, ce boum qu’on entend ? »



Le visage de la jeune fille devint grave tandis qu’elle regardait vers le haut de la poche. Harry se mit soudainement en mouvement, et ils durent se tenir à sa poche tandis que Lily nouait rapidement un bout de la corde (autre fois ficelle) autour de la taille de James.



« Cal ? redemanda James, les sourcils froncés. C’est quoi ce boum-boum ? »



Calypso le regarda alors dans les yeux, son regard noir empreint de gravité.



« C’est son cœur, James. C’est les battements du cœur de Harry... »



******************



Le noir autour d’eux semblait de plus en plus oppressant. Marchant doucement, l’oreille tendue, Sirius et Kelly ne voyaient même plus où ils mettaient les pieds. Etrangement, Sirius commençait à se sentir mal. Ils n’avaient croisé aucun serpent et il trouvait cela de plus en plus bizarre.



« Tu crois que les autres vont bien ? demanda Kelly, brisant le silence.



- Je l’espère, répondit Sirius, chuchotant. Connaissant James, il a dût trouver un endroit sûr très rapidement. Remus, avec ses sens de Lycanthrope, ne devrait pas avoir de mal... Je les connais assez bien pour savoir qu’ils se sont débrouillé pour se retrouver avec leurs petites amies respectives... Mais pour ce qui est de Peter et Calypso, je n’en sais rien... »



Kelly, cramponnée à son bras, se contenta de secouer légèrement la tête. Sirius pouvait très bien sentir le souffle précipité de la jeune fille et les tremblements de ses mains... Soucieux, il finit par arrêter de marcher pour se tourner vers elle.



« Ça va aller ? demanda-t-il.



- Oui, répondit Kelly, souriant doucement. J’ai juste un peu peur, mais ça devrait aller... »



Sirius lui sourit à son tour pour finir par faire face au chemin qu’ils suivaient depuis déjà quinze minutes. Soudain, il figea. Devant eux se tenait une bifurcation. Le chemin de droite semblait monter tandis que celui de gauche descendait très nettement.



« De quel côté es-tu venue ? demanda Sirius, les sourcils froncés.



- Heu... Je crois qu’il s’agissait de celui de gauche, répondit Kelly, perplexe.



- Tu crois ? demanda Sirius, l’air de plus en plus inquiet tandis qu’il tendait l’oreille, tentant de réentendre le sifflement qu’il avait cru percevoir quelques secondes avant.



- J’en suis sûre ! » répondit Kelly avec joie et confiance.



Et avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, Kelly s’avança dans la bifurcation de gauche.



« Kelly ! commença Sirius, la suivant rapidement. Attends ! Je ne pense pas que ça soit par...



- AAAAAAARRRRRGHHHHHHHHHHHHHH ! »



******************(NdA : Moi ? Sadique de m’arrêter l ? où avez-vous vu ça... ?)



« AAAAAAARRRRRGHHHHHHHHHHHHHH ! »



Remus et Rose, main dans la main, sursautèrent violemment en entendant le hurlement de Kelly.



« Mon Dieu, haleta Rose. Kelly... »



Ils échangèrent un regard, hochèrent la tête et se mirent à courir vers l’endroit où leur amie semblait se trouver.



******************



« AAAAAAARRRRRGHHHHHHHHHHHHHH ! »



Harry et Katia relevèrent la tête du sol qu’ils étaient en train d’étudier et où les empreintes fraîches de deux adolescents étaient nettement visibles.



« Kelly Parledel, gémit Harry, comprenant l’urgence de la situation. Connaissez-vous le sortilège de rapidit ? Celui consistant à vous donner rapidité et agilit ?



- Non, répondit Katia d’une voix blanche. Mais ne m’attendez pas et partez les sauver... Il semblerait qu’ils aient plus de problèmes que moi. Je vous suivrai de près. »



Hésitant, Harry regarda de tous les côtés, sentant son cœur battre de plus en plus vite. Finalement, il hocha la tête et sans même prononcer le moindre sortilège, partit rapidement dans un flash de lumière dorée.



******************



« AAAAAAARRRRRGHHHHHHHHHHHHHH !



- KELLYYYYYYYYYYYY ! » hurla Sirius.



Il s’empressa d’attraper la main de son amie. Terrifiée, elle tentait vainement de remonter du trou dans lequel elle pendait, seulement maintenue par les mains glissantes de Sirius.



« Sirius, pleura-t-elle. Sirius, aide-moi ! »



Haletant, le jeune homme sentait son visage devenir rouge sous l’effort. En dessous de Kelly, des sifflements frénétiques se faisaient entendre.



« Courage, Kelly, souffla Sirius entre ses dents. Je vais... te remonter... Agrippe-toi ! »



La jeune fille le faisait déjà depuis le début, mais étrangement, à ses paroles, l’étreinte de ses mains se fit plus forte.



« Je glisse, gémit-elle, désespérée.



- Mais, non, dit Sirius. C’est... C’est une impression. Je te tiens, Kelly. Je te tiens et je ne te lâcherais pas... »



Le visage rouge, ruisselant de sueur, Sirius sentait lui aussi ses mains glisser péniblement. Une larme de désespoir s’échappa de son œil et tomba sur le visage terrifié de Kelly. Les sifflements en bas étaient de plus en plus bruyant.



« Je t’aime, Sirius, dit soudainement Kelly. Je t’aime, tu sais ? »



Ses mots le bloquèrent. Tremblant, il regarda Kelly qui lui fit un sourire serein, triste et vide.



« Non, ragea l’animagus. Non, non, non, non, non, non, NON ! »



Il tira plus fort Kelly vers lui et la jeune fille parvint à poser un pied en dehors du trou.



« Vas-y Kelly, glapit Sirius, les yeux rougit, les veines de son cou ressortant sur sa peau rouge. Tu peux y arriver ! »



Ses derniers mots s’étaient dit dans un cri tandis qu’il donnait ses dernières forces en la tirant. Kelly fut alors soulevée du trou à moitié, mais leurs mains glissaient. Alors que Sirius affichait déjà un sourire vainqueur, il constata avec horreur que son amie lui échappait. Sirius se jeta au sol pour la rattraper, mais c’était trop tard, elle était hors de portée. Sans qu’il ne puisse rien faire, Sirius, couché au sol, un bras dans le vide, les yeux écarquillés, regarda Kelly tomber, les ténèbres l’engloutissant impitoyablement.



Elle disparut dans les ténèbres, poussant un cri de désespoir. De plus bas encore, vinrent des sifflements frénétiques alors que les larmes de Sirius coulaient dans le trou où Kelly était tombée. Des claquements de mâchoires résonnèrent dans les ténèbres de la galerie verticale, les hurlements de souffrance de la jeune fille se répercutant sur chaque galerie, à chaque coin...



Non loin de là, Remus et Rose se figèrent, tremblant de terreur et de douleur alors qu’ils comprenaient ces cris.



Harry, fonçant, toujours aussi vite que possible, sentit des larmes coulées le long de son visage tandis que dans sa poche, Lily, en pleure, les mains sur ses oreilles pour empêcher la voie de Kelly de se marquer à jamais dans sa mémoire, avait trouvé refuge dans les bras de James qui était blême. Calypso, elle, serrait son poignet frénétiquement contre elle. Ballottée d’un côté à l’autre de la poche, elle fixait un petit bracelet d’argent, offert à Noël par Kelly. Le bracelet de l’amitié.



Alors, ce fut le silence. Les hurlements de Kelly cessèrent brusquement. Seul les pleures se faisaient encore entendre. Ceux de Rose, Calypso, Lily, Remus, James et Harry. Car Sirius ne pleurait pas. Ou s’il pleurait, il ne sentait pas ses larmes. Il se contentait de fixer sa main pendante dans les ténèbres où Kelly était tombée et d’où d’étrange bruit et sifflements montaient encore...



Et le silence des galeries souterraines fut de nouveau brisé. Mais ça ne fut pas par des cris de douleurs, hurlements de souffrance, ou sifflement frénétique. Non, ce qui brisa le silence pesant, ce fut un autre hurlement. Un cri perçant de rage, de colère, de douleur, de tristesse infinie. Le cri du cœur brisé de Sirius... Lui aussi résonna dans tout le monde souterrain, éveillant par la même occasion une présence endormie depuis longtemps en dessous de Poudlard, ses yeux de feu brillant de colère. Quelqu’un avait profané son sanctuaire. Quelqu’un avait osé creuser sous son château. Quelqu’un avait fait du mal à l’un des habitants de ce lieu de haute magie dont il était le gardien. Il se leva, la terre qui le recouvrait glissant sur ses écailles, sa langue reptilienne passant sur ses longues dents blanches. Il ne faut pas chatouiller un dragon qui dort...



******************



Harry sentit nettement le tremblement de terre. Mais contrairement au précédent, il n’eut pas mal à sa cicatrice. Il en ressentit au contraire un grand soulagement, son aura qui brillait faiblement explosant en puissance et en intensité, sa magie semblant réagir à quelque chose sous lui. Harry ne savait pas ce que c’était, mais c’était puissant. Puissant et bénéfique.



Le tremblement sembla diminuer en intensité, mais Harry sentait nettement une présence en dessous. Une présence bouillante de colère. Tout à coup, sans prévenir, tout s’arrêta. Plus la moindre secousse, plus de présence. Tout semblait avoir disparu. L’atmosphère semblait pourtant plus lourde, comme à l’attente de quelque chose de bien précis. Mais Harry n’avait pas le temps d’attendre. Il recommença à foncer, baissant la tête, fendant l’air, la poussière et la terre qui flottait encore depuis le tremblement de terre. Il ne lui fallut pas longtemps avant d’arriver face à la bifurcation où Sirius et Kelly avaient hésité. Regardant vers la gauche, il le vit. Et cela lui brisa le cœur.



Sirius était toujours couché à terre. Des larmes roulaient sur ses joues sales tandis qu’il fixait le trou où Kelly était tombé, désespéré.



« Sirius ? » demanda Harry, s’approchant lentement.



Mais le Gryffondor ne réagit même pas, son regard perdu dans les ténèbres maintenant silencieux. Il ne faisait plus aucun bruit, ne criait plus, ne parlait plus. Même ses pleurs étaient silencieux.



« Sirius, appela de nouveau Harry. Sirius, venez. S’il vous plaît, Sirius. »



Toujours aucune réaction. Harry commença sérieusement à s’inquiéter. Il n’avait jamais vu son parrain aussi vide, même lorsqu’il venait de sortir d’Azkaban.



« Sirius, tenta de nouveau Harry, décidant de parler à son parrain comme lui-même l’avait déjà fait. Bonhomme, dit-il doucement, s’accroupissant près de lui et attrapant son bras qui pendait encore dans le vide. Sirius, il faut venir, mon bonhomme. Il faut sortir d’ici, allez. »



La seule réaction de Sirius fut un halètement de désespoir. Mais c’était déjà mieux que le silence dans lequel il avait semblé plonger.



« Viens bonhomme, continuait Harry en le tirant vers lui. Viens là. »



Les pleures de Sirius s’accentuèrent tandis qu’il passait ses bras autour du cou de Harry qui le serra très fort. Lui-même pleurait, sans s’en rendre compte. Il pleurait pour Kelly, pleurait pour Sirius. Jamais il n’avait cru que son parrain avait souffert de la perte de son premier amour. Certes, il savait que Kelly était morte, tout comme Rose, mais il ne savait pas comment s’était arrivé. Même Draco l’ignorait... Et Remus ne lui en avait jamais parlé, de même que Sirius, ce qui était compréhensible...



« Chut, souffla Harry, assis à terre avec Sirius sur ses genoux. C’est fini, maintenant, dit-il en berçant son parrain. C’est fini... »



C’es deux mots avaient tant de sens... Harry savait qu’il faisait du mal à son parrain en lui disant ça, mais il n’avait pas le choix. C’était fini. Finit de Kelly, finit de leurs deux rires résonnant dans les couloirs, de leurs mains entrelacées alors qu’ils se rendaient dans la Grande Salle. Finit de leurs plaisanteries, de leurs yeux étincelant de joie plongées dans le regard de l’autre. Finit...



« Ça... Ça n’est... pas juste, pleura Sirius contre son épaule. Elle ne le méritait pas. Ça aurait du être moi. J’aurai du la retenir ou passer devant. J’aurai du...



- Chut, Sirius, tu te fais du mal, dit doucement Harry, caressant la tête noire de son parrain.



- Elle avait peur des serpents, gémit le jeune garçon. C’était sa plus grande peur... »



Harry souffla en fermant les yeux. Oui, c’était la plus grande peur de Kelly Parledel. Il se souvenait encore très bien des cris qu’elle poussait en voyant Kaïs, le petit reptile qu’Harry avait adopté... Il avait tout fait pour qu’elle s’y habitue, mais Kelly était un cas désespéré... Et elle s’était fait tuer par les animaux qu’elle craignait le plus... Quel mort pouvait être plus horrible... ?



Des pas précipités lui firent redresser la tête. Sirius, lui, ne s’en préoccupa même pas. Blottit contre Harry, il pleurait, tout simplement. Harry fut grandement soulagé en voyant apparaître Remus et Rose. Légèrement essoufflé, leur visage ruisselant de larmes, ils regardèrent avec tristesse Sirius. Harry soupira avant de poser doucement sa main sur la tête de son parrain et de murmurer discrètement un sortilège de sommeil. L’étreinte des bras de Sirius se desserra brusquement alors qu’il plongeait dans le pays des rêves.



« Vous allez bien tous les deux ? » demanda rapidement Harry.



Ils hochèrent gravement la tête, ils regardaient Sirius avec gravité.



« Ke... Kelly ? » demanda Rose avec crainte.



Harry hocha gravement la tête, la Gryffondor fondant en larmes.



« Il faut retrouver les autres, dit Remus, inquiet.



- Ne vous inquiétez pas pour eux, M. Lupin. Ils sont tous ici.



- Ici ? demanda Remus, regardant à gauche et à droite. Mais o ? »



Le sourire d’Harry s’étendit tandis qu’il portait la main à sa poche et qu’il la tendait vers Remus, paume vers le haut, trois petites personnes au centre. La tête qu’affichait Remus était à ne pas rater.



« Mais, dit-il, ébahit. Mais... C’est... C’est James ! Et Lily ! Et Cal !! »



Harry ne put s’empêcher de rire tandis qu’il reposait les trois adolescents au sol, leur lançant par la même occasion le sortilège de grandissement.



« Rem ! s’exclama James, très heureux de retrouver un de ses meilleurs amis. Vous allez bien, tous les deux ? s’enquit-il en regardant Rose qui avait trouvé refuge dans les bras de Lily et Calypso.



- Oui... Mais Sirius... »



James se retourna alors vers Harry qui tenait maintenant un Sirius profondément endormi dans ses bras. Il s’approcha de son meilleur ami et prit sa main pour la serrer très fort.



« Il se remettra, dit Harry, pensivement. Mais ça prendra du temps et il aura besoin de vous... »



James se contenta de hocher la tête. Harry souffla, jetant un regard aux adolescents débraillé se tenant devant lui. Ils étaient tous couverts de terre et leur cheveux étaient dans un état pas possible. Dans d’autres circonstances, Harry aurait trouvé ça hilarant... Mais là...



« Bon, souffla Harry. Il faut nous dépêcher. La sortie n’est pas loin et les Serpents non plus... Venez !



- Et Peter ? demanda Remus. Harry se figea alors qu’il entrait dans la bifurcation de droite.



- Il est déjà sortit », répondit simplement Harry.



Le ton froid qu’il avait employé persuada les adolescents que lui poser d’autres questions n’était pas une idée très judicieuse. Ils le suivirent donc dans un silence relatif, regardant leur professeur marcher devant eux, droit comme un I, Sirius dans les bras.



James, pourtant, s’inquiétait horriblement. Il avait encore en tête les battements du cœur de son fils. Il battait beaucoup trop vite pour que ça soit normal... Jamais James n’avait entendu des battements si rapide, si irréguliers... Il se faisait beaucoup de soucis pour un fils qu’il ne connaissait pas vraiment. Mais c’était tout de même son fils. Décidé, il le rejoignit.



« Tu vas bien ? lui chuchota-t-il, le faisant sursauter.



- Oui, répondit Harry, lui accordant un rapide coup d’œil. Juste un peu fatigué et inquiet.



- On est bientôt arrivé à la sortie, dit James d’un ton rassurant.



- Ça ne m’empêchera pas d’être inquiet, chuchota Harry.



- Comment ça ?



- J’ai entendu les sifflements de ces serpents... Ils sont plus nombreux qu’une dizaine, informa Harry. Mais il n’y a pas que ça... Je ne sais pas si vous l’avez senti, dans ma poche, mais il y a eu un autre tremblement de terre... Et ça n’était pas les monstres de Voldemort... C’était autre chose... Quelque chose de plus gros...



- Un autre monstre ? proposa James.



- Non... répondit Harry, pensif. Cette chose n’était pas mauvaise... »



James ne fit aucun commentaire, réfléchissant sur ce qui pouvait bien être gros et bénéfique tout en faisant trembler la terre, comme les serpents. Une lumière, face à lui, lui fit perdre ses pensées. Levant les yeux, il fut ravi de constater que la dite lumière n’était autre qu’un rayon de soleil venant de l’entrée des galeries. Il laissa échapper un cri de joie, bien vite imité par ses camarades. Harry, lui-même, souriait de soulagement.



Aidés par Harry, ils sortirent tour à tour. James dut prendre Sirius par les épaules tandis que Remus s’occupait des pieds pour sortir, alors que Harry veillait à ce qu’ils ne glissent pas. Bien vite, ils furent tous dehors, à l’air libre. Pourtant, ils demeurèrent silencieux alors qu’ils regardaient la faille où Kelly avait disparue... A jamais.



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# Posté le mardi 03 août 2004 11:56
Modifié le jeudi 05 août 2004 09:14

Chapître 19

Chapître 19
19 : Chevalier





Des gazouillements joyeux résonnèrent dans la pièce. Assise dans un fauteuil, une couverture sur les genoux, Ginny regardait Hermione jouer avec Marion. La petite fille, ses cheveux roux encore court, semblait s’amuser énormément, riant aux grimaces de sa mère. Ginny ne put s’empêcher de penser qu’un élève quelconque croirait rêver en voyant la nouvelle directrice des Gryffondors et professeur de métamorphose faire des grimaces à un bébé. La réputation d’Hermione au sein de l’école égalait celle de McGonagall...



Ginny sourit rêveusement en repensant à son Harry faisant la même chose à Abel et Théo. Mais de suite, cette pensée fit naître en elle une douleur qu’elle aurait préféré ignorer. Hermione, qui la surveillait du coin de l’œil, le remarqua et se leva, une Marion en pleine forme dans les bras, pour venir s’asseoir auprès de sa belle-sœur.



« Ginny, dit doucement Hermione. Tu sais qu’en temps normal, je suis de ton côté...



- Mais là, tu es de celui de Harry... »



Hermione grimaça et détourna la tête, hésitante.



« Je ne dis pas que je suis de son côté... Mais... Je dois avouer... je dois bien avouer qu’il a raison. »



Ginny sursauta, les yeux écarquillés de surprise.



« Raison ? haleta-t-elle péniblement. Mais enfin, Hermione...



- Je sais, coupa la brune. Je sais qu’il met sans cesse sa vie en danger, je sais qu’il peut sembler être irresponsable, mais Ginny, réfléchit ! Harry n’a pas que la responsabilité de veiller sur vous. Du moins pas dans le pass ! Là-bas, il a la responsabilité de sa famille, de ses élèves et du futur en général ! Chacune de ces actions est capitale... Aux moindres problèmes, c’est le futur qui peut être modifié.



- Mais on ne sait même pas comment il doit agir..., explosa la rouquine, s’en s’apercevoir qu’elle venait de dire la même chose à Hermione qu’à Harry.



- Non, c’est vrai, concéda calmement Hermione. Mais s’il y a une chose de sûr avec les voyages dans le temps, c’est qu’il vaut mieux faire confiance à son instinct ! Et tu sais aussi bien que moi que l’instinct de Harry, c’est la protection de ses élèves !



- Et bien il ne devrait pas avoir cet instinct ! Je croyais que la naissance d’Abel et de Théo aiderait à le calmer...



- Là n’est pas le problème, Ginny. S’il était dans notre époque, peut-être qu’il serait plus responsable, plus calme... Mais là, il est dans le passé. Là où chaque action a une répercussion... Imagine une seconde que les parents de Harry se mettent en danger. Imagine que Harry doit les sauver, mais qu’il ne le fait pas, parce qu’il veut se montrer responsable. Il va ainsi contre son instinct. Et l’un des deux futurs parents pourrait mourir ! Et alors là, il n’y aurait pas de Harry. Voldemort vivrait et qui sait ce qu’il se passerait ! »



Les yeux de Ginny s’écarquillèrent d’horreur quand la situation qu’Hermione essayait de lui expliquer lui apparut. Un cri d’horreur lui échappa, sa main se plaquant sur sa bouche.



« Tu comprends ? Demanda inutilement Hermione. Harry ne sait pas comment agir, alors il suit son instinct. Et c’est la meilleure chose à faire. Ce que tu lui as demandé... La réponse était courue d’avance et si jamais il a des ennuis... »



Hermione préféra se taire, se rendant compte que ce qu’elle allait dire ne ferait qu’empirer l’horreur dans lequel Ginny venait de plonger. Mais la jeune aide infirmière y était déjà jusqu’au cou ! S’il avait des ennuis... Si le désespoir le gagnait... S’il était à bout de force... Ou puiserait-il le courage de s’en sortir ? Pas dans son amour. Il se croirait seul... Seul à se battre... Bien sûr, il l’était à chaque fois, mais combien de fois n’avait-il pas dit à Ginny que de la savoir en sécurité, l’attendant, lui donnait la force de se battre et de s’en sortir ?



« Mon dieu ! Cria Ginny, se levant d’un bond. Je n’aurai jamais du lui dire tout ça, et encore moins le quitter ! Si il lui arrive quelque chose... »



Elle s’était mise à trembler et parlait avec précipitation, ses yeux brillant de confusion et de terreur. Harry devait avoir des ennuis ! Il devait en avoir, vu les tremblements de terre... Quand elle était partie, il y en avait eu un autre. Plus fort que toutes les secousses précédentes, encore... Elle était rentrée dans ses appartements pour y trouver Fred et George, seuls avec les jumeaux. Elle s’était donc dit que Harry devait être dans sa chambre, en train de rêver... Mais s’il n’y était pas ? S’il était avec cette chose qui faisait trembler la terre ?



Elle s’effondra alors, en proie à une panique écrasante. Inquiète, Hermione s’empressa de déposer Marion dans le berceau non loin de là. Le bébé ne fut pas très content d’être abandonné par sa mère, mais elle resta calme, trouvant sa peluche très amusante et divertissante.



« Ginny, dit calmement Hermione en la prenant dans ses bras. Calme-toi ! Je suis sûre qu’il va bien et qu’il est en sécurité. Peut-être même dort-il toujours...



- Mais si ça n’est pas le cas ? Pleura Ginny. S’il est en danger ? S’il est avec cette chose qui fait trembler la terre ? Et qu’il doit se battre ? Oh, mon dieu ! Hermione, Harry n’en aura pas la force. Pas s’il se sent seul... Et il n’a pas dormi la nuit dernière. Et la nuit d’ avant, il n’a fermé l’œil que trois heures... Et... Mon Dieu ! La potion de rêves a du lui prendre ses dernières forces ! Cela l’a toujours épuis ! Il ne pourra pas se battre !



- Ginny ! Cria Hermione avec autorité, les sourcils froncés. Arrête ça ! Tu n’iras nul part avec ce genre de raisonnement. Harry n’a peut-être aucun problème !



- Si, il en a ! S’affola la jeune femme. Il en a toujours ! »



Hermione faillit lui dire que c’était vrai, mais elle savait que ça n’était pas la bonne chose à faire. Elle devait calmer Ginny. Mais comment pouvait-elle le faire en sachant que son meilleur ami, qu’elle considérait comme un frère, était peut-être en danger de mort ? Car Ginny avait raison. Connaissant Harry, il n’était pas resté les bras croisés... Et si en plus de ça, il avait prit une potion de rêves, il devait être dans une situation très critique. Cette potion prenait beaucoup d’énergie magique... Sans compter qu’elle épuisait aussi son preneur physiquement. Il était déjà arrivé à Harry qu’il ne sache plus se lever, ni même bouger le moindre membre... Une fois, il avait tiré sur la corde. Il s’était levé et avait couru jusqu’au bureau de Dumbledore pour prévenir le directeur d’une attaque... Cette effort, le jeune homme l’avait payé. Il avait carrément fait un arrêt de cœur quand il avait délivré son message... Comme s’il avait canalisé toute son énergie pour ce qu’il trouvait important avant de lâcher prise, de se laisser aller... Et il avait été réanimé juste à temps...



« Merlin, faite qu’il ait au moins prit une potion de régénération avant de partir... »



Et elle entreprit de calmer Ginny de la façon la plus rapide et radicale qui soit... Elle lui donna une gifle !



******************



Aucuns ne parlaient. Aucuns n’en avaient la force. Ils fixaient simplement le trou, les yeux vident de toutes expressions. Une bourrasque de vent réveilla Harry qui secoua la tête brusquement. Les élèves devaient rentrer se mettre à l’abri. Certains avaient aussi besoin d’un passage à l’infirmerie. Notamment Sirius. Mme Pomfresh ne pourrait pas réparer son cœur, mais elle pourrait le surveiller mieux que ses amis.



Il se tourna vers les six adolescents dont cinq le regardèrent en même temps. Harry souffla en fixant leurs yeux rougis, certains pleurant encore. Lily était toujours dans les bars de James qui la serrait aussi fort que possible. Rose aussi avait trouvé refuge dans les bras de Remus. Elle avait enfouit son visage dans le cou du lycanthrope, pleurant à chaudes larmes. Elle serrait son chemisier à l’endroit du cœur... Harry frissonna. Rose avait le cœur très fragile... Trop, d’ailleurs. Elle ne survivrait pas à la mort de Lily et James... Une blessure de trop pour un cœur de cristal...



Harry se secoua. Il ne devait pas penser à ça, cela ne mènerait à rien ! Il devait avant tout réfléchir à la situation présente... Des Serpents, en grand nombre, passaient leur temps à secouer les fondations de l’école. La question était : qu’avaient-ils à y gagner ? Absolument rien... Si ce n’est à faire trembler l’école... Et à passer les barrières de protections sans difficulté et sans se faire détecter ! Harry se tourna vivement vers le trou. Bien sûr ! Il n’avait pas vu De Vaart sur la carte parce qu’elle était sous terre. Il ne pouvait donc pas voir les serpents non plus. Mais pire que ça, personne ne pouvait les voir ni les sentir. Car la terre couvrait tout. Les seuls moments où Harry pouvait les percevoir, c’était quand les monstres étaient trop proches de l’école... Ou quand ils s’y attaquaient ! En allant par en dessous ! C’était la ruse la plus incroyable que Voldemort ait pu concocter de sa carrière, mais aussi la plus ingénieuse ! Harry jura. Il allait devoir redescendre et régler ça...



A peine eut-il pensé cela qu’il ressentit une faiblesse désagréable dans les jambes. Ses bras se firent lourds et douloureux tandis que ses paupières papillonnaient pour rester ouverte. Son corps semblait fait de douleur et de fatigue. Vacillant, Harry se rattrapa de justesse à l’épaule de James qui était le plus prêt.



« Ça va ? » S’inquiéta le Gryffondor.



Harry se contenta de hocher la tête. Parler lui semblait trop dur pour l’instant et son cœur semblait être monté dans sa gorge. Tout son corps vibrait au battement de son cœur beaucoup trop rapide au goût du jeune homme.



« Harry ? Appela Lily dont l’inquiétude avait partiellement effacé son chagrin pour Kelly.



- Ça... ça va, répondit Harry, se redressant courageusement, ses jambes tremblant fortement. Je... ça va aller...



- Tu es sûr ? S’inquiéta James qui avait passé un bras derrière le dos de son fils.



- Oui, dit Harry avec plus d’assurance. Pouvez-vous amener M. Black à l’infirmerie, M. Lupin... ? Et je crois que Miss MacMillan devrait vous y accompagner. James, Lily, je veux que vous alliez tout expliquer au professeur Dumbledore. Quant à vous, Miss Kerdens, pouvez-vous aller prévenir le professeur McGonagall du... décès de Miss Parledel ? »



Calypso hocha gravement la tête.



« Et toi ? Demanda anxieusement Lily. Que vas-tu... Harry ! »



Harry n’avait pas attendu que Lily finisse sa phrase. D’un mouvement leste, il s’était assis au bord du trou pour finir par sauter. Les cinq adolescents s’empressèrent d’aller au bord du trou, abandonnant une seconde Sirius, couché à terre.



« Harry, non! Cria James, inquiet. Reviens, c’est dangereux!



- Je le sais, James, dit la voix étouffée de Harry. Mais je dois y aller. Katia est toujours là et je vais la chercher. Ne vous inquiétez pas pour moi et faites ce que je vous ai dit.



- Mais Harry ! Il y a des serpents géants, la-dedans !



- Vraiment ? Je croyais qu’il s’agissait d’une colonie de cafards..., fit Harry, amusé.



- Ça n’est pas drôle ! gronda Lily. Remonte tout de suite.



- Non, dit Harry avec autorité. Et ne me suivez pas ! Ni vous, ni personne. Allez à l’intérieur de l’école et faite ce que je vous ai dit !



- Mais professeur, c’est de la folie ! intervint Remus d’une voix apeurée.



- Ne vous inquiétez pas pour moi, je sais ce qu’il faut faire pour les tuer, mentit Harry. Allez, filez ! »



Les cinq adolescents échangèrent des regards perplexes et inquiets. Pouvaient-ils vraiment laisser leur professeur seul avec ces monstres ? Il était fort, d’accord, mais face à ça ?



« Non ! dit impérieusement James en s’asseyant au bord de la crevasse. Je refuse de te laisser y aller seul !



- James ! Gronda dangereusement Harry. Si tu viens, je te donne la retenue la plus horrible que Poudlard ait connu ! »



L’adolescent se figea de surprise. Son fils était-il en train de le menacer de retenue ?? Une lueur dorée parvint à James, illuminant légèrement les ténèbres de la galerie souterraine, Harry apparaissant légèrement à la vue de son père.



« Tu sais que je suis fort, James, dit Harry d’une voix suffisamment basse pour que Remus, Rose et Calypso n’entendent pas. N’ai pas peur pour moi et file. »



Harry le regardait, ses deux yeux émeraudes plongés dans ceux de James. La détermination d’Harry le convainquit. Il se redressa et se tourna vers ses amis.



« On fait ce qu’il a dit, s’exclama-t-il avec autorité. Dépêchons-nous. »



Les autres ne discutèrent pas. Remus souleva Sirius qu’il hissa péniblement sur son dos. Rose passa les bras de l’animagus autour du cou du lycanthrope pour qu’il tienne mieux. James se saisit de la main de Lily qui, les yeux plein de larmes et d’inquiétude, fixait la faille, appréhendant le destin de son fils.



« Tout ira bien, lui chuchota James tandis qu’ils marchaient derrière leurs quatre amis. Il a tué Voldemort, non ? »



Lily eut un faible sourire à cette phrase et appuya doucement sa tête sur l’épaule de James, serrant sa main contre elle. James soupira. Il aurait voulu croire en ses propres mots... Mais dans sa tête, il entendait toujours les battements rapides du cœur de son fils, et la blancheur du visage de Harry lorsqu’il avait défaillit ne le quittait pas...



******************



Harry soupira de soulagement quand il entendit ses parents et leurs amis s’éloigner. Ils seraient en sécurité au château... Plus qu’à l’extérieur, en tout cas... Et il n’aurait pas à s’inquiéter de leur sécurit ! Lasse, il regarda face à lui. Katia n’était pas en vue ! Pourtant, elle lui avait dit qu’elle le suivait. Avait-elle eu des ennuis ? Harry préférait s’en assurer plutôt que de l’abandonner là... Mais avant, il voulait s’assurer que la petite Kelly était morte... Il savait qu’il y avait peu de chance pour qu’elle soit vivante, mais Harry avait appris à ne jamais perdre espoir. Marchant assez lentement, il s’avança dans les galeries. Sa démarche était hésitante, faible. Il avait vraiment envie d’aller se coucher... Si seulement il pouvait dormir un tout petit peu... Mais des serpents en avaient décidé autrement.



Il aurait donné tout ce qu’il avait financièrement pour un lit et une nuit de tranquillité... !



******************



Le silence dans le bureau de Dumbledore était total. Le directeur fixait James et Lily avec perplexité, se demandant si toute cette histoire n’était pas tout simplement un cauchemar. Mais il savait que ça n’était pas le cas. Les tremblements de terre étaient bien réels. Le pire était pour la petite Kelly. La jeune fille était si souriante, si gentille... Et c’était fini maintenant. Elle était morte. Soupirant, Dumbledore posa sa tête entre ses mains. Il devenait trop vieux ! Il avait vu trop d’adolescents mourir, souffrir... Et il en verrait encore longtemps, malheureusement.



« Je vous demande, M. Potter, d’aller tout de suite envoyer une lettre à votre père. Le Groupe de Résistance est en ce moment à Londres, en mission, mais je pense que la gravité de la situation ici nécessite... du renfort. Miss Evans, allez trouver le professeur Carpiel. Qu’il nous concocte une potion pour le professeur McDrell et le plus rapidement possible... »



Lily et James hochèrent la tête et tournèrent les talons pour partir quand Dumbledore les rappela.



« Allez ensuite à l’infirmerie. Je pense que vous en avez besoin tous les deux.



- Oui, monsieur », répondirent d’une seule voix James et Lily.



Dumbledore sourit en les regardant sortir. Ils feraient d’excellents préfets...



******************



Ginny dormait paisiblement dans le divan d’Hermione. Celle-ci, inquiète, fixait sa cheminée avec exaspération.



« Malfoy ! grogna Hermione. Je sais que tu sais ce qu’il va se passer ! Alors accouche !



- Ma chère Hermione, je sais que tu sais que je sais ce qu’il va se passer, mais je ne dirai rien pour autant.



- Ne joue pas à ce petit jeu là avec moi, Malfoy ! Dis-moi ce qui va arriver en 1976 !



- Et que feras-tu ensuite, Granger ? demanda la tête blonde au milieu des flammes.



- Cette question ! ragea Hermione en se levant, tapant du pied. J’irai l’aider !



- Voilà tout le problème, Granger. Tu ne peux pas aller l’aider. Il doit affronter ça seul.



- Mais il... Il va s’en sortir... ? N’est-ce pas ?



- Cette question ! parodia Draco. Bien sûr, qu’il va s’en sortir ! Pourquoi ses élèves auraient-ils marqué un message au professeur de DCFM dans le livre de promotion 1976 s’il était mort ? »



Pour une fois, Hermione en resta muette. Draco eut un sourire narquois.



« Hermione Granger, muette devant le grand Draco Malfoy... Ce jour est à marquer d’une croix blanche ! »



Il disparut dans un Boum sonore juste avant qu’un épais livre ne vienne s’écraser dans l’âtre, s’enflamment brutalement. Hermione jeta un regard dédaigneux à ‘L’histoire de Poudlard’... Draco devra le lui racheter...



******************



Toutes les galeries souterraines se ressemblaient ! C’était là le problème majeur des sous-sols creusés directement dans la terre. Merlin soit loué, Harry était un grand fan du petit poucet ! Bien sûr, il n’avait pas eu à ramasser des cailloux ! Il en avait juste fait apparaître au fur et à me sure qu’il marchait. Et comme sa magie était à un niveau trop bas à son goût, Harry avait lancé un sort à ses chaussures ! A chaque pas, un caillou était éjecté derrière lui. L’avantage avec ce sort, c’était que si un serpent arrivait par surprise derrière lui, il recevrait un cadeau entre les deux yeux.



Il y avait pourtant quelques différence entre les galeries. Certaines étaient plus hautes, et donc plus fréquentées. D’autres si basses qu’Harry devait ramper. Il avait encore beaucoup de mal à se remettre de ce qu’il avait vu dans la galerie où Kelly Parledel s’était fait... dévorer... En effet, dés qu’il était arrivé au croisement, Harry avait tourné à gauche et était descendu prudemment dans le trou où Kelly était tombée. Il avait enfoncé ses pieds et ses mains dans la paroi, si bien qu’il n’était pas tombé comme la jeune fille, mais arrivé en bas, le carnage qui l’y attendait lui avait donn la nausée. En lui-même, il se félicitait de ne pas avoir amené avec lui l’un des adolescents...



Se secouant un peu, Harry repris son avancée. Il avait découvert que la structure des galeries était, semblait-il, découpée en étage. En descendant de la surface de la terre, on pouvait donc dire que les huit adolescents qui étaient descendus avaient tous parcouru le 1er étage, tandis que Kelly s ‘était fait tuée au deuxième. Les étages tournaient tout autour de Poudlard et, sans prévenir, une galerie verticale surgissait pour permettre au serpent l’accès à l’étage en dessous. C’était une sorte d’immeuble à l’envers et uniquement fait de galeries avec un ascenseur un peu spécial... Harry avait parcouru quatre étages différents et aucun Serpent. En lui-même, il se demandait si les gentils petits reptiles de tonton Voldie n’étaient pas allés lui dire un coucou avant de reprendre la construction de leurs petits tunnels.



« Manquerai plus qu’ils soient parvenus à rentrer dans le château... »



Harry savait qu’il aurait du monter et non descendre, mais comme il n’avait trouvé aucun serpent au-dessus, il allait en dessous. Il fouillait minutieusement chaque bifurcation, chaque trou, laissant des cailloux un peu partout. Les blancs, que crachait sa chaussure droite, indiquaient ou il était passé. Les jaunes, le chemin le plus rapide pour remonter. Aussi, lorsqu’il constatait que tous les chemins d’un étage étaient peuplés de cailloux blancs, il descendait. Mais là était le problème ! Le quatrième étage était couvet de cailloux blancs, mais pas une seule galerie pour descendre plus bas et aucun serpent ! Harry commençait sérieusement à se demander si les reptiles n’étaient pas capables de devenir invisible...



Pire que ça, il n’avait pas une seule fois croisé Katia. Au moins, aucune galerie n’affichait un autre repas des serpents... Ce en quoi, il en était soulagé. Mais il n’empêchait pas qu’il n’y avait pas d’accès à un autre étage et pas de serpent non plus.



« J’ai du rater une bifurcation, grogna Harry. Ici ou dans un autre étage... Ils ne peuvent pas avoir disparu ainsi ! Des serpents aussi grands, ça n’est pas possible ! »



Il commença à faire demi-tour quand il vit un petit trou dans la paroi d’une galerie.



« Génial ! grogna-t-il. C’est repartit pour la mission rampant ! »



Il s’agenouilla au sol, penchant la tête sur le côté et jetant un coup d’œil dans la galerie. Elle était vraiment très étroite... Si jamais un serpent se présentait ne face de lui, il ne pourrait pas faire demi-tour.



« Et ben, y’a plus qu’à espérer », fit-il, ironique.



Harry s’étendit au sol et, s’aidant de ses bras, commença à se tirer dans la galerie. Bien vite, il remarqua que des trous perçait le chemin, creusant d’autre endroit vers le haut ou vers le bas.



« Génial, haleta-t-il. Et je vais où, moi ? »



Fouiller chaque recoin était impossible, et il le savait. Néanmoins, Harry décida de monter. Après tout, si les serpents voulaient entrer dans Poudlard, ils devaient être sous le château et le plus proche possible du sous-sol. Puis, alors qu’il s’apprêtait à rentrer dans une galerie légèrement penchée vers le haut, il figea. La question qu’il devait maintenant se poser, c’était à quelle profondeur tombait le sous-sol de Poudlard ! Harry connaissait bien le château, mais il n’avait jamais vraiment prit la peine de fouiller chaque recoin, surtout que Poudlard était réputé pour cacher bien des choses... Il souffla. Ça allait durer des heures et il ne disposait pas de tout ce temps ! Il se sentait terriblement fatiguer et en plus de ça, il ne savait même pas comment tuer les serpents.



Bien sûr, il y avait hautement réfléchis durant son expédition, mais aucun sort ne le tentaient. Un Avada Kedavra serait radical, mais fonctionnerait-il sur ses monstres ? Et quand bien même il marcherait, Harry aurait-il la puissance nécessaire pour tuer une dizaine, voir plus, de serpents géants ? Entrait aussi en ligne de compte la puissance des créatures qui pouvait être nettement supérieur à la sienne...



Il sortit brusquement de ses pensées quand il perçut un mouvement sur sa gauche. Si jamais un Serpent arrivait maintenant, Harry savait qu’il ne pourrait pas se battre librement en étant coucher au sol. Rapidement, il prit sa décision et alla se réfugier dans une galerie. Une éternité sembla s’écouler avant qu’un énorme serpent ne passe à côté de lui. Harry le regarda passer, perplexe. Pas très instinctif, l’animal... Et s’il avait été un prédateur ? Harry hocha négativement la tête. C’était sans doute parce qu’il était un animal de Voldemort qu’il était aussi bête... Tel maître, tel serpent...



Il sourit malgré lui et, avec habileté, se glissa à la suite du reptile. Après tout, peut-être qu’il le conduirait à ses frères... A moins que ça ne soit un piège !



« Tu deviens parano, Harry, pensa-t-il. C’est un serpent !



- Justement », lui glissa son instinct.



Harry fronça les sourcils. Mieux valait suivre son instinct. Et sur cette dernière pensée, il entreprit de suivre le serpent en se postant le plus loin possible de la créature.



******************



« Maître, dit la jeune femme en s’agenouillant avec admiration aux pieds de Voldemort. Je viens faire mon rapport.



- Fais donc, dit le mage noir sans même lui accorder un regard.



- Les serpents progressent rapidement, maître. De nombreuses galeries ont été creusées sous Poudlard et ils ont du descendre profondément pour trouver le ‘sous-sol’ réel. Mais ils y sont parvenu et se sont mi au travail de suite.



- Bien, bien... Et en surface ?



- Le travail des serpents n’est pas passé inaperçu, confia le professeur. Des tremblements de terre ont secoué toute l’école et alerté le personnel. De plus, huit élèves sont tombés dans une galerie et ont rencontré vos serpents. L’une d’entre eux leur a servit d’encas... »



Voldemort eut un sourire malsain, se représentant la scène. Quelle torture ignoble...



« J’ai l’impression que tu oublie quelque chose dans le but de ne pas me contrarier, dit finalement le mage noir en faisant bouger un peu son verre de vin, le liquide tournoyant à l’intérieur.



- Je... Non, mon maître, balbutia la servante.



- Katia, allons, dit Voldemort en se levant gracieusement et en rejoignant son esclave. Tu n’as pas à avoir peur... Dis-moi donc... »



Elle déglutit, son visage à quelques centimètres de Voldemort qui la dardait de ces yeux de feu.



« McDrell, haleta la jeune femme. McDrell était dans les galeries. Il a du sauver les enfants à l’heure qu’il est. »



Le sourire de Voldemort devint carnassier tandis qu’il s’éloignait de sa mangemort. D’une démarche féline, il s’approcha d’un trou dans le sol de son repaire.



« McDrell, dit-il d’un air rêveur. Je vais bien m’amuser... »



Et d’un mouvement leste, il sauta dans le gouffre, laissant une Katia De Vaart pantelante dans les sous-sols du château du seigneur des ténèbres...



******************



Draco Malfoy était inquiet. Comment ne pas l’être, d’ailleurs ? Son premier meilleur ami, qui l’avait aidé des centaines de fois à se sortir d’un guêpier plus qu’impossible, allait sans conteste affronter des espèces de serpents géants mutés détraqueurs-basilic. Qui ne serait pas inquiet ? Lui, l’était et il passa un temps fou dans son bureau à empaqueter manuscrits, Encyclopédies et dossiers épais tout en jurant sur ‘Harry Potter et sa capacité à s’attirer des ennuis’. L’emménagement au Manoir Malfoy était prévu pour la semaine suivante, et il n’avait pas de temps à perdre avec les problèmes d’une époque révolue depuis longtemps... Mais au fond de lui, une sirène d’alarme retentissait de toutes ses forces. Harry, lui, appartenait à cette époque... Et il pouvait être tu ! Draco souffla. Harry n’allait pas mourir, et il le savait très bien. Alors pourquoi cette impression d’attente, d’urgence. Ce pressentiment étouffant et inquiétant... Draco souffla encore et finit par balancer le dossier sur la condition des sorciers lors de la deuxième guerre mondiale sur son bureau recouvert d’une housse en plastique.



« Et merde », grogna-t-il.



Tendant le bras, il attrapa rapidement sa robe de sorcier noir et l’enfila au-dessus de son pantalon de la même couleur. Il quitta son bureau en toute hâte pour faire irruption dans le salon où Sarah était occupée à ranger les bibelots des meubles dans un carton.



« J’ai... Une course à faire... Je... Enfin, je ne sais pas quand je vais rentrer ni ce qu’il va se passer et... Tu sauras te débrouiller toute seule ? »



Sarah Malfoy, moldue, fixa son mari avec indécision.



« Essaye juste de rester en vie », commenta la jeune femme en se levant pour venir déposer un léger baisé sur le coin de la bouche de son mari.



Draco eut un sourire tendre et serra Sarah contre lui, se répétant pour la vingt millième fois qu’il était un veinard d’avoir trouvé une femme aussi compréhensive et, sans un regard en arrière, quitta son épouse pour sortir de son manoir et transplanna au Chaudron Baveur.



Les personnes présentent dans le bar le regardèrent, les yeux exorbités de surprise. Draco ne passait plus par le Chaudron Baveur depuis des années... Mais il ne se préoccupa même pas des mines étonnées des clients et ne fit même pas un signe à Fred Weasley qui buvait une bièraubeurre. Il saisit brusquement le vieux Barman par sa robe sans s’occuper des exclamations effrayées des clients et dit très, en fait, trop rapidement :



« Ilmefautdelapoudredecheminttetoutdesuite ! »



Tom le regarda, les yeux ronds avant de tendre la main vers le bas du comptoir et de tendre un pot remplis de poudre. Draco en prit une poignée de la main gauche, la droite fouillant rapidement dans sa poche pour finir par déposer un Galion sur le comptoir. Il lâcha Tom et jeta la poudre dans la cheminée où brillait déjà un feu ronflant, criant rapidement « POUDLARD ! »



Il disparut dans un flash de lumière verte, laissant les clients du pub passablement déconcertés. Fred s’approcha de Tom d’un air plutôt septique.



« Comment as-tu compris ce qu’il a baragouin ? demanda-t-il, essuyant la bièraubeurre qu’il avait renversé sur sa robe tant il avait été surpris par l’apparition rapide de Draco.



- C’est simple ! répondit Tom, affichant un sourire édenté. Lorsqu’un client comme M. Malfoy me saisit par le col de ma robe, c’est qu’il veut, soit la monnaie du Galion qu’il a oublié de prendre avant de partir, soit un renseignement sur « où est passé Potter » soit de la poudre de cheminette. Comme M. Potter n’est plus apparu ici depuis presque un an et que j’ai remboursé à M. Malfoy son dernier achat de poudre de cheminette depuis plus de deux ans, il ne restait que la dernière proposition... »



Les clients du bar regardaient tous le vieil homme d’un air ébahit.



« Et si cela n’avait pas été ça ? demanda finalement Dedalus Diggle qui était revenu d’une visite à la Banque Gringotts où il s’était fait royalement arnaquer par les Gobelins.



- Et bien ça voulait dire qu’il voulait me tuer... Mais ça n’est jamais arrivé avec Draco Malfoy... Son père me faisait parfois le coup, mais jamais le fils... »



Et sous cette conclusion, les clients partirent dans un débat sur les différences entre Malfoy père et fils.



******************



Harry jouait péniblement des coudes, déchirant impitoyablement sa robe couverte de terre et de boue. Par un étrange phénomène, les galeries semblaient remplie d’humidité et certaines parois étaient plaquées de terre mouillée. Harry craignit un instant que les serpents aient creusé trop près du lac et de déboucher sur des chemins inondés, mais cette épreuve lui avait été épargnée, pour l’instant. Devant lui, il pouvait entendre le serpent rampé rapidement mais assez lentement pour qu’Harry ne perde pas sa trace. Rageant, Harry passa une main sur son front pour en essuyer la sueur qui lui coulait dans les yeux avant de reprendre son jeu de coude. Il avait de plus en plus l’impression d’aller droit dans la gueule du reptile et son cœur semblait s’amuser à danser le tango avec son larynx, ce qui était passablement désagréable. D’un mouvement ennuyé, il ôta les cheveux qui lui tombaient dans les yeux. La queue du serpent commençait à disparaître à cause d’un tournant fort prononcé.



Une alarme se déclencha dans le cerveau de Harry. Ce virage était brusque, cachant la voie qui s’ouvrait devant lui et Harry compris tout de suite que s’il avançait, il serait tué au tournant. Aussi, il se figea de suite. Et c’est seulement à ce moment là qu’un sifflement silencieux lui parvint de derrière lui.



/Stupide Humain !/



******************(NdA : L’école du Sadisme ? Nan, je connais pas, je jure !)



Ginny ouvrit légèrement les yeux. Couchée dans le divan d’Hermione en 2001, elle eut un peu de mal à se souvenir de la raison de sa présence dans le présent... A moins que ça soit dans le futur ? Un mal de tête insupportable martela sa tête avec une frénésie qui lui rappelait Ron lorsqu’il s’était mit à faire des claquettes sur la table de la cuisine à l’âge de 7 ans...



Les mains sur les tempes, Ginny se leva en poussant un gémissement de douleur. Des pas précipités lui firent ouvrir les yeux. Ron, l’air inquiet, fixait sa sœur avec des yeux brillant d’appréhension.



« Quoi ? demanda Ginny, l’air bougon.



- Ça va ? demanda son frère, la tirant vers lui pour la serrer dans ses bras.



- Oui, Ron, ça va... J’ai juste un mal de tête abominable. Mais, s’il te plaît, est-ce que je pourrais avoir un verre d’eau ou quelque chose comme ça ? »



Son frère hocha vivement la tête avant de se précipiter dans une petite pièce attenante. Profitant du soudain calme de la pièce, Ginny regarda l’heure et sursauta en voyant qu’il était seulement dix heures et demi. Elle avait pourtant l’impression d’avoir dormi des heures. Ron revint précipitamment, tendant un verre d’eau à sa sœur. Celle-ci le saisit pour le porter à ses lèvres, mais son mouvement fut interrompu par l’entrée fracassante d’un Draco échevel ! Surprise, Ginny le regarda passer en courant pour saisir violemment Ron par le col de sa robe.



« Où est la lanterne ?



- Heu... fit Ron, ahuri.



- O ? Cria Draco en le secouant comme un prunier.



- L ! » hurla Ron, le visage rougis par la colère, le doigt tendu vers le bureau d’Hermione où trônait deux lanternes.



Draco lâcha le rouquin sans s’en préoccuper d’avantage et courut jusqu’à la lanterne avant de la saisir brusquement et de crier :



« Lumos ! Poudlard, le 5 avril 1976 ! »



Il appuya sur le bouton au-dessus de la lanterne en argent et disparut dans un flash de lumière dorée.



******************



Harry poussa un cri de terreur. Il ne pouvait pas se retourner, le boyau dans lequel il rampait étant trop étroit, et en plus de ça, il pouvait sentir le serpent très proche de lui !



« Mais bien sûr, grogna-t-il en se tortillant précipitamment en avant. J’aurai du m’en douter qu’il y en avait un derrière ! Ils sont rusés ! Saleté de serpent ! »



Harry continuait de ramper avec force, mais stoppa brusquement. Devant lui, le tournant où devait impatiemment l’attendre un serpent. Derrière, un prédateur impatient de croquer dans ses jambes... Quelle solution avait-il ? Quand on ne veut pas aller en avant, ni en arrière, on va sur les côtés ! Harry tourna la tête dans tous les sens et aperçu une galerie verticale sur le côté. Il allait lui falloir grimper et se tenir solidement, mais c’était faisable.



Se faisant violence, Harry planta ses coudes dans la terre qui l’entourait, se blessant au passage. Poussant un gémissement de douleur, il se hissa vers l’avant, avançant de dix centimètres dans le tunnel. Il répéta le mouvement le plus rapidement possible, plantant ses coudes, se hissant, avançant. Sa peau lui faisait mal tandis qu’il plantait maintenant carrément une partie de ses bras, s’écorchant durement. La galerie verticale approchait et Harry constata qu’elle était d’un diamètre d’un mètre. Il lui faudrait planter ses pieds dans la terre ainsi que ses mains...



Quelque chose lui frôla le pied. Poussant un cri de peur, Harry accéléra ses mouvements. Se retourner lui prendrait du temps, il lui fallait de l’avance. Il accéléra encore et encore sa vitesse, la douleur à ses coudes doublant. Bientôt, il en eut assez et se servit de ses mains, tendant les bras en avant, saisissant la terre et tirant son corps en avant. Les parois humides l’empêchaient de prendre des bonnes prises, mais elles le faisaient glisser rapidement en avant. Les sifflements ne semblaient pas s’éloigner pour autant et restaient au contraire relativement proche. Harry vit le tournant arriver et pria pour qu’aucun serpent ne soit cacher à l’affût. Mais il n’y avait heureusement rien et il tendit rapidement les bras pour se tirer en avant.



Il eut du mal à se tirer le plus vite possible dans le tunnel vertical, mais une fois que ses pieds furent rentrer, il put s’aider en plantant ses chaussures dans la terre très rapidement, courant presque dans la galerie. D’autres trous l’entrecoupait et Harry aperçut des serpents sifflant tandis qu’ils le regardaient en train de gratouiller, frapper et marteler les parois de ses pieds.



Jetant un coup d’œil vers le bas, il put voir que le serpent, qui était derrière lui, le suivait avec difficulté. De toute évidence, les monstres de Voldemort avaient plus de facilité de déplacement dans les tunnels en descendant qu’en montant. Et Harry n’allait pas s’en plaindre. Il continua de monté rapidement, tandis que d’autres serpents se joignaient à son poursuivant, grimpant vers lui. Ils étaient au moins vingt ! Soudain, Harry s’aperçut que la galerie dans laquelle il était finissait en cul de sac. Un point de lumière perçait pourtant, aveuglant ses yeux habitués à l’obscurité des souterrains. Fronçant les sourcils, Harry comprit avec horreur que ce petit trou laissant passer la lumière qu’il voyait n’était autre que les sous-sols de Poudlard.



******************



Draco apparut à Poudlard, mais pas n’importe où. Les Malfoy avaient la réputation de faire des entrées remarquées, mais apparaître au beau milieu de la Grande Salle alors que tous les élèves et professeurs s’y trouvaient était tout de même la plus grande réussite de Draco dans ses arrivés. Tous les visages étaient tournés vers lui tandis qu’ils le regardaient avec stupéfaction. Draco, quant à lui, glissa un léger ‘Oups’ en comprenant la situation.



« Heu... hésita Minerva McGonagall, qui êtes-vous ? »



Draco dissimula la lanterne dans une poche de sa robe de sorcier, pivotant sur lui-même pour faire face à son ancien professeur de métamorphose, ses cheveux libres virevoltants. Il jeta un regard glacé à la directrice des Gryffondors et se tourna vers Albus Dumbledore. Celui-ci fixait la mèche blanche des cheveux de Draco avec perplexité.



« Serait-ce la mode, en Californie ? Ou Harry et vous êtes les seuls à posséder une mèche blanche ?



- Nous sommes les seuls, dit Draco d’une voix détachée. Où est-il ?



- Nous n’en savons rien, répondit le vieil homme. Il est rentré dans une faille dans le sol et n’est pas revenu. »



Draco afficha un air goguenard, dissimulant son énervement.



« Et vous ne vous êtes pas donné la peine d’aller l’aider ?



- La faille a disparut », répondit un homme en se levant brusquement.



Draco reconnut Jonathan Carpiel. Il eut un rictus qu’il fit rapidement disparaître pour finir par tourner les talons.



« Où allez-vous ? demanda Dumbledore.



- Chercher Harry », répondit froidement Draco.



Il sortit rapidement, laissant son expression réelle s’afficher : l’inquiétude et l’appréhension se disputait la place d’honneur dans ses yeux, son visage crispé par la tension. Il devait trouver Harry. Son ami avait besoin de lui, il en était certain. Draco accéléra le pas pour finir par sortir dans le parc. Une bourrasque souffla ses longs cheveux en arrière et le fit stopper. Une tempête se préparait...



« Génial, grogna Draco. On a même l’ambiance sombre et effrayante ! »



Sans trop savoir quoi faire, il se dirigea vers le fond du parc pour finir par jeté un œil au sol inégal. Il n’était pas difficile de savoir où la faille s’était trouvée ! Draco connaissait le sol du parc par cœur, à force de l’avoir parcouru, la tête inclinée vers le bas, plongé dans ses pensées. Il suffisait de trouver le seul endroit qui n’était pas comme dans ses souvenirs. Ça ne fut pas difficile ! Draco, d’un mouvement de la main, découpa une nouvelle faille dans le sol. Souriant d’un air un peu idiot, il se pencha vers le trou pour constater qu’il ne s’était pas trompé.



Draco prit de l’élan pour sauter dans l’ouverture qu’il avait créé, mais...



« Attendez ! »



Il faillit tomber dans la faille de la façon la plus ridicule qui soit tellement il fut surpris par cet appel. D’un mouvement brusque, il se retourna pour faire face à un Carpiel amus !



« Qu’est-ce que vous voulez ? grogna Draco, agacé de s’être fait ridiculiser.



- Vous faire rater votre saut dans la faille, répondit sarcastiquement Carpiel. Je plaisante, ajouta-t-il précipitamment en levant les mains face à la baguette de Draco qui était pointée entre ses deux yeux. Je voulais juste vous donner ceci ! »



Il sortit d’une de ces poches une sacoche en peau de lapin qu’il tendit à Draco. Méfiant, celui-ci jeta un regard interrogateur à l’ange qui lui sourit.



« Ce sont des potions. La rouge est une potion de soin. La bleu, un contrepoison. La transparente, une génératrice... Il y en a deux de chaque sorte... »



Draco hocha pensivement de la tête.



« Merci, dit le blond comme si ça lui écorchait la langue.



- C’est si dure ? » demanda Carpiel.



Draco lui envoya un regard aussi froid que l’Alaska.



« Satanés Anges ! Ils savent cerner les personnes d’un seul coup d’œil... Je déteste ça ! Gronda Draco en lui-même tandis qu’il entrait dans les galeries souterraines. Oh ! Des cailloux, s’étonna ironiquement le blond. Pas discret, le petit poucet... »



Souriant ironiquement, Draco entreprit de suivre les cailloux. Mais après dix minutes, il en eut marre. Il avait deux pistes différentes et il lui fallut un temps fou pour comprendre qu’il devait suivre les jaunes plutôt que les blancs qui lui faisaient faire le tour de toutes les Galeries. Quand il descendit dans un tunnel vertical, ce qui l’attendait en bas lui donna la nausée.



« J’espère que ça n’était pas Harry », haleta-t-il, une main sur son nez et sa bouche.



Une étincelle argentée attira son attention. Se penchant, Draco du faire appel à toutes ses forces pour plongée ses doigts dans la flaque de sang. Il en tira un petit bracelet d’argent. Ça le rassura, d’une certaine manière. Harry ne portait pas de bracelet, ça n’était donc pas lui. De plus, les cailloux dorés continuaient leur chemin. Un soudain tremblement le fit tomber à terre, à sa grande horreur. Il s’éloigna rapidement du carnage, ne désirant pas être couvert des... restes de la personne au bracelet d’argent.



Draco souffla de soulagement quand la secousse s’estompa. Mais, soudain, le sol se déroba sous ses pieds, l’engloutissant.



******************



« Je suis mal, grogna Harry. Je suis vraiment très mal... »



Tous les serpents étaient en face de lui, sifflant des injures et des menaces. Bien sûr, les créatures ne savaient pas qu’Harry les comprenait, mais ils continuaient de parler entre eux, l’insultant sans relâche. Quelques-uns se disputaient pour savoir qui allait le manger. D’autres proposaient simplement de le partager. Harry, lui, n’était d’accord pour aucunes de ces propositions, mais il se contentait de rester plaqué contre le ‘plafond’ de la Galerie d’où s’échappait un mince rayon de lumière.



« Et je fais quoi, moi ? Je fais QUOI ?? »



/Je prends la jambe, dit un serpent tout près.



- Non ! Elle est pour moi !



- Il en a deux ! Y’en assez pour tout le monde !



- Non ! Je veux les deux !



- Fais pas ton égoïste ! J’ai rien bouffé de la journée !



- Menteur ! Je t’ai vu piqué un morceau du bras de la gamine, tout à l’heure.



- Et alors ! Tu t’es envoyé tout son ventre !



- C’est pas vrai ! C’était Spike !



- Quoi, Spike ? J’ai rien fait, moi ! J’étais même pas l !



- Menteur ! Je t’ai vu !



- Ça suffit ! Persifla Harry, les serpents se figeant d’un seul coup. C’est moi qui vais être bouffer, c’est moi qui choisis !/



Harry se figea lui aussi, regardant de haut en bas d’un air hésitant... Mais qu’est-ce qu’il racontait ?



/ Il parle notre langue, sifflota doucement un serpent.



- Vous croyez que c’est un ami du maître ?



- Il ne nous l’a jamais présenté.



- Alors, c’est un ennemi ?



- Oui. C’est un ennemi du maître !



- Tuons-le ! scandèrent-ils en même temps.



- Mangeons-le !/



D’un seul coup, ils voulurent se précipiter pour attraper leur futur repos qui se plaqua conte la paroi quand la chose la plus incroyable qu’Harry n’ait jamais vu se produisit. La terre, tout autour de lui, s’effritait, les parois du tunnel s’effondrant, bougeant d’un côté à l’autre. Harry poussa un cri de terreur et de douleur. L’un des serpents lui était tombé dessus, brûlant chaque partie du corps de Harry qui était entré en contact avec sa peau brûlante. Harry voulut s’en écarter, mais il était comme collé à la créature qui sifflait de terreur.



Soudain, l’aura de Harry réagit à la présence qu’il avait déjà sentie. La différence était que cette fameuse présence était très, très prêt. En fait, selon l’intuition de Harry... Elle était en dessous de lui ! Baissant la tête, il vit des écailles vertes émeraudes brillantes. Le dernier rempart de terre et de brique du sous-sol de Poudlard se fissura et avec un BOOM monumental, Harry fut propulsé en l’air dans une espèce de Grande Salle souterraine aux murs vert émeraude. Les serpents furent également éjectés, bien vite suivit d’un...



Harry écarquilla les yeux. Un dragon ! Un énorme Dragon, plus gros que le Magyar à pointes, se tenait sur le sol carrelé des sous-sols du château. Il ouvrit grand sa gueule, soufflant une gerbe de flamme qui carbonisa sur le coup une dizaine de serpents. Harry, lui, tombait droit sur le sol, la tête la première. Il ferma les yeux, envoyant une ultime prière à Ginny et aux jumeaux quand il fut stoppé. Ouvrant les yeux, il fut surpris de constater qu’il était... sur le dos du Dragon ! En face de lui, cramponné au cou de l’animal, Draco Malfoy était tout bonnement mort de rire.



« Tu verrais ta tête ! » s’exclama le blond.



Harry était si surpris de voir son ami, auréolé d’argent, en fasse de lui qu’il ne trouva pas ses mots pour répondre. En dessous de lui, le Dragon se déplaça avec rapidité, si bien que Harry du s’accrocher précipitamment à Draco.



« Est-ce que tu peux m’expliquer ce que cette chose fait ici ? cria Harry pour masquer les sifflements d’agonie des reptiles qui se faisaient, les uns après les autres, brûler ou mordre par le dragon.



- Un peu de respect, Potter, fit Draco en élevant la voix. Cette chose est le gardien de Poudlard !



- Le quoi ? S’exclama Harry, les yeux exorbités.



- Ne laisses pas partir tes yeux comme tu l’as visiblement fait avec ton cerveau ! C’est le gardien de Poudlard ! Le dragon qu’il ne faut pas chatouiller !



- Mais... C’est une légende ! Cria de nouveau Harry, assénant un coup de point à un Serpent qui escaladait tant bien que mal le Dragon, se brûlant la main par la même occasion.



- Elle est vachement vivante, ta légende, jubila Draco. Il faut l’aider ! Il n’y arrivera pas tout seul ! »



Harry jeta un regard à la situation et constata que Draco avait raison. Certains Serpents avaient été tués rapidement, mais d’autres, les plus gros, s’étaient rapidement organisés et tentaient de le contourner pour ensuite s’enrouler autour de lui, brûlant le Dragon sans aucune piti ! L’un des reptiles avait entreprit d’entourer le cou du Gardien, empêchant celui-ci de cracher du feu. Harry hésita, puis pointa sa baguette sur lui-même.



« Icare dorsualis », cria-t-il.



D’un seul coup, de longues ailes blanches poussèrent dans son dos, à la grande surprise de Draco. Harry s’empressa de s’élever le plus loin possible du Dragon. Quand il fut certain de ne pas être touché par le Gardien en furie, il jeta le même sortilège à Draco, le modifiant légèrement. Celui-ci le rejoignit, l’air agacé.



« Les ailes de démons, c’était obligatoire ? »



Harry pouffa en regardant son ami vêtu de noir avec de longues ailes de la même couleur.



« Ça te va super bien, fit Harry, un grand sourire aux lèvres.



- Tu ne pais rien pour attendre, grogna Draco, bougon.



- Je n’en doute pas... Mais si on aidait ce cher gardien ? »



Draco leva les yeux au ciel ! Personne n’était aussi doué que Harry pour détourner les conversations ! D’un même mouvement, ils rangèrent leur baguette magique, et tendirent la main vers les créatures, juste en bas.



« Au fait, s’exclama Draco. Tu as une idée de la façon dont on tue ces monstres ? »



Harry se figea, l’air un peu ahuri, avant de se tourner vers Draco et de hausser les épaules.



« On peut essayer de les brûler...



- Et tuer le gardien par la même occasion... Tu es sûr que tu n’as pas une meilleure idée ? »



Harry fronça les sourcils, puis, légèrement septique, tandis de nouveau la main. Il se concentra puis...



« Spero Patronum ! »



Le cerf argenté apparut, fier et... Ail ! Il vola droit vers le premier Serpent venu. Celui-ci le vit arriver et poussa un sifflement de frayeur, rampant pour ce mettre à l’abri.



« Bonne idée, dit Draco. Mais cela

ne les détruit pas !



- Pas de problème, répondit Harry. Il suffit de le modifier un peu...



- Modifier ? » Demanda Draco, septique.



Mais Harry ne prit même pas le temps d’expliquer son plan à Draco. Il récita la formule dans sa tête, se concentrant sur son patronus. Son cerf devint doré, et quand il entra en contact avec l’un des serpents, celui-ci explosa. Draco regarda le spectacle avec étonnement.



« Comment tu appelle ça ? demanda Draco.



- Spero Patronum Destructum, répondit Harry, souriant.



- Et tu l’utilise avec quoi ?



- Une flopée de bons souvenirs et une grande envie de détruire ! » s’exclama le brun.



Draco haussa les épaules et essaya. Une panthère argentée avec de longues ailes blanches sortit de sa main tendue. Elle se précipita vers l’un des serpents pour planter ses grandes dents dans le corps reptilien. La créature poussa un cri déchirant et explosa.



« Je suis flatt », fit Harry avec déférence.



Draco eut un léger rire.



« Ne le soit pas. Si j’avais pu choisir, j’aurai prit une fouine... »



Les deux jeunes hommes éclatèrent de rire avant de plonger au sol. Leurs patroni disparaissaient dés qu’ils détruisaient un serpent, ils étaient donc obligés de les renouveler constamment. Les serpents commençaient à perdre très nettement. Certains tentaient de s’enfuir, mais la seule ouverture était l’endroit par lequel ils étaient arrivés, et le dragon était solidement campé dessus. Le Gardien crachait des flammes hautes et sulfureuses, tuant rapidement ses adversaires alors qu’il lacérait les créatures de ses griffes. Le coup de main de Harry et Draco semblait être accueilli avec joie par la créature qui faisait attention de ne pas les toucher par son lancer de flamme. En moins de dix minutes, il ne resta plus que cinq Serpents.



Harry s’écarta et regarda le Gardien qui s’amusait à faire flamber l’un des monstres, un sourire aux lèvres. Draco aussi semblait s’amuser. Volant à gauche et à droite, il scandait la formule du patronus destructeur comme s’il chantait, détruisant les serpents qui explosaient, peignant les murs d’une étrange couleur verdâtre qui devait être leur sang ou autre chose...



Fatiguer de battre des ailes, se sentant soudainement très lasse, Harry alla s’asseoir sur une pierre en ruine, ses deux longues ailes blanches se repliant légèrement. Draco et le Dragon s’étaient alliés pour tuer le dernier Serpent. Tandis que le gardien incendiait la créature, l’ancien Serpentard lançait son patronus qui, dans un bon spectaculaire, sauta dans le brasier qu’était le serpent encore en vie pour finir par le mordre voracement.



Harry applaudit gaiement quand le serpent explosa dans une gerbe de flammes impressionnantes. Draco, un sourire rayonnant sur le visage, se retourna pour regarder Harry, mais se figea soudainement, blême. Surpris, Harry se retourna pour découvrir derrière lui une silhouette qu’il ne connaissait que trop. Rapidement, Draco s’était retourné pour ne pas révéler son visage. Harry pouvait se le permettre, pas lui. Il eut juste le temps de voir Harry lui balancé quelque chose de blanc qu’il posa sur son visage avant d’identifier le célèbre masque des mangemorts... Mais qu’est-ce que Harry faisait avec un masque de mangemort ?



Voldemort avait, bien sûr, suivit le masque des yeux, mais Draco ne se retourna qu’une fois qu’il eut mit le masque. Harry, quant à lui, faisait toujours face à son ancien ennemi décédé dans son époque. Tom quitta Draco des yeux pour poser son regard rouge sur le Dragon qui fixait le mage noir de ses yeux de feu. La tête qu’eut Voldemort était à graver dans les mémoires. Il avait les yeux tellement affichait qu’Harry se demanda s’ils n’allaient pas rouler hors de leurs orbites et sa bouche s’était ouverte, comme prête à pousser un hurlement de terreur.



« Allons, Tom, dit Harry en mettant ses mains derrières son dos. Tu ne vas pas nous faire une crise cardiaque ? A ton âge, ça serait déplorable... »



Voldemort se repris et fixa Harry avec une haine presque surprenante.



« Que de colère, dit Harry en regardant ses ongles d’un air aristocratique. On a du mal à accepter la mort de ses précieux animaux de compagnie ? »



Voldemort ne répondit pas. D’un geste rapide, il sortit un poignard aiguisé et chargea Harry dans un cri de rage. Le jeune homme n’eut même pas le temps de réagir. L’arme s’enfonça dans son ventre jusqu’à la garde. Draco poussa un cri d’effroi, le Dragon rugissant de colère. Les mains sur celle du mage noir, Harry, les yeux exorbité, essayait de comprendre ce qui venait de lui arriver. Tout tanguait autour de lui et les ténèbres assombrissaient sa vision de la pièce. Un petit cri lui échappa, tandis que le sol bougeait sous ses pieds, le secouant fortement. Son cœur, dont les battements étaient redevenus régulier, s’accéléra brusquement pour s’arrêter tout à fait. Tout devint noir autour de lui...



******************(NdA : ça aussi, ça aurait été une fin parfaite...)



Ginny passa une main fébrile sur son visage empreint d’inquiétude. Fred et George, tenant chacun un bébé dans leur bras, regardaient leur sœur avec appréhension. La rouquine semblait prête à faire une crise de nerf. Ils venaient de lui raconter le peu qu’ils savaient sur les évènements et Ginny s’était mise à trembler face au peu d’éléments qu’elle possédait quant à la situation.



Dés le départ de Draco, Ginny, plus inquiète que jamais, avait planté son frère en 2001 pour revenir illico presto dans le passé. Elle sentait bien que quelque chose n’allait pas, mais elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Sans compter que le récit des jumeaux était plus qu’alertant et elle se demandait où diable était passé Harry. Elle commençait à tourner en rond quand quelqu’un frappa à la porte de ses appartements. Au ‘OUI’ de Ginny, un grincement accompagna la porte qui s’ouvrait avec hésitation, révélant un James Potter couvert de terre et échevelé.



« Ex... excusez-moi de vous déranger, dit James en lançant un rapide coup d’œil aux deux rouquins qui échangèrent un regard de connivence, mais Mme Pomfresh me charge de vous dire qu’elle a besoin de vous...



- Qu’elle aille au diable ! rugit Ginny, James faisant un bond d’un mètre tant il fut surpris par sa hargne. J’ai autre chose à faire que de soigner des mioches débiles ! »



James, les yeux écarquillés, avait du mal à digérer ce que sa belle-fille, ou plutôt futur belle-fille, venait de dire. Il lança un regard aux deux autres, un sourcil disparaissant sous sa frange de cheveux dans une expression interrogative, le second près de son œil, exprimant la perplexité. Fred lui hocha la tête, semblant dire au jeune Gryffondor de ne pas s’inquiéter, c’était normal. James ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Synchronisé, les jumeaux s’étaient mit à pleurer...



******************



Draco resta planté là où il était, trop surpris pour bouger. Harry tenait fixement les mains de Voldemort qui étaient posées sur le poignard enfoncé dans le ventre du survivant. Celui-ci poussa un cri d’agonie et de douleur. Alors, comme au ralenti, Harry tomba lentement en arrière, la lame ressortant de sa robe tachée de sang. Ses ailes blanches amortirent légèrement sa chute. Bien vite, les plumes prirent une tinte rosée puis rouge.



Deux minutes s’écoulèrent dans le plus grand des silences avant que Draco ne pousse un rugissement de rage. Sortant sa baguette d’un mouvement vif, il fonça en piqué vers le mage noir qui tourna vers lui un regard amusé. Draco n’avait pas parcouru la moitié du chemin qu’il fut projeté en arrière par une bourrasque de puissance. Bien qu’il connaisse ce procédé sur le bout des doigts pour en avoir été l’inventeur avec Harry, Draco ne put la repousser et partit dans une vrille dangereuse vers le sol. Une patte griffue apparut soudain et l’attrapa, empêchant au jeune homme de s’écraser violemment au sol. Draco releva la tête pour croiser les yeux de feu bouillant de colère du gardien. Un instant, le blond cru que cette rage était dirigée contre lui, mais il comprit bien vite que ça n’était pas le cas : Voldemort était vis ! Le Dragon posa Draco à terre et d’un mouvement reptilien de la tête, tenta d’incinérer Voldemort. Le mage noir évita rapidement les flammes, mais le Dragon se mit à le poursuivre.



A genoux, Draco regardait la scène, les yeux vides de toutes expressions. Son regard se posa lentement sur Harry toujours couché au sol. Le brun ne bougeait pas d’un pouce et Draco, bien qu’il sache que c’était parfaitement inutile, rampa jusqu’à son ami. Les flammes dansaient autour de lui, Voldemort courant vainement pour échapper à la bête en colère. Bien que la situation soit hilarante, Draco ne s’en préoccupa pas et souleva péniblement son compère à lui, le serrant dans ses bras alors qu’un sanglot le secouait. Blanc, Harry bougeait au rythme des mouvements du corps de Draco, secoué par ses pleurs...



******************



Tant de lumière... Tant de douceur et de chaleur... Il n’avait connu ce sentiment de bien-être que dans un seul endroit : les bras de sa Ginny. Mais sa Ginny était partie, maintenant. Pourquoi ne pas rester dans cet endroit chaud et confortable ? Il y serait en sécurité... Il y serait plus aimé que n’importe o ! Alors pourquoi ne pas rester l ? C’était si bien... Si confortable...



Harry se blottit un peu plus contre la chaleur et la douceur. Ses pieds, pourtant, lui lançaient des ondes de froid et il les ramena à lui pour s’en préserver. Il ouvrit vaguement les yeux pour regarder là où étaient ses pieds : du noir, de la glace... Un endroit effrayant. Il entendait de drôle de bruit... Quelqu’un pleurait en prononçant son nom... Son nom... Son nom ? Quel était son nom, déj ? Etait-ce Harry Potter ? Où était-ce Harry McDrell ? Ou encore le Survivant ? Il ne savait plus... Il savait juste qu’il ne voulait pas entendre ses pleurs et s’éloigner du froid et du noir. Le noir lui faisait peur...



Soudain, d’autres pleures lui parvinrent, lui faisant dresser l’oreille. Il connaissait ces petits ‘OUIN’ frénétiques et désespérés. Harry ouvrit un peu les yeux quand il s’aperçut que les cris étaient familiers... Ces larmes versées lui labouraient le cœur. Il avait l’impression d’abandonner ces personnes... Il ne devait pas ! Elles avaient besoin de lui ! Mais qui étaient-elles ?



La tête inclinée, Harry se pencha un peu dans le froid et les ténèbres. Les pleurs étaient suppliant. On l’implorait d’écouter... De revenir...



Revenir ? Mais pourquoi ? Rien ne l’attendait là-bas... ! Rien, sauf... Mais comment s’appelait-elle, cette femme au cheveux roux et aux yeux bleus plein de tendresse ? Drinny ? Cinny ? Non, ce n’était pas ça... Ginny ! Son nom était Ginny ! Ginny Potter ! Sa femme... Sa femme ? Oui, sa femme ! Mais ses yeux bleus qu’il chérissait tant n’étaient plus plein de Tendresse, maintenant... Ils étaient remplis de colère ! Alors pourquoi revenir ? Mieux valait rester dans l’endroit chaud !



Harry se recoucha, mais les pleurs ressurgirent, insistants. Il se redressa de nouveau. Ils voulaient vraiment qu’il revienne... Mais qui, ‘ils’ ? Ils... Harry fronça les sourcils. Ils... ? Peut-être était-ce Sirius ? Ou Remus ? Ou James... ? James ? Mais non, voyons, son père était mort ! Et ça n’était pas le genre de son parrain et de son ancien professeur de pleurer comme des bébés...



Des bébés ?



Oui ! Des bébés ! Ses bébés ! Abel et Théo Potter ! Nés le 15 Mars 2001... Ou plutôt 1976 ! Oui, c’était ça ! Les pleurs venaient de ses bébés ! Ses petits anges ! Les prunelles de ses yeux... Mais pourquoi pleuraient-ils ? Parce qu’ils voulaient qu’il revienne ! Mais pourquoi le voulaient-ils ? Parce qu’ils voulaient leur papa ! Pouvait-il les abandonner, par pur égoïsme, et rester dans cet endroit chaud ? Pouvait-il faire ça à ses créatures qui lui souriaient quand il leur faisait des grimaces au dessus de leurs berceaux, qui lui tiraient les cheveux quand il se penchait pour les embrasser ou lui volaient sa baguette ? Non, il ne pouvait surtout pas faire ça à ses fils !



Un grand sourire apparut sur le visage de Harry qui se leva. Sans hésiter, il tourna le dos à la chaleur. Ses fils avaient besoin de lui. Il devait vivre pour ses fils... Pour son sang... Et aussi pour Ginny. Elle lui pardonnerait peut-être, s’il présentait ses excuses... Parce qu’il voulait présenter ses excuses, alors qu’il avait eu raison ? Oui, il voulait ! Il l’aimait. Il ne pouvait pas l’abandonner non plus. Mais d’abord, il devait aller aider ses fils !



Au bord du gouffre, Harry sauta dans le froid et les ténèbres. Il ferma les yeux dans sa chute et quand il atterrit, il ouvrit les yeux. Au dessus de lui, Draco Malfoy poussa un cri de surprise avant de tomber brusquement en arrière, dans les pommes...



******************



Ginny berçait péniblement Abel, tentant de le calmer. L’enfant s’égosillait, tout comme son frère. Leur petit visage était rouge, leurs petit s poings serrés convulsivement. Théo battit furieusement des bras, brassant l’air. Fred, qui tenait le bambin, faillit le laisser tomber, mais il tint bon. Dans l’encadrement de la porte, James regardait la scène, pétrifié. Comment de si petites choses pouvaient-elles crier aussi fort ?



Soudain, les pleurs cessèrent. Les adultes, surpris, regardèrent les deux enfants avec des yeux exorbités. Abel poussa un soupir et sourit. Théo laissa échappé un petit gloussement, attrapant au passage la baguette de Fred qu’il secoua frénétiquement, des étincelles s’échappant de l’item magique. Abel tandis les mains et attrapa les cheveux de sa mère qu’il tira avec malice. Et alors, les deux enfants poussèrent des petits babillements joyeux.



******************



Harry se dégagea des bras de Draco qui était inconscient, poussant un léger cri de douleur quand la blessure à son ventre s’ouvrit pour se refermer. Autour de lui, Voldemort semblait s’entraîner pour un marathon... Harry eut un sourire sarcastique. Celle-là, il fallait qu’il la ressorte au mage noir... ! Mais d’abord, il devait soigner cette plaie béante par laquelle son sang semblait s’échapper aussi rapidement que les chutes du niagara. Regardant autour de lui, il fut surpris de voir une pochette brune en peau de lapin sortir négligemment de la poche de Draco. Il la tira rapidement et l’ouvrit. Une exclamation de soulagement s’échappa de sa bouche tandis qu’il reconnaissait les fioles transparentes et rouges. Juste ce dont il avait besoin !



Tirant la fiole rouge contenant, sans doute, une potion de soin, Harry la déboucha rapidement avec ses dents avant d’avaler son contenu d’un seul coup. Tout de suite, une étrange sensation de bien être se saisit de lui, sa blessure au ventre, celle au coude, au genou et au visage se refermant, laissant une marque rouge. Il sourit quand il s’aperçut qu’il était maintenant soigner. Cette potion était vraiment une merveille... Il voulut se lever, mais une douleur au ventre l’avertit. La blessure était refermée mais était restée ! Il lui faudrait se méfier... Elle pouvait se rouvrir à tout moment !



D’un mouvement, il jeta la fiole vide pour s’emparer de l’une des deux transparentes. Il grimaça en pensant au merveilleux goût qu’il aurait bientôt dans la bouche. Pourtant, faisant contre fortune bon cœur, il déboucha la fiole et s’empressa de tout boire et d’avaler avant d’être tenté de recracher. Tout de suite, une lumière dorée l’entoura, sa puissance se régénérant rapidement. Harry sourit, s’étendant avant de se lever. Il s’aperçut alors qu’il avait toujours ses ailes. Souriant, il les étendit de tout leur long, un ‘wouch’ ce faisant entendre. Autour de lui, Voldemort tentait vainement de jeter un sort au Gardien qui semblait s’amuser comme jamais.



« Bon, alors en premier, sauver le mage noir qui doit vivre bien que j’ai très envie de lui faire la peau... »



Harry décolla rapidement, volant aussi vite que possible vers le Dragon. Celui-ci stoppa net dans son jeux de chat à la souris, ou plutôt de Dragon au mage noir, quand il vit Harry. Voldemort, quand à lui, avait de nouveau cette expression très amusante qu’Harry avait rarement vu sur le visage maintenant serpentin : il était surpris. Mais Harry ne se préoccupa pas du mage noir. Il s’approcha du Gardien et posa sa main sur le front du Dragon.



« Ce n’est plus ton problème, Dragon, dit Harry, se demandant si l’animal magique pouvait le comprendre. Je me charge de cette ordure... »



Le dragon le regarda un instant, puis...



« Jusqu’à maintenant, c’est lui qui c’est chargé de toi... »



Harry, qui venait juste de revenir à la vie, faillit mourir de nouveau tant la surprise fut grande. Un Dragon qui parle ? Ok... Pourquoi pas... ? Il existait bien des mages noirs qui se faisaient tuer par des bébés de un an, alors un dragon qui parle... Une bagatelle... Une bagatelle qui avait littéralement décroché la mâchoire d’Harry...



« Heu... hésit
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# Posté le mardi 03 août 2004 11:54
Modifié le jeudi 05 août 2004 12:33

Chapître 20

Chapître 20
20 : Enfants d’une étoile





Sirius bailla pour la cinquième fois de la journée. Accoudé au comptoir de sa petite librairie, il regardait, par la vitrine, les rues inondées par la pluie qui tombait drue. Le soleil avait fait une brève apparition durant les vacances de pâques mais, déjà, la pluie revenait en force, trempant quiconque osait s’aventurer à l’extérieur. Et bien sûr, personne ne venait à la librairie quand il pleuvait. Aussi, Sirius s’ennuyait ferme. Remus, comme chaque mardi matin, était parti rendre visite à Poudlard, le laissant seul.



Sirius aurait voulu ne pas être seul. Il ne voulait pas être seul, le 5 Avril. Remus semblait avoir oublié... Pas Sirius. Il n’oubliait pas le 5 Avril. Il ne l’oublierait jamais. Le 5 Avril... Sirius secoua la tête, ses cheveux chatouillant ses oreilles. Las, il décida de fermer la boutique. Pourquoi la laisser ouverte alors que personne ne venait ? Il sortit du comptoir et enleva son tablier vert qu’il suspendit à un crochet près de la porte menant aux appartements privés qu’il partageait avec Remus.



« Comme deux vieux garçons que nous sommes », plaisanta Sirius.



Mais il ne rit pas et alla retourner la pancarte sur la porte, annonçant qu’il fermait. Il alluma la petite bougie magiquement modifiée pour ne pas se consumer et ne pas mettre le feu aux ouvrages se trouvant avec elle dans la vitrine et éteignit les autres lampes. Il poussa la porte de bois peinte en verte et où il était marqué priv pour entrer dans un sombre couloir au plancher grinçant. Sur la droite, un petit escalier montait à l’étage. Mais Sirius continua tout droit. Il entra dans la cuisine carrelée de petits pavés noirs et blancs et saisit une tasse avec une tête de chien dessus dans une des nombreuses armoires suspendues au-dessus de l’évier. Rapidement, il se fit une tasse de café, bénissant Hermione d’avoir trouvé un moyen d’installer quelques appareils électriques. Il s’assit à la table entourée de quatre chaises et regarda par la fenêtre d’où il pouvait voir Poudlard à travers les rideaux blancs et la pluie. Il souffla pour la vingtième fois de la journée et saisit sa tasse qu’il avala d’un trait.



Mais la caféine ne le rendit que plus morose et mélancolique. Alors, il sortit de la cuisine pour retrouver le sombre couloir. Il marcha jusqu’aux escaliers, regardant vers la porte juste à côté, menant au salon... se disant qu’il ne devait pas monter. Mais il monta. Les escaliers craquèrent sur son passage et Sirius eut un sourire. Personne ne pouvait être discret avec ces escaliers. Arrivé au premier étage, Sirius regarda la porte de la chambre de Remus où un petit dessin humoristique était collé. C’était Ginny qui l’avait fait. Il représentait un loup avec un chapeau de sorcier sur la tête et regardant la lune en lui tirant la langue. Remus en avait littéralement pleuré de rire.



Puis il se tourna vers la salle de bain. Cette fois, c’était un dessin de sirène dans une baignoire pleine de bulles et de mousse. La seconde porte avait un petit dessin avec un bonhomme portant une valise ; la chambre d’ami. Et enfin la dernière, mais non la moindre. La sienne. C’était un chien se tenant sur ses deux pattes arrières, les deux autres sur les hanches. Il levait la tête haute, une couronne posée de travers sur sa tête. C’était Harry qui en avait eu l’idée, bien sûr... Il poussa la porte et entra dans son antre, comme la nommait Remus. Un grand lit était appuyé contre le mur de droite, un secrétaire sur celui de gauche. Près de la porte, il y avait son armoire où il rangeait ses vêtements. Et en face de lui, la fenêtre donnant, elle aussi, sur Poudlard.



Sirius eut un halètement en regardant le château. Le 5 Avril... C’était le 5 Avril... Une larme roula sur sa joue tandis qu’il marchait vers le secrétaire, comme attiré par un aimant. Il ouvrit le premier tiroir, donna un coup sur le deuxième et le troisième s’ouvrit. Refermant le premier, il plongea la main dans le dernier et en sortit un petit écrin de verre. Dans celui-ci se trouvait un bracelet d’argent ou une simple phrase était marquée : ‘Mon cœur sera éternellement lié aux vôtres par notre amitié’. Il ouvrit la petite boîte et prit le bracelet qu’il porta à ses lèvres, une seconde larme roulant sur sa joue. Il ferma les yeux, serrant très fort ses paupières. Pourquoi retourner les vieux souvenirs qui ne procuraient que de la douleur ?



Il rangea le bracelet et referma l’écrin qu’il garda un long moment dans la main, regardant Poudlard. Pourquoi laisser un souvenir aussi douloureux revenir à la surface ?



« AAAAAAARRRRRGHHHHHHHHHHHHHHH !



- KELLYYYYYYYYYYYY ! »



Il ferma les yeux plus fort encore, essayant d’effacer cette image horrible, d’ignorer les sifflements frénétiques et les hurlements de douleur et de terreur. Mais tout restait gravé dans sa mémoire au fer rouge...



« Je t’aime, Sirius. Je t’aime, tu sais ? »



Il secoua encore la tête, d’autres larmes coulant sur sa joue. N’y tenant plus, il balança l’écrin dans son troisième tiroir qu’il referma brusquement. Il sortit de sa chambre en courant, sans même fermer la porte et fit irruption dans la boutique. Une pièce qui n’appartenait qu’au présent, une pièce où rien ne pouvait lui rappeler son sourire mutin, ses yeux chocolats brillant de malice et ses doux cheveux bruns. Et pourtant, ce visage le hantait. Ce visage... était collé à la fenêtre !



Sirius resta pétrifier en regardant le petit visage qui le fixait dehors. Ce n’était pas Kelly qu’il voyait. Il avait cru que c’était elle, mais ça ne l’était pas. Le petit garçon le regardait avec crainte, semblant croire qu’il avait fait une bêtise. Ses grands yeux bruns brillaient de peur tandis qu’il reculait, la pluie mouillant ses cheveux sales et ses vêtements déchirés. Sirius le regarda reculer avec surprise, puis, à grand pas, il sortit de la boutique. Le petit garçon avait commencé à courir, mais Sirius ne voulait pas le laisser partir.



« Petit, attends ! cria-t-il. N’ai pas peur ! Attends ! »



Le petit garçon s’arrêta, ses pieds nus couverts de boues prêts à reprendre leur course. Reniflant, il se retourna pour faire face à l’homme qui lui semblait plus grand qu’un titan du haut de ses six ans. Sirius lui fit un sourire bien veillant. D’un mouvement de baguette, il fit apparaître un parapluie. Le garçonnet le regarda avec les yeux exorbités. Sirius lui fit un sourire et ouvrit le parapluie. Des colombes en sortirent, s’éloignant rapidement dans le ciel orageux. Le petit garçon battit des mains, souriant.



« Tu ne voudrais pas rester dehors sous cette pluie, n’est-ce pas ? » demanda Sirius.



Le petit garçon hocha la tête et ne recula pas quand Sirius s’approcha de lui. Inquiet pour la santé du garçonnet, il le souleva dans ses bras, le protégeant de son parapluie. Celui-ci se laissa faire, entourant même le cou de l’animagus. Celui-ci eut un sourire tandis qu’il avançait vers sa boutique. Arrivé à l’intérieur, il déposa le petit garçon, qui balançait lentement ses jambes d’avant en arrière, sur le comptoir. Il regardait Sirius, suivant chacun de ses déplacements, gênant l’adulte de 40 ans. Il finit par se tourner vers le gamin en le regardant droit dans les yeux et sentit de nouveau son cœur se serrer. Il ressemblait tant à Kelly que s’en était terriblement troublant. Mal à l’aise, il s’approcha du petit garçon et, d’un coup de baguette, fit apparaître une serviette, entreprenant alors d’essuyer les longs cheveux bruns. Le petit garçon ne disait toujours rien, mais Sirius ne s’en plaignait pas. Quand il eut fini sa tache, il regarda le petit minois crasseux.



« Ça te dirait, un chocolat ? »



Le garçonnet hocha la tête et Sirius le souleva encore dans ses bras. De nouveau, il passa ses bras autour du coup de l’animagus qui le conduisit jusque la cuisine. Il l’installa sur une des quatre chaises, souriant doucement à l’enfant et versa du lait dans un poilons qu’il posa sur une des plaques. Il l’alluma et, en attendant que le lait soit chaud, s’installa sur la chaise la plus proche de la cuisinière. Enfin, il se tourna sur son invité surprise.



« Alors, dis-moi, fit doucement Sirius. Quel est ton nom ? »



Le petit garçon le regardait avec calme, ses paupières battant doucement.



« Tu sais parler ? » demanda Sirius, septique.



Il n’y eut toujours aucune réponse.



« D’accord... Tu sais hocher la tête ? » demanda-t-il.



Toujours rien. Le petit garçon se contentait de le fixer avec ses grands yeux, reniflant de temps en temps. Sirius soupira, sortit un mouchoir et lui tendit. Le petit hésita puis tendit la main pour saisir le tissu blanc. Il se moucha puis le rendit à Sirius qui regarda son mouchoir avec incrédulité.



« Heu... Y a-t-il un moyen pour que nous communiquions ensemble ? » tenta l’animagus.



Toujours aucunes réactions. Sirius commençait à désespérer. Un léger crépitement derrière lui l’avertit que son lait était chaud. Bondissant, Sirius se leva et alla éteindre le gaz. Il prit un gant en forme de chat offert par Hermione avant de s’emparer du poilons et de verser le lait dans deux tasses. Puis, ouvrant une des petites armoires près de lui, il mit trois cuillères de cacao et mélangea rapidement. Se retournant, il sursauta en voyant que le petit garçon n’était plus là. Légèrement surpris, il déposa les deux tasses fumantes sur la table et partit à la recherche de l’enfant.



Ses pas le conduisirent d’abord au salon, pour finir par retourner dans le petit couloir. Sirius devina où était allé l’enfant en voyant que la porte menant à la boutique était grande ouverte. S’avançant lentement, ses chaussures traînant sur le parquet, il rentra dans la boutique, un courant d’air secouant ses cheveux courts. L’enfant se tenait dans l’embrasure de la porte, regardant la rue face à la librairie battue par les vents et la pluie.



« Petit ? demanda Sirius, faisant sursauter le garçon. Qu’est-ce que tu cherches ? »



Le petit ne répondit pas et continua de regarder la rue. Soudain, il poussa une exclamation de joie et partit en courant. Un peu surpris, Sirius partit à sa poursuite. Il figea quand il vit le petit garçon, riant, serrant contre lui une fillette. Elle était plus petite que lui et encore moins bien habillée, mais elle resplendissait de joie. Une fois de plus, Sirius eut droit à un choc en voyant la petite en guenille. Elle lui ressemblait. Les mêmes yeux et cheveux noirs, la même expression mutine... Une douleur sourde se répandit dans son cœur. Ses enfants, riant dans la rue, ignorant la pluie tandis qu’ils riaient en se serrant l’un contre l’autre aurait pu être les siens et ceux de Kelly. Mais Kelly n’était plus là. Elle était partie un 5 Avril.



Soudain, la petite fille tourna son regard vers lui et le regarda avec une certaine crainte pour revenir sur le regard de son compagnon. Celui-ci lui fit un sourire et s’approcha de Sirius, souriant. L’animagus lui rendit son sourire, tournant son regard vers la petite fille. Bien qu’hésitante, elle finit par s’approcher de lui. Elle s’arrêta à un mètre, le regardant avec une expression où se mélangeaient curiosité et malice.



« Bonjour, dit Sirius en s’accroupissant, ne se souciant pas non plus de la pluie trempant ses vêtements et ses cheveux. Comment tu t’appelles ? »



La petite fille le regarda avec douceur, inclinant la tête.



« Adèle, répondit la petite fille d’une voix tendre, mélodieuse, donnant des frissons à Sirius.



- Enchanté, Adèle, dit-il. Moi, c’est Sirius. Et lui, dis-moi. Quel est son nom ?



- Nicolas, répondit la petite. C’est mon frère.



- Ah oui ? demanda Sirius en lui faisant un sourire rassurant.



- Oui. Il ne parle pas, expliqua-t-elle avec tristesse.



- J’avais cru comprendre, avoua Sirius. Dis-moi, voudrais-tu aller au sec et boire une tasse de cacao ? »



La petite fille eut un large sourire heureux et hocha frénétiquement de la tête. Sirius lui rendit son sourire et lui tendit la main. Elle la prit avec confiance, sans aucune hésitation et, tenant Nicolas avec l’autre main, il la fit entrer dans la boutique. Il ne les conduisit pas dans la cuisine, cette fois, mais dans le salon. Là, il leur indiqua les fauteuils bleu sombre près de la cheminée où un feu brûlait paisiblement. La petite fille n’hésita pas et alla s’installer, fermant les yeux de satisfaction quand elle fut plus proche de la source de chaleur. Nicolas, plus méfiant, regardait autour de lui. Sirius le vit regarder une photo de Harry sur son balai avec des yeux exorbités. Il réalisa que c’était sans doute la première fois qu’il voyait une photo bouger. Ses yeux se posèrent rapidement sur les autres cadres, semblant de plus en plus surpris.



Sirius décida de les laisser là et d’aller chercher les deux tasses. Il grimaça en constatant qu’elles s’étaient refroidies, mais tout fut rapidement arrangé après qu’il a jeté un sortilège de réchauffement sur les deux. Il retourna au salon pour voir que les deux enfants regardaient maintenant les clichés avec ahurissement.



« Ces photos bougent, dit la petite fille, attrapant le pantalon de Sirius alors que celui-ci s’était approché pour lui donner sa tasse de chocolat, Nicolas tenant déjà la sienne.



- Oui, répondit doucement Sirius. Elles ne bougent pas, chez toi ?



- Je n’ai pas de photos, avoua la petite fille. Mais je sais qu’elles ne sont pas censées bouger ! »



Sirius rit et s’assit dans l’un des fauteuils. La petite prit sa tasse, regardant son contenu avec ravissement, comme si elle voyait du chocolat chaud pour la première fois. Rapidement, elle posa ses lèvres sur le bord et but une gorgée. Elle poussa un petit cri de joie et avala tout le reste d’un coup sec. Ce fut au tour de Sirius de la regarder avec ahurissement. Cette gamine venait littéralement d’avaler du cacao bouillant d’un seul coup !



« Heu... fit Sirius, étonné. Est-ce que ça va ? »



La petite fille releva la tête et lui sourit.



« Oui, très bien ! Pourquoi ?



- Heu... Et bien, cette tasse était bouillante !



- Oh, fit Adèle, regardant la tasse vide. Oui, je sais. Mais je ne l’ai pas remarqué...



- Pas... Remarqu ? »



Adèle baissa la tête d’un air coupable. Elle semblait confuse et très triste. Du coin de l’œil, Sirius vit Nicolas le regarder avec colère. Visiblement, il avait dit ou fait quelque chose de mal. Doucement, il tendit les mains et saisit Adèle qu’il souleva et posa sur ses genoux.



« Et bien, Adèle, dit-il. Qu’est-ce qui ne va pas ?



- Je suis désolée, répondit la petite fille qui s’était mise à pleurer silencieusement.



- Désolée pourquoi ?



- Je n’ai pas su faire semblant, dit-elle, mortifiée.



- Semblant de quoi ? demanda patiemment Sirius.



- Semblant de ressentir... »



******************



Albus Dumbledore, directeur de l’école Poudlard depuis plus de 20 ans était paisiblement installé à son bureau et discutait avec Remus Lupin quand Sirius, deux enfants aux yeux écarquillés et émerveillés sur les talons, surgit dans le bureau. Il était trempé de la tête aux pieds et ses cheveux étaient dans tout les sens. Jamais il n’avait semblé plus excité et pressé.



Derrière lui, les deux enfants regardaient autour d’eux avec de grands sourires, leurs yeux semblant hésiter sur les cadres ronflants ou sur Fumseck. Finalement, ils décidèrent d’observer l’oiseau.



« Professeur Dumbledore ! s’exclama rapidement Sirius. J’ai besoin de votre aide !



- Heu, fit le vieil homme, trop surpris pour réagir. À quel sujet ? »



Le sourire de Sirius s’étendit alors qu’il prenait appui sur le bureau du directeur.



« Les enfants, dit-il, se tournant vers les deux bambins. Asseyez-vous, je dois raconter votre histoire au directeur. »



Albus et Remus lancèrent un regard de surprise aux deux petits. Tous les deux firent un sourire à Sirius et la petite fille tendit ses mains vers lui. Sirius sourit et la souleva, l’installant dans ses bras. Le garçonnet s’installa dans une des grandes chaises, ses jambes ne touchant même pas le sol.



« Je vous conseil de prévenir vos proches que vous allez être occupé longtemps, Albus. Ce que j’ai à vous dire va prendre beaucoup de temps... »



******************



Le silence régnait dans le bureau directorial de Poudlard. Couchée dans les bras de Sirius, Adèle s’était endormie, de même que Nicolas qui était roulé en boule dans la chaise. Albus les fixait avec incompréhension et surprise, revenant de temps en temps sur Sirius.



« Je ne te cacherai pas que... ce que tu me dis est une énorme surprise pour moi.



- Ça l’a été pour moi aussi, Albus, dit Sirius, toujours plein d’énergie. Mais je sais que c’est ce que je dois faire. J’en suis certain !



- Ça va être dur, signala Remus. Un projet tel que le tien demande des appuis au ministère. Nous devons trouver des bases sur lesquels s’appuyer... »



Sirius fit un grand sourire à son ami lycanthrope.



« Je sais. C’est pour ça que j’ai pensé que nous pourrions appeler les autres. Percy Weasley serait aussi le bienvenu. Et pourquoi pas Draco. Depuis son retour en Angleterre, il a été très demandé au ministère et je suis sûr qu’il a déjà réussi à s’intégrer. Harry, aussi, serait utile...



- En effet, en effet... Mais nous ne pouvons pas les appeler aujourd’hui, fit remarquer Albus.



- Pourquoi ? demanda Remus.



- Parce que nous sommes le 5 avril », répondit sombrement Sirius...



Le silence régna dans la pièce. Remus avait pâlit légèrement en entendant la phrase de Sirius et avait baissé la tête d’un air coupable.



« Je... J’avais oublié, je suis désolé, Sirius, dit-il doucement.



- Ça n’est pas grave, Lunard. Mais l’important est le projet, il faut à tout prix le mettre sur pied. Admettez que nous en avons besoin. Ça aurait dû être fait il y a longtemps.



- En effet, consentit Dumbledore. C’est étonnant que personne n’y ait pensé avant toi...



- Vous insinuez quoi, là, Albus ? demanda Sirius, sarcastique.



- Moi ? Rien, répondit innocemment le directeur. Mais blague à part, Sirius, le projet ne va pas s’envoler. Vous pouvez bien attendre demain.



- Nous avons déjà trop attendu, Albus, fit remarquer Sirius. Si mon projet avait été mis sur pied il y a plus de 50 ans, Voldemort n’aurait peut-être jamais existé. »



Un nouveau silence accueillit cette phrase.



« Je vais rédiger plusieurs lettres, dit Albus. Une pour Draco, une autre pour Percy et Arthur Weasley. De même que Bill. Comme il travaille dans une banque, il pourra nous donner son avis sur l’aspect financier. Je vais demander à Hermione et Ron, de même qu’à Harry et Ginny d’être présents. Demain, à 13h30. Ça vous va ? »



Sirius hocha la tête, reconnaissant.



« En attendant, je ne pense pas me tromper en pensant que vous accepterez bien volontiers de vous occuper de ces deux petits fugueurs, continua Albus en souriant et en désignant les deux enfants endormis.



- Ça serait avec plaisir », sourit Sirius.



******************



Sirius, Remus, Adèle et Nicolas rentrèrent à la boutique. Sur tout le chemin, ils durent porter les deux enfants paisiblement endormis. Remus, tenant fermement Adèle, regarda Sirius du coin de l’œil.



« Si ton projet est accepté, dit-il, hésitant, tu devras quitter la boutique...



- Oui, répondit calmement Sirius. Tu ne m’en veux pas ? »



Remus sourit paisiblement, regardant le petit Nicolas qui serrait bien fort le pull de Sirius dans son sommeil.



« Non, dit-il finalement. Je suis heureux que tu aies trouvé ta voix, mon ami... »



Sirius sourit à son tour.



« Et eux ? Demanda Remus. Quand ton projet sera sur pied, que vont advenir ces deux petits enfants.



- Je suppose qu’ils viendront avec moi, répondit Sirius.



- Ils t’aiment déjà beaucoup, Patmol. Sans vouloir élever ton narcissisme d’un cran, ton charme a déjà opéré sur eux. »



Sirius rit de bon cœur tandis qu’ils arrivaient à Pré-Au-Lard.



« Je sais. Je les aime déjà beaucoup aussi. »



Remus sourit.



« Adèle te ressemble, dit-il finalement.



- Je sais. Et Nicolas ressemble à... à Kelly... »



Remus hocha la tête alors qu’ils tournaient dans la rue de leur boutique. La pluie s’était arrêtée un instant, au grand bonheur des deux adultes.



« Ils doivent rester avec toi, Sirius.



- De toute façon, ils n’ont pas tellement le choix. Si mon projet est accepté...



- Non, Sirius, dit Remus. Je ne parle pas d’eux comme faisant partie du projet insensé mais pourtant ingénieux que tu as inventé. Je te parle de les adopter. »



Sirius ne répondit rien. Il entra dans la boutique, suivit de Remus et se tourna vers lui.



« Tu crois ? »



Remus eut un sourire encourageant.



« J’en suis sûre. Ils t’aiment déjà. Et tu serais un père idéal... »



Sirius rit.



« Je ne sais pas Lunard... Ce n’est pas à moi de choisir. C’est à eux. »



Remus hocha la tête. Ensemble, ils montèrent à l’étage. Jouant des coudes, Sirius parvint à ouvrir la porte de la chambre d’ami. Celle-ci était peinte en bleu clair et n’avait, comme mobilier, qu’un grand lit, une table de chevet et une armoire. À coups de baguette magique, de sa main libre, Remus transforma le lit en deux plus petits et installa Adèle dans l’un tandis que Sirius déposait Nicolas dans l’autre. Ensembles, ils les regardèrent dormir paisiblement.



« Quand ils se réveilleront, il faudra le faire prendre un bain, commenta à voix basse Remus. Je n’ai jamais vu des enfants si sales...



- Leur orphelinat ne devait pas être un endroit très fréquentable, gronda Sirius en sortant, refermant doucement la porte lorsque Remus fut également hors de la pièce.



- Mais tu vas changer ça, Patmol. Tu vas changer ça... »



******************



Le lendemain marqua un tournant définitif dans la vie de Sirius. D’abord, parce qu’il devait s’occuper des deux petits, ensuite, parce son projet allait être exposé à tous leurs proches, attendant leur jugement et leur avis. Dumbledore avait informé Sirius sur l’éventuelle présence de McGonagall et Rogue. S’il était ravi de revoir l’ancienne directrice des Gryffondor, Sirius ne pouvait cacher son enthousiasme délirant quant à la présence de son ennemi préféré.



« Qu’est-ce qu’il pourrait bien dire, de toute façon... Me proposer des poisons virulents pour les tuer discrètement ? ronchonna Sirius tandis qu’il préparait des crêpes, un tablier avec un chien tirant la langue protégeant ses vêtements.



- Heureusement que nous avons quatre chaises, fit remarquer Remus qui mettait les couverts.



- Lunard ! s’offusqua Sirius. Mais est-ce que tu m’écoutes ?



- Oui, oui, Sirius ! Je t’écoutais. Mais étant donné que tu me répètes les mêmes phrases depuis hier soir, je ne vois pas la nécessité de prêter l’oreille à tes jérémiades... »



Sirius lui lança un regard perçant et Remus lui tira la langue.



« Va les réveiller et les laver au lieu de cuisiner ! Et n’oublie pas de leur donner les vêtements que j’ai été leur acheter !



- Oui, Papa Remus ! », cria Sirius des escaliers où il montait déjà.



Sirius rit en entendant son ami grogner depuis la cuisine et monta les quelques marches qui le séparaient encore du palier. Là, il stoppa devant la porte de la chambre des enfants, repensant à ce que Remus lui avait dit la veille. Les adopter ? Qu’ils deviennent ses enfants ? Les Siens ? Remus allait un peu trop vite en besogne... Et puis, s’ils ne voulaient pas ? Soupirant, Sirius ouvrit doucement la porte de la chambre des enfants pour jeter un œil à l’intérieur.



Adèle avait la tête dans le vide, la couverture dans tous les sens, ce qui n’était pas le cas de Nicolas qui était parfaitement droit dans son lit. Sirius rit en regardant la petite fille. Non seulement elle lui ressemblait physiquement, mais en plus, elle ne tenait pas tranquille pendant son sommeil, tout comme lui. Riant sous cape, Sirius alla d’abord réveiller Nicolas. Celui-ci sursauta et se redressa, semblant terrifié, ses yeux regardant partout. Puis, il vit Sirius et lui sauta dans les bras, enfouissant son visage dans la nuque de l’animagus. Celui-ci esquissa un sourire avant de se lever, Nicolas toujours dans les bras pour finir par s’asseoir sur le lit de l’enfant et l’écarter un peu de lui, de façon à bien voir son petit visage.



« Et bien, Nicolas, qu’est-ce qui ne va pas ? demanda Sirius d’une voix douce. Tu faisais un mauvais rêve ? »



Nicolas hocha négativement la tête.



« Alors... Tu as eu peur en voyant que tu n’étais pas dans un endroit connu ? »



De nouveau, il dit non. Il se blottit dans les bras de Sirius, sanglotant.



« Nicolas ? demanda Sirius, paniqué. Qu’est-ce qui ne va pas, mon bonhomme ? »



Sirius eut un frisson. Mon bonhomme... C’était Harry qui l’appelait comme ça, alors qu’il n’était qu’un adolescent de 15 ans pleurant la jeune fille qu’il aimait et qui avait été tuée par des monstres sanguinaires. Sirius resserra son étreinte sur Nicolas.



« Je...



- Hein ? s’écria Sirius, les yeux écarquillés quand il se rendit compte que Nicolas essayait de parler.



- Je... Je... ne... savais... pas... »



Nicolas se tut, tremblant. Il frotta ses petites joues couvertes de larmes et s’accrocha encore plus à Sirius.



« Je... ne... savais... pas... où... tu... Où tu... étais ! »



Sirius tressaillit. Un sourire se forma sur son visage et il pressa de nouveau le petit garçon contre lui. Remus avait peut-être raison, après tout.



« Je suis là, Nicolas, répondit Sirius. Et je serai toujours là, d’accord ? »



Le petit garçon hocha la tête, mais il refusa de lâcher Sirius et resta la tête appuyée contre l’épaule de l’animagus quand celui-ci décida d’aller réveiller Adèle.



******************



Adèle fut plus facile à mettre sur pied que Nicolas. À peine réveillée que la petite fille sautait déjà à gauche et à droite en jubilant à l’idée de prendre un bain. Et quand son frère dit bonjour d’une voix rauque et hésitante, elle explosa littéralement de joie en courant partout et hurlant :



« Il parle ! Il parle ! C’est super ! Il parle ! »



Sirius dut faire preuve d’un peu d’autorité pour la calmer, mais quand elle découvrit les vêtements que Remus avait achetés, tous ses efforts pour la faire taire furent vains. Nicolas riait aux dépends de Sirius et de la joie de sa sœur. Mais il ne voulait toujours pas s’éloigner de l’homme. Quand enfin, Sirius parvint à faire tenir Adèle tranquille dans la baignoire, il était trempé ainsi que Nicolas.



« Tu es une vraie furie ! s’exclama Sirius en lavant vigoureusement les cheveux de la petite fille.



- Ça n’est pas bien ? demanda Adèle, ne comprenant pas très bien ce qu’elle avait fait de mal.



- Si, mais c’est fatigant, commenta Sirius. Ferme les yeux. »



La petite ferma fortement les yeux tandis que Sirius lui rinçait les cheveux. Puis il la lava patiemment tandis qu’elle riait à cause du gant de toilette qui la chatouillait. Quand il eut enfin finit, il l’enveloppa dans une serviette éponge bien douce et la souleva hors de la baignoire. Nicolas était assis sur l’évier et attendait patiemment son tour. Sirius lui fit un clin d’œil et le petit garçon lui sourit.



Quand Adèle fut habillée et prête à gambader à gauche et à droite, Sirius l’envoya auprès de Remus en lui demandant de signaler à son ami qu’elle était turbulente. Adèle lui demanda ce que ça voulait dire et, pour ne pas la vexer, lui dit que ça voulait dire avoir faim. Adèle sourit et descendit joyeusement les escaliers, laissant Sirius et Nicolas seul.



Le petit avait déjà enlevé ses vêtements sales et attendait patiemment. Sirius changea d’eau (elle était devenue brune après le passage d’Adèle), et invita gentiment Nicolas à y entrer. Il lava les cheveux indisciplinés de l’enfant qui le fixait toujours, comme perdu dans les traits de son visage. Sirius ne se sentait pas très bien sous ce regard scrutateur, mais il lava courageusement Nicolas. Quand il eut finit, le petit garçon s’accrocha à lui, mouillant encore un peu plus les vêtements de Sirius qui se résolut à aller se changer après.



Il enveloppa Nicolas dans une autre serviette et entreprit de l’essuyer. Nicolas était bien plus docile que sa petite sœur et se laissa faire sans poser de problèmes. À la fin, Sirius finit par être agacé par son regard et, alors qu’il enfilait une chemise à carreaux blanc et bleu, il demanda :



« Quel est le problème, Nicolas ? Pourquoi me regardes-tu comme ça ? »



Le petit garçon baissa la tête, gêné. Sirius attendit patiemment.



« Pourquoi ? Pourquoi... Tu... Tu...es si... gentil ? »



Sirius frissonna encore. Quelle réponse Nicolas attendait-il exactement de lui ? Quel sens avait exactement sa question ? Sirius essaya de la faire la plus complète et gentille possible.



« Au début, parce que vous étiez deux enfants seuls, perdus et à l’air malheureux, expliqua-t-il en fermant chaque bouton de la petite chemise patiemment. Ensuite, parce que j’ai appris votre histoire. Puis, enfin, parce que... Et bien, aussi incroyable que sa puisse paraître, je me suis attaché à vous... »



Nicolas parut surpris, mais finit par sourire. De nouveau, il passa ses petits bras autour du cou de Sirius. Celui-ci le souleva et, après avoir rapidement lancé un sortilège de nettoyage à la salle de bain, quitta celle-ci. Il emmena le petit garçon dans sa chambre avant de descendre. Nicolas regarda la pièce avec curiosité pendant que Sirius fouillait dans son armoire. Quand il se retourna, un nouveau pull sur le dos, Sirius faillit pousser un cri d’effroi. Nicolas tenait fermement le petit écrin dans sa main, regardant avec curiosité le petit bracelet d’argent.



« C’est... beau.. », dit-il, sa voix chevrotant un peu.



Sirius s’agenouilla doucement au sol. Il tendit les bras et Nicolas vint rapidement se blottir près de lui. Avec douceur, Sirius lui repris l’écrin et le regarda.



« À... qui...C’était ? »



Sirius déglutit péniblement.



« À une amie, répondit-il. Elle est morte il y a très longtemps... »



Nicolas appuya sa tête sur l’épaule de Sirius, regardant toujours le bracelet. Sirius ouvrit l’écrin et sortit le petit bijou.



« Elle s’appelait Kelly, dit-il doucement à Nicolas, se l’attachant au poignet après lui avoir lancé un sort d’agrandissement. Et elle m’avait volé mon cœur... »



Nicolas hocha simplement de la tête.



« Tu... l’as... récupér ? »



Sirius rit.



« Oui. Mais deux enfants me l’ont chapardé hier... »



Nicolas sourit. Sirius aussi. Il remit l’écrin de verre vide dans son tiroir et sortit de la chambre, Nicolas dans les bras, le bracelet de l’amitié au poignet...



******************



Le petit déjeuner fut terriblement hilarant. Adèle parlait sans arrêt et le seul moyen de la faire taire était de lui donner à manger. Remus n’arrêtait pas de lui mettre des crêpes dans son assiette, la petite fille engloutissant tout sans se plaindre. Nicolas s’était installé à côté de Sirius. Remus avait souri en voyant l’attachement du petit garçon pour Sirius, mais celui-ci fit comme s’il n’avait rien remarqué. Il coupait patiemment les crêpes des deux enfants, vérifiant qu’ils avaient bien tout ce qui leur fallait. Quand ils sortirent de leur maison à 11h, Remus souriait béatement en regardant Adèle qui était sur les épaules de Sirius et Nicolas qui était accroché à sa main. Ils formaient déjà une petite famille, quoi qu’en dise Sirius.



Ils se promenèrent dans le village, les enfants s’émerveillant à chaque chose magique qu’ils voyaient. Sirius leur acheta quelques friandises à Honeyduke, ce qui les plongea dans une grande félicité. Vers midi, ils allèrent manger aux Trois Balais où ils furent accueillis par une Madame Rosmeta tout particulièrement joyeuse. Elle choya Adèle comme s’il s’agissait d’une poupée. Nicolas, lui, restait accroché à Sirius, comme s’il avait peur de se perdre. Durant le dîner, il s’installa à côté de lui, le plus prêt possible.



Quand Adèle eut finit de manger, elle fut soudain très calme, sans doute fatiguée par toute l’énergie dépensée. Elle grimpa cahin-caha sur les genoux de Sirius et se blottit dans ses bras. Nicolas serra la main de l’adulte qu’il avait repris quand il avait fini son repas. Remus pouffait de rire. Sirius n’y prêtait même pas attention. A treize heures, Sirius paya et, portant Adèle dans ses bras et tenant la main de Nicolas, sortit. Accompagné de Remus, il prit le chemin de Poudlard où Harry et tous les autres arriveraient dans une demi-heure.



******************



L’entrée de Sirius fut tout particulièrement remarquée dans le bureau du professeur Dumbledore. Tous étaient déjà présents et assis, aussi, personne ne loupa les deux petits enfants blottits contre l’animagus. La réaction la plus drôle fut celle de McGonagall. La vieille dame, assise près d’Hermione, écarquilla les yeux et ouvrit la bouche d’un air idiot tout particulièrement drôle.



Harry eut juste l’air un peu sonné, mais Sirius ne mit pas ça sur le compte des enfants. Il savait que la veille avait été tout particulièrement éreintante pour lui. Sans compter qu’il avait maintenant un Sirius dépressif sur les bras et une blessure grave au ventre. Harry avait d’ailleurs un bras posé dessus, comme s’il craignait qu’un fou ne surgisse avec un poignard d’en dessous du bureau du directeur.



Percy Weasley avait gardé un air serein et indifférent, de même que Draco Malfoy. Arthur leva un sourcil interrogateur et Bill releva les yeux d’un manuscrit qu’il étudiait, cala un instant sur le charmant tableau qu’offrait Sirius puis retourna dans son observation d’une longue colonne de chiffres. Hermione écarquilla les yeux de surprise de même que Ron et Rogue arrêta de respirer. Mais bien vite, ils se remirent tous de la surprise.



« Bonjour, dis doucement Sirius à Harry, celui-ci se levant en grimaçant pour l’embrasser. Ginny n’est pas venue ? demanda-t-il.



- Non, répondit Harry en détournant les yeux. Elle est restée avec... Avec toi. »



Sirius hocha simplement la tête et installa Adèle dans une des chaises les plus confortables. Nicolas lâcha sa main et se cacha derrière ses jambes, visiblement gêné de tous ces regards scrutateurs. Dumbledore se racla la gorge et tous le regardèrent, attentifs.



« Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour parler d’un projet que Sirius a proposé hier. Je suis, personnellement, entièrement d’accord avec sa proposition, mais de nombreuses difficultés s’opposent à la réalisation de ce projet. Mais je ne vais pas vous accaparer plus longtemps et laisser Sirius vous expliquer tout ça... »



Sirius se dirigea vers le centre du bureau, les personnes présentes le regardant avec attention. Même Rogue semblait curieux de savoir quel était ce fameux projet (NdA : et tous les lecteurs de f et mésa se demandent ce que cette cinglée de Umbre a encore été inventer...).



« Je suis Sirius Black et en tant que tel, je ne vais pas aller tout de suite au fait. Avant, j’ai une petite histoire à vous raconter pour que vous compreniez bien l’importance de ce projet... »



Rogue grogna, McGonagall leva les yeux au ciel mais se concentra et Harry sourit à son parrain. L’histoire pouvait commencer.



******************



« Hier, alors que je m’ennuyais ferme à la boutique, j’ai rencontré Adèle et Nicolas, que vous voyez là. Je vous passerais les détails de cette rencontre. L’important, c’est Adèle et Nicolas. Adèle n’a que quatre ans. Du haut de ses trois pommes, elle est incapable de sentir les aliments qui ont été chauffés (certains regardèrent Adèle avec étonnement). Nicolas est âgé de six ans. C’est le frère d’Adèle. Lui ne peut pas parler, ou presque pas (Nicolas disparut derrière les jambes de Sirius, rouge comme une tomate).



« Si je vous dis ça, c’est parce que ces enfants, orphelins depuis trois ans, ont été torturés... par des mangemorts. Vous savez, comme moi, que Voldemort, il y a trois ans, conscient de la supériorité d’Harry magiquement parlant, a multiplié les massacres de familles moldues engendrant des sorciers. Nicolas et Adèle sont des sorciers. Ils peuvent voir Poudlard et je ne serai pas étonné de les voir faire de la magie sans trop savoir comment.



« Alors qu’Adèle n’avait qu’un an et Nicolas trois, une dizaine de mangemorts ont attaqué leur maison, dans un village non loin de Londres. Ils ont torturé et puis tué leurs parents devant leurs propres yeux, les forçant à regarder. Le choc fut tel pour Nicolas qu’il refusa de parler. Quant à Adèle, elle fut torturée, alors qu’elle n’avait qu’un an, par ces monstres ! Ils furent laissés pour mort et abandonnés dans la campagne avoisinante.



« Deux jours plus tard, ils étaient dans un orphelinat. Et c’est là qu’intervient mon idée. Au début, tout se passa bien dans l’institution dans laquelle ils furent placés. Traités comme des princes, nourris, lavés, logés, les deux enfants étaient heureux. Adèle était trop petite pour se souvenir, mais pas Nicolas qui faisait de nombreux cauchemars. Vers l’âge de cinq ans, les plus grands se mirent à le chahuter. Et, étant sorcier, Nicolas c’est inconsciemment défendu. Le petit garçon qui l’embêtait fut précipité sept mètres plus loin.



« Les surveillantes assistèrent à cet événement et, comme tout moldu qui se respecte, en furent effrayés. À partir de ce moment là, les deux enfants furent traités comme des monstres (une lueur de douleur traversa les yeux d’Harry). Et il y a de cela une semaine, ces espèces de... de choses qui se disent charitables les ont abandonnés durant une excursion. Encore quelques jours et ils seraient morts de faim ou de soif !



« Et c’est là qu’intervient mon projet. Beaucoup d’enfants sorciers d’origine moldue et sorcière confondus sont maintenant orphelins. Soit à cause de la guerre contre Voldemort, soit à cause de problème divers. Ce que je propose... Ce que j’ai l’intention de faire, c’est de créer une institution accueillent tout enfant possédant des pouvoirs magiques. Je veux créer un orphelinat pour enfants sorciers ! »



******************



Un grand silence accueillit cette nouvelle plus que surprenante. Un orphelinat pour sorciers... Ça semblait tellement évident et pourtant, personne n’y avait encore pensé... Personne n’avait encore eut le courage d’y penser.



« C’est de la folie ! s’exclama Rogue, brisant le silence. Personne ne sera assez fou pour te confier un enfant !



- Je me fous de ce que tu penses, Rogue...



- Messieurs ! intervint Albus. Ça n’est pas le moment de vous quereller. Ce projet doit être discuté et mis sur pied. Je suis entièrement d’accord avec Sirius. Depuis trop longtemps les enfants possédant des pouvoirs magiques et orphelins ont été maltraités à cause de leur différence. Voldemort n’aurait jamais vu le jour si Tom Jedusor n’avait pas mal vécu son expérience au sein d’un orphelinat modlu !



- C’est vrai, fit remarquer Harry. Et... C’est peut-être un peu personnel, mais cet orphelinat aurait pu changer ma vie, s’il avait existé avant. Je suis pour !



- Moi aussi, dit Remus.



- Moi de même, s’exclama Ron.



- Je ne sais pas, fit simplement Hermione. Est-ce que ça ne risquerait pas d’augmenter certaines inégalités entre enfants d’origine sorcière et moldue ? Ce que je veux dire, c’est les orphelins d’origine sorcière pourraient se montrer... hargneux vis à vis des autres. Merlin sait combien les enfants peuvent être cruels à cet âge là.



- C’est vrai, concéda Sirius. Mais si mon projet est mis sur pied, je veillerai à ce qu’il n’y ai aucun problème. Et, sans vouloir jouer les optimistes, je pense qu’un orphelinat pour enfants sorciers permettrait à des enfants dits de ‘sang pur’ de ne pas être maltraités par les petits moldus et donc, de créer une haine contre eux.



- Je suis pour, lâcha aussitôt Hermione.



- Je le suis également, intervint Percy Weasley. Mais vous êtes conscients des difficultés que nous allons rencontrer ? Il faut d’abord convaincre le ministre, trouver des subventions pour créer un bâtiment et nous n’avons pas cet argent au ministère ! Nous commençons tout juste à nous remettre des frais qu’ont occasionnés la guerre contre Voldemort...



- Pas besoin de construire un bâtiment si nous en avons déjà un, intervint Draco.



- Il n’est pas question de faire ça à Poudlard, signala Dumbledore. L’école est grande, mais tous ces enfants... Ça serait impossible de les diriger tous.



- Je ne parlais pas de Poudlard, fit narquoisement Draco. Mais de Garden’s Manor. Ça serait idéal.



- Garden’s Manor ? s’étonna Harry, les yeux écarquillés. Tu veux dire que tu ferais don d’un de tes manoirs ? Pour une bonne cause ? »



Tout le monde regardait Draco, les yeux exorbités.



« Cette vieille bicoque ne me sert à rien, de toute manière, dit Draco en croisant les bras.



- Cette vieille bicoque fait plus de deux cents pièces, fit remarquer Harry.



- Et tout le monde a entendu parler des rénovations que tu as faites. Tu voulais l’offrir à Sarah, s’exclama Hermione.



- Bon, vous le voulez ou pas ? s’impatienta le blond.



- Oui, oui ! se précipita Sirius. Je le veux !



- On dirait un mariage, fit remarquer Remus, les autres éclatant de rire.



- Très drôle, Lunard..., grogna Sirius.



- Messieurs ! intervint Bill. Il ne suffit pas d’avoir un terrain et un manoir. Il vous faut aussi de l’argent pour le matériel et pour payer le personnel.



- Un solide dossier à présenter au ministre, poursuivit Percy.



- Et des personnes assez tarées pour être intéressées, finit Arthur.



- Je subventionne, dit calmement Harry. J’ai déjà pas mal d’argent de côté et avec le mondial de Quidditch, je suis assuré pour cinq cent ans.



- Si tu gagnes », fit remarquer Ron.



Harry grimaça.



« Je veux bien y aller un peu de ma poche aussi, grogna Draco. Mes livres d’histoire se vendent bien et je suis à couvert depuis des millénaires...



- Je peux aussi mettre un peu d’argent, dit doucement Albus. Être directeur paye bien... »



Il envoya un sourire à Harry qui lui lança un regard agacé.



« Attendez, attendez, attendez ! s’exclama Sirius, souriant. Vous voulez dire... que vous êtes tous d’accord ?



- Oui ! répondirent- les sorciers, chacuns à leur tour.



- Sérieux ? »



Nouvelles réponses affirmatives. Sirius poussa un hurlement de joie et sauta littéralement au plafond.



******************



Ils restèrent des heures à discuter dossiers, subventions et personnel. Certains quittaient les lieux pour assurer leurs cours, mais une équipe restait en permanence présente pour peaufiner le tout. À dix-neuf heures, Percy Weasley repartit avec un dossier épais contenant explication du projet, montant de la somme amassé et description du manoir de Draco. Harry repartit aussitôt. Sirius remarqua qu’il semblait terriblement fatigué et garda serré son filleul contre lui pendant de longues minutes. Mais Harry repartit, et Sirius garda longtemps une certaine inquiétude pour lui.



Durant ces longues heures à parler du projet de l’orphelinat, Sirius n’avait pas oublié Adèle et Nicolas. D’abord parce que le petit garçon tenait à garder la main de Sirius dans la sienne, ensuite parce qu’il pensait de plus en plus à ce que Remus lui avait dit. À la possibilité de les adopter. Sirius se doutait que les enfants accepteraient de suite, mais il craignait de les choquer, voir de les effrayer. Après tout, ils ne se connaissaient que depuis un jour, presque deux. Il finit par aller trouver la seule personne assez humaine et intelligente pour le renseigner sur ce qu’il devait faire.



« Hermione ? demanda Sirius qui avait réussi à convaincre laborieusement Nicolas de le lâcher. Est-ce que je pourrais te parler une seconde... en priv ? »



Bien que surprise, Hermione hocha la tête. Ils allèrent trouver refuge dans le bureau même de la jeune femme.



« Et bien, Sirius ? demanda Hermione. Qu’est-ce qui ne vas pas ? »



Celui-ci se tortilla douloureusement sur la chaise devant le bureau de chêne ou Hermione était installée. Il ne l’avait jamais eu comme professeur mais, étrangement, il eut la brusque sensation d’être un enfant.



« Voilà, je... Je pense sérieusement... enfin... je pense adopter les enfants. »



Hermione eut un sourire amusé.



« Tu penses, seulement ? s’étonna-t-elle. Ça fait bien longtemps que j’aurai rempli les papiers, rit-t-elle. Ces enfants et toi êtes fait pour être ensemble ! C’est aussi clair que le jour.



- Vraiment ? demanda Sirius, hésitant.



- Sirius ! S’exclama Hermione d’un air amusé. Ils t’adorent ! »



Sirius rit, passant nerveusement une main dans ses cheveux.



« Je ne sais pas, dit Sirius. Ce n’est pas... un peu tôt ? »



Hermione rit en secouant la tête.



« Je pense plutôt qu’il est grand temps pour vous trois d’avoir une famille. Ces enfants ont besoin d’un père. Tu as besoin d’enfants. Saute sur l’occasion ! »



Sirius sentit son cœur s’alléger. Il soupira et regarda Hermione.



« Tu crois vraiment qu’ils accepteront ?



- S’ils refusent alors c’est que je me serai trompée pour la première fois de ma vie... »



Sirius éclata de rire et Hermione croisa les bras.



« Et ça, fit-elle, c’est strictement impossible... »



******************



Sirius, Remus, Nicolas et Adèle rentrèrent vers vingt heures. Bien qu’il soit fort tard, les deux enfants étaient plutôt surexcités. Nicolas avait plus ou moins suivit et ne cessait de poser des questions sur l’orphelinat sorcier. Sa voix, grâce à une potion de Mme Pomfresh, était totalement revenue, même s’il devait encore prendre la potion pendant un certain temps. Adèle et lui jubilait encore sur tout ce qu’ils avaient vu à Poudlard quand ils arrivèrent à la librairie. Néanmoins, Sirius remarqua qu’ils s’assuraient toujours de sa présence non loin.



Les adultes étaient tout simplement exténués. Sirius avait mal à la tête et Remus, encore sous l’effet de la pleine Lune, dormait sur place. Sirius lui dit d’aller dormir. Il voulait parler un peu seul avec les deux enfants.



A vingt et une heures, ils étaient lavés et vêtus d’un pyjama trop grand pour eux qui n’était autre qu’un t-shirt de Sirius. Celui-ci leur avait offert deux peluches que les enfants serraient contre eux avec possessivité. Sirius s’assit sur le lit de Nicolas et regarda l’enfant pour finir par fixer Adèle. Tous deux lui accordèrent de suite son attention, sentant la nervosité de l’adulte.



« Voilà, dit Sirius avec anxiété. Je sais qu’on ne se connaît pas depuis longtemps et que... enfin, ça peut vous paraître un peu... bref, mais... Enfin... Je me disais que peut-être... Si vous voulez... Vous voudriez... De moi... comme père. »



Le silence accompagna cette phrase. Adèle fixait Sirius avec étonnement et... espoir.



« C’est sérieux ? demanda la petite fille. Tu veux de nous ? Comme enfant ? Tu veux nous... nous... heu... j’ai oublié le mot... »



Adèle eut l’air coupable.



« Ça n’est pas grave, Adèle. Et oui, je veux vous adopter... »



Un grand sourire éclaira le visage de la fillette qui bondit de son lit pour atterrir dans les bras de Sirius.



« Je veux ! » cria-t-elle, pleurant de joie.



Sirius rit en serrant la petite fille contre lui, caressant ses cheveux noirs. Adèle s’écarta et lui fit un grand sourire. Sirius l’embrassa sur le front et se tourna vers Nicolas. Celui-ci fixait, de grosses larmes coulant sur ses joues enfantines.



« Tu veux être notre papa, dit Nicolas, pleurant à chaudes larmes.



- Oui, dit Sirius.



- Tu ne vas pas nous abandonner ?



- Non. Jamais, Nicolas, dit Sirius avec véhémence. Jamais de toute ma vie je ne vous laisserai. »



Nicolas se leva, ses jambes tremblant tandis qu’il s’approchait de Sirius, le matelas s’enfonçant sous son poids. Pleurant toujours Nicolas s’arrêta à quelques centimètres de lui.



« Je pourrai t’appeler Papa ? » demanda timidement le garçonnet.



Sirius se mit à pleurer aussi, hochant vigoureusement de la tête.



« Papa étoile ! » s’écria Nicolas.



Et il lui sauta dans les bras, riant et pleurant de joie.



******************



Le 15 avril 2001



Cher Monsieur Black,

Après avoir pris connaissance de vos requêtes, les avoir analysées et étudiées, nous avons l’honneur de vous annoncer que vous êtes autorisé à ouvrir l’orphelinat pour enfants possédant des pouvoirs magiques. De ce fait, vous aurez accès à la liste d’enfants sorciers venant au monde. Un personnel sera recruté pour vous aider dans votre tâche et nous espérons de tout notre cœur que votre projet, une fois mené à terme, permettra au monde sorcier et à ses habitants des jours meilleurs. Nous vous prions cependant de bien vouloir accepter un conseiller du ministère en la personne de M. Perceval Weasley qui vous épaulera dans cette merveilleuse idée.



Quant à votre demande d’adoption pour Nicolas et Adèle Diset, je vous annonce qu’elle a été approuvée par tous les membres du comité de réglementation d’adoption d’enfants sorciers. En vous souhaitant bonne chance pour votre vie de famille et professionnel,



A. Ermenu, Ministre de la magie.



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# Posté le mardi 03 août 2004 11:53
Modifié le jeudi 05 août 2004 12:37

Chapître 21

Chapître 21
21 : Un cours pour rire.







Harry rentra de la réunion de Sirius totalement épuisé. La nuit avait été très courte pour lui car il avait été réveillé par un Sirius plus jeune hurlant à cause d’un quelconque cauchemar. Et quand enfin il était rentré dans son appartement, ce fut pour trouver les jumeaux Weasley avec un message de Dumbledore lui demandant d’être à Poudlard pour 13h30. Harry aurait aimé l’envoyer paître, mais Albus avait été formel quant à l’importance de la situation.



D’un côté, Harry ne regrettait pas d’y être allé. Voir son parrain si heureux lui avait remonté le moral, bien qu’il fut horriblement perturbé, se souvenant sans cesse du garçon de quinze ans pleurant dans une galerie souterraine alors que celle qu’il aimait avait été tuée par d’horribles serpents. Son parrain avait semblé remarqu son malaise, mais Harry ne voulait pas parler de ça avec lui. Non pas qu’il craignait de lui faire du mal, non, il avait peur de se faire mal. Lui aussi était encore sous le choc. Et il n’osait pas imaginer dans quel état devaient être les amis de l’adolescente... et son petit ami potentiel...



Il était las de ses pensées quand il poussa la porte de ses appartements. Le directeur lui avait donné une semaine de congé pour se remettre un tant soit peu de sa blessure, même s’il ne pourrait pas affronter l’un de ses élèves dans un duel avant un mois, selon Mme Pomfresh. Harry souffla à la pensée de ce temps perdu.



Des babillements éloignèrent rapidement ses tracas. Relevant la tête, Harry sourit en voyant Ginny, dos tourné, qui semblait fixer un Abel particulièrement agité. L’enfant riait et gigotait, semblant vouloir attraper les petits jeux. Il tempêtait autant qu’il pouvait, tendant ses petites mains potelées en gémissant. Harry s’approcha à pas de loup et passa ses bras autour de la taille de Ginny, caressant son ventre. La jeune femme sursauta et tourna vivement la tête pour sourire en reconnaissant Harry. Il appuya doucement la tête contre son épaule, regardant son fils gigoter dans son landau.



« Il me semble bien éveillé, ce petit bonhomme », dit doucement Harry.



Ginny rit doucement, ses mains caressant celles de son mari avec douceur.



« Que voulait Albus ? demanda-t-elle avec tendresse.



- Mhmm, fit rêveusement Harry en se balançant de gauche à droite, Ginny dans ses bras. Il voulait que Sirius m’expose son projet d’orphelinat pour enfants possédants des pouvoirs magiques... »



Pivotant sur elle-même, passant habilement ses bras autour du cou de son mari, Ginny le fixa, ébahie.



« Sirius ? fit-elle, étonnée.



- Oui, dit Harry, souriant.



- Et tu penses qu’il va y arriver ?



- Il a un bon plan d’attaque, chuchota Harry dans ses cheveux, serrant Ginny contre lui. J’espère qu’il y arrivera. Ça lui tient vraiment à cœur.



- Je suis sûre que oui », dit doucement Ginny, fermant les yeux pour savourer pleinement la chaleur de la proximité d’Harry.



Ils restèrent un long moment enlacés avant qu’Harry ne s’écarte d’elle. Abel avait cessé de gigoter et somnolait. Harry le prit délicatement dans ses bras. Le petit bambin lui fit un sourire fatigué. Tendant la main, il attrapa le pan de la robe de son père pour le serrer contre lui. Bougeant doucement de gauche à droite en berçant son enfant, il alla s’installer dans le divan, face à la cheminée. Abel papillonnait des yeux, tentant de rester éveillé, ses yeux fixant les émeraudes de son père. Harry se tourna vers Ginny, l’air interrogateur. Celle-ci sourit et monta à l’étage. Elle revint rapidement avec Théo. Doucement, elle s’arrangea pour que son époux ait les deux enfants dans ses bras.



Confortablement installé, Harry appuya sa tête contre le dossier. Théo dormait paisiblement, mais pas Abel qui tentait de résister. Alors, les berçant, Harry se mit à chanter. Plusieurs fois déjà, il avait chanté de petites chansons pour ses enfants et ceux-ci, à chaque fois, avaient adoré. Ginny aussi aimait l’écouter. Harry avait une voix douce, tendre. La première fois qu’elle l’avait entendu, c’était dans la salle commune de Gryffondor, tandis qu’il descendait les escaliers pour aller déjeuner. Elle n’avait pas pu oublier sa voix et, lors de leur nuit de noce, légèrement gênée, elle lui avait demandé de lui chanter une chanson... Il l’avait fait, mais ça n’avait pas été n’importe quoi. Harry avait exprimé tout son amour pour elle, lui chantant combien elle était belle et comme il tenait à elle... Elle en avait carrément pleur !



Fermant les yeux, elle se laissa aller sur la lente chanson qu’Harry avait créé pour ses enfants le lendemain de leur naissance.



Petits anges qui me ressemblez,

Savez-vous combien je peux vous aimer ?

Vous, mes deux petits cœurs,

Êtes la source de mon bonheur.

Petits anges qui me ressemblez,

M’accorderez-vous le plaisir de vous embrasser ?

Sur vos petites joues si jolies ?

Ou encore votre front si détermin ?

Petits anges qui êtes le but de ma vie,

Savez-vous combien je peux vous aimer ?

Que vous dormiez paisiblement,

Ou que vous nous fassiez milles tourments,

Mon bonheur est dans vos yeux.

Il est dans vos sourires heureux.

Ma vie est dans chaque battement de vos cœurs,

Ma joie dans votre bonne humeur.

Petits anges qui me ressemblez,

Savez-vous combien je peux vous aimer ?



Ginny rouvrit les yeux, regardant Harry qui tenait les deux petits bébés endormis paisiblement. Ils affichaient tous les deux une expression de pur bonheur. Doucement, Harry laissa aller sa tête et ferma les yeux également. Ginny le regarda s’endormir avec un léger sourire, plus heureuse que jamais alors qu’elle contemplait sa petite famille.



******************



Harry se réveilla dans son lit et non dans le divan. Ses fils n’étaient plus dans ses bras, c’était Ginny qui était blottie contre lui. Jetant un coup d’œil par la fenêtre, il constata qu’il faisait nuit. Soufflant, il se recoucha contre Ginny qui se rapprocha un peu plus de lui. Mais bien vite, ça devint insupportable pour Harry. Il avait horriblement chaud. Avec précaution pour ne pas réveiller son épouse, il se glissa hors des couvertures.



Il s’avança dans sa chambre et s’aperçut que Ginny l’avait mit en pyjama. Et cela, sans le réveiller. Elle était vraiment une infirmière incroyable. Avec tendresse, il borda Ginny qui se roula confortablement dans le petit creux qu’avait fait le corps d’Harry. Elle ne se réveilla pas, à son grand plaisir. Doucement, Harry quitta la pièce pour descendre les marches menant au salon. Arrivé la-bas, il se laissa lourdement tomber dans un des fauteuils, son regard émeraude tombant sur les flammes mourantes dans la cheminée. Il avait encore trop chaud. Poussant un léger gémissement à cause des contorsions qu’il dut faire, Harry ôta sa veste de pyjama, se retrouvant torse nu.



Inconsciemment, son bras vint se plaquer contre sa blessure. Harry l’écarta tout de suite et baissa les yeux pour regarder la longue plaie. Un bleu était apparu tout autour et un peu de sang avait séché sur les files. Il fit une grimace en imaginant la douleur qu’il ne manquerait pas de ressentir quand on les lui enlèverait. Soupirant, Harry se laissa aller dans le fauteuil avant de jeter un regard négligeant à sa montre. Quatre heures dix-neuf... Depuis deux jours déjà, il n’arrivait plus à passer des nuits complètes. La sensation d’un poignard froid s’enfonçant dans son ventre revenait sans cesse et, trop souvent à son goût, Harry se réveillait en entendant les pleures du jeune Sirius.



Deux jours et Madame Pomfresh refusait catégoriquement de laisser sortir Sirius Black de l’aile de l’hôpital. Son état psychologique était plus qu’inquiétant et l’infirmière commençait singulièrement à désespérer. Etrangement, les seuls moments où Sirius semblait cesser de pleurer étaient ceux où Harry était là. Le jeune Gryffondor se réfugiait dans les bras de son professeur, tremblant, et ne voulait alors plus le lâcher. Pomfresh avait été catégorique. A la mort de Kelly, Sirius avait plongé dans un monde de ténèbres et la première personne à l’en avoir tiré en l’appelant, le consolant, avait été Harry. Il était donc normal que Sirius, instable, s’attache à lui comme à une bouée de secours. Harry était le seul à réussir à le sortir de sa morgue habituel ou de son avalanche de larmes, l’éloignant par sa présence des hurlements et ultimes paroles de sa bien-aimée qu’il marmonnait dans son sommeil.



Mais tout cela ne plaisait pas à Harry. En fait, il était horriblement paniqué. Voir son parrain dans un tel état lui brisait le cœur, car il savait ce qui l’attendait. Il ne cessait de se demander ce que Sirius avait bien pu... ressentir en arrivant à Azkaban. L’animagus lui avait certifié qu’il n’avait rien eu, persuadé qu’il était innocent et hanté par cette unique pensée. Mais ne lui avait-il pas caché la vérité dans l’unique but de lui dissimuler son voyage dans le temps ? Pour ne pas qu’Harry soit au courant d’une mort passée se déroulant dans son avenir ? Harry secoua la tête. Il était de nouveau perdu dans toutes ces pensées chaotiques de temps, présent et futur.



Soudain, son regard se posa sur la lanterne sur son bureau. Pouvait-il faire ça ? Pouvait-il faire voyager son parrain, dans le futur et lui montrer sa vie, lui signifier qu’elle continuait, qu’il n’avait pas à s’enfermer dans un monde de solitude et de larmes ? Qu’un jour, il serait heureux, prévoyant de changer définitivement le monde magique et décidant d’adopter deux petits enfants adorables ? Car à coup sûr, ces trois-là allaient former rapidement une famille. Harry s’attendait à recevoir une lettre du futur lui indiquant l’idée de Sirius d’adopter Adèle et Nicolas. Si t’en est que Sirius trouve le courage de le demander...



Harry secoua de nouveau la tête. Que pouvait-il faire, alors ? Que pouvait-il faire pour aider son parrain, pour le sortir de cet univers de désespoir et de souffrance ? Harry écarquilla les yeux. Il fallait être dingue pour trouver une idée pareille. Mais c’était la seule solution !



******************



Jonathan Carpiel, les yeux gonflés, les cheveux dans tous les sens, ouvrit sa porte en poussant un bâillement sonore qui aurait pu entrer dans les anales des bâillements bruyants. Le maître de potion et ange de surcroît écarquilla les yeux quand il vit un Harry Potter, alias McDrell, torse nu, les yeux brillants de joie, une étincelle de malice jouant dans ses deux émeraudes.



« Heu... Qu’est-ce qui se passe ? demanda l’ange, tentant vainement de ne pas porter ses yeux sur le torse musclé d’Harry, celui-ci ne prêtant même pas attention au trouble de son collègue.



- John ! s’exclama Harry avec un sourire éblouissant. J’ai besoin de ton aide ! Et tout de suite ! »



Bien que septique, le professeur céleste et encore endormi laissa entrer Harry dans ses appartements. Il le regarda tourner en rond, perdu dans ses pensées pendant près de cinq minutes. Enfin, Harry se tourna vers lui. Ses yeux brillaient étrangement.



« Il faut aider Sirius Black à se remettre de cette fichue déprime ! lança à brûle pourpoint le professeur de DCFM.



- Je ne vois pas en quoi je suis concerné, grogna John.



- Mais au contraire ! s’exclama Harry. Tu es en première ligne ! »



John leva un sourcil interrogateur, ne comprenant visiblement pas le point de vue d’Harry.



« Il faut que Sirius et Kelly se rencontrent ! » lâcha Harry.



Le silence accompagna cette déclaration. Carpiel s’assombrit.



« Non, Harry, dit-il simplement. Je ne peux pas faire ça. Faire venir des esprits est condamnable par le grand conseil céleste...



- Je ne te parle pas de faire venir Kelly Parledel. Mais de faire en sorte qu’elle et Sirius se rencontrent ! »



Jonathan était totalement perdu. Et cela, Harry le voyait clairement à son visage. Un grand sourire apparut sur la figure d’Harry. Jonathan écarquilla les yeux.



« Si tu penses à ce que je pense, ça va être dur. Il nous faut partir à la chasse...



- Et quoi de mieux qu’un ange et une panthère pour le faire ?



- Mais ta blessure...



- Sera protégée par ma fourrure. »



Carpiel leva les yeux au ciel.



« Toi, quand tu as une idée en tête... »



Et Harry éclata de rire.



******************



Le ciel palissait, les étoiles disparaissant peu à peu. Dans la forêt interdite, les animaux levaient un regard étonné en voyant cette créature éblouissante de lumière volée au-dessus d’eux. Et, filant comme le vent, juste dans l’ombre de l’ange, une panthère noir, la bave aux lèvres, suivait le mouvement.



Les arbres défilaient à côté d’Harry qui, sous sa forme animagus, transportait une petite sacoche dans sa gueule. Soudain, Carpiel s’arrêta et se posa aux côtés de la panthère.



« Il y en a une sur la gauche, déclara John. Mais elle a l’air assez capricieuse. »



Harry reprit sa forme humaine et enleva la petite sacoche de sa bouche. Il remua légèrement sa mâchoire d’un air agacé, puis sourit à John.



« Parce que tu arrives à voir si les licornes sont capricieuses ? »



Carpiel leva un sourcil en lui faisant un sourire sarcastique. Harry pouffa silencieusement et s’avança dans la forêt. Une lueur argentée, à quelques mètres de lui, lui indiqua la présence de la licorne. Aussitôt, Harry fit ressortir son aura au maximum. Du coin de l’œil, Harry vit son collègue tressaillir.



Devant lui, la licorne releva la tête. Ses yeux, violets, sondaient le regard de Harry avec curiosité. Le jeune homme, aussitôt, transmit dans son aura son envie de faire du bien, son appel à l’aide à la créature. La licorne le fixa encore un instant avant de s’éloigner, s’approchant d’un arbre. Harry faillit pousser une exclamation de peine, de désespoir pour ne pas qu’elle s’en aille, mais il se retint quand il la vit poser sa corne contre un arbre et frotter dessus avec acharnement. De la poudre argentée s’effrita de sa corne, tombant au sol en un petit tas. La licorne releva la tête et lança un regard à Harry. Elle hennit et s’enfuit en courant.



« Bravo, fit Carpiel, admiratif. J’aurai juré qu’elle refuserait... »



Harry sourit tandis, que, sacoche en main, il s’approcha du petit tas argenté. D’un mouvement de baguette, il l’ obligea à rentrer dans le petit sac de cuir et le ferma hermétiquement à l’aide de la magie.



« La chasse n’a pas duré si longtemps que ça, commenta Harry en souriant à son ami.



- Non, juste trois heures, railla le professeur de potion. J’ai cours, moi, demain ! »



Harry ricana en s’approchant de lui.



« Pourtant, j’ai encore besoin de ton aide... »



John hocha la tête. Battant des ailes, il décolla tandis qu’Harry reprenait sa forme animagus. Ensemble, ils reprirent le chemin de Poudlard.



******************



Quand ils arrivèrent à l’infirmerie, le professeur de DCFM, toujours torse nu, reçut une claque magistral sur l’arrière de la tête.



« McDrell, grogna l’infirmière. De un, vous ne devriez pas être debout à cette heure, de deux, vous devriez avoir une veste ou encore un pull pour protéger cette blessure ! Non mais ! »



Harry rentra la tête dans les épaules en tirant la langue, John pouffant discrètement.



« Et vous, au lieu de rire, vous auriez pu vous montrer plus raisonnable ! gronda Pomfresh, ce qui eu pour effet de redoubler leur rire. Silence ! siffla-t-elle. Il y a un patient, ici...



- Précision, dit Harry en riant. Un ! »



Carpiel s’effondra au sol, se tenant le ventre. Le ton d’Harry était plus qu’ironique... L’infirmière leva les yeux au ciel.



« Quand vous aurez fini de rire comme des imbéciles heureux, vous me direz peut-être pourquoi vous êtes ici, tous les deux. »



Harry et John mirent un certain temps à se remettre de leur fou rire. Quand enfin, l’un d’eux fut en possession de ses moyens, ils expliquèrent péniblement la raison de leur présence.



« Nous sommes venus aider Sirius, expliqua Harry.



- En le tuant ? répliqua l’infirmière. Il a besoin de repos !



- Nous en sommes conscients, Madame Pomfresh, dit poliment Carpiel. Mais cette dépression ne s’arrêtera pas sans un coup de main...



- Et comment comptez-vous l’en débarrasser ?



- Oh, c’est une méthode très complexe qui nécessite un grand calme ! dit Carpiel avec un hochement de tête discret à l’intention d’Harry. Aussi allons-nous laisser Harry s’en occuper... Mais venez avec moi dans le couloir... Je vais vous expliquer le tout... »



John passa un bras autour des épaules de l’infirmière et, légèrement de force, l’entraîna hors de la pièce. D’un geste de la main, il envoya un rayon doré à la sacoche de Harry quand Mme Pomfresh eut le dos tourné. Ils sortirent alors, laissant Harry seul avec un Sirius dormant paisiblement.



Le jeune voyageur s’approcha du lit de Sirius pour s’arrêter à son chevet. Faisant grincer le lit, Harry s’installa tout près de lui. Aussitôt, Sirius se réveilla en sursaut, ses grands yeux noirs regardant à gauche et à droite avec terreur. Dés qu’il vit Harry, il ne s’inquiéta même pas de sa tenue étrange et passa ses bras autour de la taille de son professeur, appuyant sa tête conter son torse. Harry lui rendit son étreinte, ouvrant discrètement la sacoche. Il attrapa un peu de poussière argentée et, d’un mouvement doux, en répandit sur la tête de Sirius et sur lui-même. Ensemble, ils basculèrent dans un tourbillon de couleur.



******************



Ils atterrirent dans un pré enneigé. Non loin de là, une forêt semblait s’embraser, la lueur du soleil se couchant derrière s’accrochant aux branches nues. Harry serrait toujours Sirius contre lui, et le garçon gardait les yeux fermés, semblant terrifié.



« Bonhomme, dit doucement Harry. Ouvre les yeux. Il n’y a rien à craindre... »



Sirius ne réagit pas tout de suite. Il resserra ses bras autour d’Harry mais finit par ouvrir les yeux. Harry, quant à lui, envisageait mille et une manières différentes pour faire payer à Voldemort la blessure que ces monstres avaient fait à son parrain. Il fut sortit de ses pensées quand Sirius haleta péniblement. Un gémissement de douleur franchit ses lèvres serrées l’une contre l’autre tandis que ses yeux regardaient avec horreur la plaine enneigée.



« Non ! s’écria-t-il, horrifi ! Pas ça ! Je ne veux pas être ici ! Emmenez-moi ailleurs ! »



Sirius voulut s’enfuir. D’un mouvement rapide, il se leva et se mit à détaler. Harry n’eut aucun mal à le rattraper. Non seulement parce que ses jambes étaient plus longues que celle de son jeune parrain, mais aussi parce que Sirius venait tout juste de se réveiller et qu’il titubait maladroitement dans la neige. Harry le saisit par les épaules, l’obligeant à s’arrêter.



« Sirius ! s’écria Harry, inquiet pour son parrain. Arrête ! »



Mais le jeune garçon continuait d’essayer de fuir, semblant terrifié. Soudain, des rires d’enfants le paralysèrent. Harry garda un moment ses bras autour de la taille de son parrain puis, voyant le calme de Sirius, il le lâcha. Les rires d’enfants se firent de nouveau entendre derrière eux. Tout doucement, Harry tourna la tête. Ce qu’il vit le pétrifia à son tour.



Ils devaient avoir six ans, mais ils étaient exactement identiques aux adolescents qu’Harry connaissait, semblant seulement un peu plus jeune. Ils étaient vêtus chaudement, la petite fille ayant un manteau d’hiver bleu ciel et le petit garçon, un brun. Leurs écharpes, jaunes toutes les deux, flottaient au vent tandis qu’ils se poursuivaient. Sirius tourna lentement la tête. Une larme coula sur sa joue. Un cri de souffrance sortit de ses lèvres. Les deux enfants ne les virent ni ne les entendirent. Ils faisaient partis d’un autre temps. Ils étaient Sirius et Kelly à l’âge de 6 ans...



******************



« Tu vas me le payer, Sirius Black ! cria la petite Kelly. Attends un peu !



- Tu peux toujours courir ! » railla le petit garçon, lui tirant la langue.



Kelly lui lança une boule de neige, mais elle loupa sa cible d’un bon mètre. Rapidement et riant, Sirius confectionna une boule assez grosse et l’envoya droit sur Kelly. La petite fille fut touchée au visage, tombant sur ses fesses. Sirius poussa un cri de guerre et de victoire.



« JE TE DETESTE ! » cria Kelly, pleurant à chaudes larmes, son bonnet de laine de travers.



Le petit Sirius se figea un instant, son sourire s’effaçant. Il resta planté à quelques mètres de son amie, la regardant avec peine. Soudain, il s’approcha doucement et s’agenouilla près d’elle.



« Pleures pas, dit-il doucement. Je voulais pas te faire mal, Kelly... Je suis désolé...



- Nan, c’est pas vrai ! cria la concernée, continuant de pleurer.



- Mais si ! Je te jure ! Kelly... »



Les sanglots de la petite fille redoublèrent, ceux-ci se répercutant sur les arbres et les montagnes avoisinantes. Le petit Sirius, terrifié, se mit aussi à pleurer.



« Arrête ! dit-il. S’il te plaît, Kelly, je te jure que je voulais pas te faire mal ! Je t’aime trop pour ça ! »



De suite, la petite fille arrêta de pleurer. Ses yeux chocolats se levèrent pour fixer ceux de Sirius.



« C’est vrai ? demanda doucement Kelly.



- Mais oui ! cria Sirius. C’est vrai ! »



La petite fille sourit et rougit. Doucement, elle passa ses bras autour du cou de son ami et enfouit sa tête dans ses cheveux. Sirius, surpris, sourit doucement et la serra contre lui.



« Moi aussi, je t’aime, Sirius. De tout mon cœur... »



******************



Harry n’en revenait pas. John s’était-il trompé de sortilège ? Ils auraient du rencontrer l’esprit de Kelly, non pas revoir un élément du passé. Son jeune parrain s’était laissé tomber à genoux. Il fixait ce qu’il avait été avec des yeux vides, sans expression. Soudain, une voix douce et calme se fit entendre. Harry se figea.



« Tu me l’as dit une fois... Mais je n’ai jamais pu l’oublier... Et je ne l’oublierai jamais, sans doute... »



Sirius tressaillit de la tête aux pieds, relevant la tête. Les deux petits enfants, enlacés, ne bougeaient plus. Les arbres, la neige volant à cause du vent, tout, sans exception, étaient immobiles.



Harry se retourna et écarquilla les yeux de surprise, tout comme Sirius. Derrière eux se tenait Kelly Parledel. Non pas la petite fille, mais l’adolescente défunte, son esprit. Elle était vêtue de blanc des pieds à la tête, ses cheveux pour une fois parfaitement bien coiffés. Ses yeux bruns rieurs fixaient Sirius avec gravité et amour, semblant inquiet. Harry se détendit. John avait bien fait les choses. Il avait amené Sirius à Kelly.



******************



Sirius pleurait, serré dans les bras de Kelly. La jeune fille le berçait doucement, tentant de le calmer. Harry, lui, n’osait pas les regarder. C’était leur moment, leur ultime instant. Leur dernier.



« Sirius, murmura Kelly avec tendresse. Arrête de pleurer. Ça n’est pas ta faute ! »



Sirius ne dit rien, toujours serré contre elle. Il ne répondit pas non plus à l’affirmation de son amie, mais resserra sa poigne.



« Sirius ! s’impatienta Kelly, les sourcils froncés. Ecoute-moi ! »



Le jeune adolescent trouva enfin le courage de la regarder. Il pleurait toujours silencieusement, mais attendait qu’elle parle. Harry faillit sourire.



« Elle a de l’autorité, pensa-t-il avec amusement. Comme Ginny d’ailleurs... Merde ! Je ne l’ai pas prévenu... »



Harry blêmit, se mettant soudainement à souhaiter que la rencontre ne s’éternise pas trop. Il n’avait pas envie de se disputer encore une fois avec son épouse !



« Sirius, dit tendrement Kelly. Pourquoi es-tu si triste ? »



Le jeune Gryffondor sembla surpris de cette question. Mais pas Harry. Il savait où Kelly voulait en venir.



« Et bien... Parce que... Tu es morte, dit-il avec hésitation.



- Et alors ? demanda Kelly. Je suis morte, c’est vrai, mais qu’y a-t-il de triste ? »



Une fois de plus, Sirius se figea.



« Je suis morte, Sirius, mais je suis toujours l !



- Toujours là... répéta Sirius d’une voix blanche.



- Oui, dit Kelly en lui souriant.



- O ? » fit Sirius d’une voix gémissante.



Le sourire de Kelly s’élargit. De sa main, elle frôla la joue de son amour.



« Dans ton cœur, lui dit-elle simplement, une larme roulant sur la joue de Sirius. Ça n’est pas ta faute, Sirius. Et quand bien même ça le serait, je ne t’en voudrais pas. Tu as essayé. Tu as essayé de me sauver. Ça n’est pas ta faute. Je ne t’en veux pas... Et je ne t’en voudrais jamais. Je... (elle eut un léger sourire rêveur, son regard se posant sur les deux enfants enlacés) Je t’aime trop pour ça... »



Sirius frissonna. D’un mouvement rapide, il la serra contre lui. Et alors qu’un tourbillon de couleur les entourait, Harry et lui, il chuchota dans l’oreille de sa bien-aimée disparaissant :



« Moi aussi, je t’aime, Kelly. De tout mon cœur... »



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Ils réapparurent dans l’infirmerie, dans la même position que quand ils étaient partis : Harry assit sur le lit de Sirius, ce dernier serré dans ses bras. Ils ouvrirent lentement les yeux pour constater avec surprise que rien n’avait changé dans la pièce toujours vide. L’horloge, près du bureau de Madame Pomfresh, affichait toujours la même heure. Seule une minute était passée alors qu’ils étaient partis près de vingt minutes. L’un contre l’autre, Sirius et Harry échangèrent un regard surpris.



De suite, l’expression de Sirius se modifia. Il rougit intensément en s’éloignant avec gêne de son professeur. Harry en fut profondément heureux. Non pas que la proximité de Sirius le dérangeait, non. Ce qui l’enchantait était tout simplement la réaction de Sirius. Jamais son visage n’avait été aussi expressif. Et, plus que tout, ses yeux n’étaient plus vides. Ils pétillaient de nouveau de vie. Harry dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas hurler de joie.



« Merci, dit Sirius, troublé. Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé, mais... Je veux vous dire merci. Pour avoir été là et... Pour ce qu’il vient de se passer... »



Harry lui sourit tout en se levant. Il jeta un regard à gauche et à droite et saisit une couverture sur un lit proche pour s’en draper telle une toge. C’est qu’il faisait frisquet, dans l’infirmerie de l’école !



« Pas de quoi, M. Black... C’était un plaisir de vous aider... Néanmoins, dit Harry avec amusement, j’espère vous voir rapidement en cours... »



Et d’un pas noble, Harry s’éloigna vers la porte. Alors qu’il allait l’ouvrir, Pomfresh la lui envoya en plein dans la figure, Harry poussant un cri de douleur.



« Put... », jura Harry, sa main plaquée sur son nez ensanglanté.



Mme Pomfresh eut l’air consterné. Derrière elle, Jonathan éclata de rire, se tenant le ventre. Harry poussa un grognement plaintif, sa main tentant de retenir le sang qui s’écoulait par petites gouttes sur le sol. Il voulut faire remarquer à Pomfresh qu’elle faisait une bien piètre infirmière, mais le rire de Sirius l’arrêta. Se retournant, il sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Plié en deux dans son lit, Sirius pleurait littéralement de rire.



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« Vous m’avez fait rater ma sortie, grogna Harry, la tête penchée en arrière tandis que Pomfresh lui enfonçait un coton tige imbibé d’une potion bleuâtre. Aïe ! Pas si loin, là, vous êtes au cerveau ! »



Mme Pomfresh lui décocha un regard sombre. Harry sourit. Dans un coin de l’infirmerie, Sirius riait toujours. John étant partit pour profiter de ses dernières heures de sommeil avant ses cours, ils n’étaient plus que trois dans l’infirmerie. L’infirmière leva les yeux au ciel, comprenant la manœuvre de son patient pour faire rire l’adolescent. Elle souffla, enfonçant un peu plus son coton dans la narine d’Harry.



« C’est ça, railla Harry. Torturez-moi un peu plus, je n’en ai pas encore eu assez ! »



Pomfresh eut l’air de vouloir lui arracher la tête. Au lieu de ça, elle enleva le coton avec brusquerie, Harry poussant un second cri de douleur. Il massa son nez réparé, et fusilla l’infirmière des yeux. Mais celle-ci lui fit un sourire sarcastique.



« Quand vous aurez fini de faire le clown, vous viendrez dans mon bureau... », dit-elle d’un ton sec.



Harry lui tira la langue – quand elle eut le dos tourné – et fit un sourire amusé à Sirius avant de suivre Pomfresh dans son bureau.



« Vous vouliez me voir ? demanda Harry avec un léger rire, entendant Sirius tentez de reprendre son souffle.



- Oui, mais fermez la porte », dit l’infirmière sévèrement.



Harry s’exécuta, comprenant que l’entretient qui allait suivre allait être sérieux. Mme Pomfresh était assise à son bureau avec calme, mais sévérité. D’un mouvement sec, elle lui désigna une chaise. Harry s’y installa, la vague impression d’être un enfant flottant autour de lui.



« Je ne sais pas comment vous avez fait pour que la dépression de M. Black parte aussi rapidement car, bien entendu, votre complice a refusé de m’expliquer. Mais une chose est sûre, McDrell... Vous ne partirez pas d’ici avant de m’avoir expliquer qui était cet homme qui vous a apporté ici ! »



Harry écarquilla les yeux de surprise. Il ne s’attendait pas à ça du tout.



« Heu... fit Harry, légèrement déstabilisé.



- Et pas de mensonge ! grogna Pomfresh. J’ai très clairement entendu votre femme l’appeler Malfoy ! »



Harry se figea d’horreur. Malfoy ! Ginny l’avait appelé Malfoy. Inspirant, Harry ferma les yeux un instant. Qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir encore raconter ?



« Bien, dit-il sérieusement. Je suppose qu’il ne sert à rien de vous mentir. Vous avez sans doute observé, telle que je vous connais, la ressemblance frappante entre Lucius Malfoy et mon ami.



- En effet, gronda l’infirmière.



- L’explication n’en sera que plus facile, alors, dit Harry qui s’enfonçait les ongles dans la cuisse pour ne pas éclater de rire. La vérité, c’est que l’homme que vous avez vu... Est le demi-frère de Lucius Malfoy... »



Pomfresh perdit tout de suite son air sérieux, ses yeux s’écarquillant d’étonnement.



« Demi-frère, répéta-t-elle, surprise.



- Oui, dit Harry avec un soupçon de tristesse dans la voie. Peu avant de se marier, la père de Lucius Malfoy a... eu une relation illégitime avec une femme habitant en Amérique... Et c’est de cette relation qu’est né... Justin. Malfoy refusa de reconnaître l’enfant, car il avait été conçu avant le mariage... Et il abandonna lâchement cette pauvre femme avec son nourrisson... Qui porte tout de même le nom de son père...



- Vous vous foutez de moi ! s’exclama Pomfresh.



- Pas du tout ! s’offensa Harry. La preuve, mon ami est même marié à une moldue... Ce qui montre que, durant son enfance, il n’a pas été influencé par une souche purement... Malfoyienne... »



Pomfresh semblait perplexe. Mais Harry savait qu’elle ne pouvait rien faire pour le contredire. Elle pouvait en informer Dumbledore, lui ordonner de faire une enquête... Mais le directeur était dans le coup. Il falsifierait sûrement les résultats...



« Il m’a aidé pour chasser les monstres de Voldemort, finit par dire Harry, utilisant son argument choque. N’est-ce pas suffisant pour vous montrer que ce n’est pas un ennemi ?



- Oui, oui, bien sûr, dit Pomfresh avec précipitation, craignant sans doute qu’Harry redise le nom tant redouté. Je vous remercie de m’avoir expliquer tout ça...



- Mais de rien, dit Harry en se relevant. Bien sûr, je compte sur vous pour ne rien divulguer...



- Bien sûr ! dit Mme Pomfresh. Je ne dirai rien.



- Vous comprenez qu’il ne faut surtout pas que ça parvienne aux oreilles des Malfoy d’Angleterre... Car, s’ils le savaient vivant, ça entraînerait de grave complication pour... Justin.



- Je comprends, dit gravement l’infirmière.



- Bien, dit doucement Harry. Au revoir, Mme Pomfresh. N’hésitez pas si vous avez de nouveau besoin de mon aide... »



L’infirmière hocha la tête. Harry, lui, sortit du bureau en souriant. Passant devant le lit de Sirius, il constata que son jeune parrain s’était rendormir, une expression sereine sur le visage. Le sourire qu’avait Harry s’étendit. Il sortit de l’infirmerie, rayonnant.



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En entrant dans ses appartements, Harry nota en premier qu’il était sept heures trente. Puis, il se rappela qu’on était jeudi et qu’il était en congé. Soufflant, il monta rapidement les escaliers menant à sa chambre et à celle des jumeaux, juste à côté. C’était autrefois un placard mais, grâce aux aménagements d’Harry, la petite pièce s’était vue transformer en une chambre d’enfant. Bien qu’exiguë, la pièce offrait assez de place pour faire tenir six adultes avec un fort gabarit les uns à côté des autres.



Harry s’approcha du landau de Théo pour constater que le bambin, serrant une oreille de son petit lapin en peluche, dormait paisiblement. Souriant, Harry caressa la joue de son premier fils avec son index avant d’aller s’assurer du sommeil du second. Abel dormait également. Sa couverture était tombée et son nounours était au fond du lit. Harry émit un discret rire avant de recouvrir son fils de sa petite couverture verte émeraude.



Pendant près de dix minutes, Harry les regarda dormir. Aucun spectacle ne lui semblait plus beau et reposant. Ses fils étaient si paisibles et relaxés... Harry soupira. Lui aussi, il était fatigué. Lentement, il quitta la chambre de ses enfants, laissant la porte entrouverte au cas où ils auraient un quelconque problème. Puis, lentement, il repassa à sa propre pièce.



Ginny dormait toujours, roulée en boule dans les couvertures. Les rideaux bleus tendus devant la fenêtre laissaient filtrer une légère lumière, mais pas suffisante pour réveiller la jeune femme. Harry sourit et enleva le drap de l’infirmerie dans lequel il était drapé. Lentement, il souleva les couvertures et s’installa. De suite, Ginny vint se blottir contre lui, sans toute fois se réveiller. Harry la serra très fort, respirant son parfum avec plaisir. Alors, la fatigue devenant trop forte, Harry se rendormi enfin.



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Harry se réveilla en sentant le contact doux de la main de Ginny sur son torse. Ses yeux s’ouvrant lentement, il lui fallut quelques secondes pour s’habituer à la lumière bleutée de la chambre. Il sourit en tombant nez à nez avec son épouse. Et d’un coup, son cœur sauta dans sa poitrine. Couché ainsi près d’elle, il la trouvait plus belle que jamais. Ses cheveux roux, en bataille, encadraient son jeune et jolie visage. Ses yeux, bien qu’ensommeillés, brillaient de tendresse et d’amour tandis qu’elle lui souriait gentiment.



« Bonjour toi, dit doucement Harry en l’attirant contre lui.



- Bonjour mon amour, lui répondit-elle en caressant ses côtes. Tu as bien dormi ? »



Harry se contenta de sourire tout en enfouissant son visage dans la nuque de son épouse, ses mains défaisant habilement sa robe de nuit. Il serait toujours temps de tout lui raconter après...



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Toujours couchés dans leur grand lit, blottit l’un contre l’autre, les deux époux, nus, se fixaient dans les yeux, silencieux. Harry avait tout raconter à Ginny, la jeune femme l’écoutant attentivement.

« Et donc, Sirius va bien ? demanda finalement Ginny, passant ses bras autour de la taille d’Harry pour aller lui caresser le dos.



- Pas bien, mais mieux, répondit Harry. Même si la visite à Kelly l’a aidé, il lui faut encore s’habituer à son absence... Et oublier sa peine... »



Ginny ne dit rien, elle regardait son mari avec tendresse. Harry embrassait son cou, ses lèvres descendant graduellement. La jeune femme se resserra un peu plus contre lui.



« Tu es un démon », lui dit-elle, souriante.



Harry lui renvoya un sourire carnassier.



« Et fier de l’être », répliqua-t-il.



******************



Harry regardait par la fenêtre quand des coups furent portés à la porte de son appartement. Midi avait sonné comme le moment pour Ginny et lui de se lever. Les jumeaux criaient famine et ils les avaient nourris ensemble, riant des facéties de leurs fils. Mais, une heure plus tard, une élève de quatrième année était venue chercher Ginny, envoyé par Mme Pomfresh. Un accident dans la classe de potion requérait la présence de l’assistante infirmière. Harry était donc rester seul avec ses deux enfants, mais ceux-ci somnolaient déjà.



Surpris, Harry se leva et alla ouvrir la porte pour être accueilli par les petites frimousses de ses élèves de premières années. Harry les regarda avec surprise, leur souriant gentiment.



« Et bien ! Que faites-vous l ? »



Les jeunes adolescents échangèrent un regard gêné.



« On... on est venu voir comment vous alliez, dit enfin un Poufsouffle.



- Vous nous manquez beaucoup ! dit avec gêne un petit de Gryffondor.



- Mais ça ne fait même pas deux jours, dit Harry, riant.



- Oui, mais même ! s’exclama une Serdaigle, rougissant. On voudrait bien que vous reveniez...



- Allons, leur dit Harry en se mettant à leur hauteur. Je vais revenir, je ne suis absent que pendant une semaine...



- On croyait... Enfin, tous les professeurs de DCFM... Ils sont tous partit un à un... et...



- Et vous croyiez que j’allai partir tout de suite ? s’étonna Harry. Allons, quelle idée ! Je reste jusqu’à la fin de l’année... »



Les premières années le regardèrent avec étonnement.



« Vous voulez dire que vous allez partir... Après ? »



Harry ne répondit pas tout de suite, voyant leur mine attristée. Enfin, coupant leur espoir définitivement, il répondit par l’affirmatif. Des "Oh, non !" se firent entendre des petites frimousses devant lui. Il sourit doucement.



« Ne faites pas cette tête l ! dit Harry. Nous sommes en avril... Je suis encore là pour un petit temps...



- Mais qui va nous donner cours si vous n’êtes plus l ?



- Et bien... un autre professeur, je suppose... »



Harry fut surpris de voir la tristesse évidente de ses petits premières années. Tout doucement, il leur sourit et se redressa.



« Mais vous n’êtes tout de même pas venu juste pour ça, dit-il gaiement, essayant de leur faire retrouver le sourire. Et nous n’allons pas rester plantés au milieu du couloir ! Venez, rentrons à l’intérieur... Mais ne faites pas de bruit ! Les jumeaux dorment ! »



Ce fut le mot magique. Aussitôt, les petites filles eurent de grands sourires alors que les garçons levaient les yeux au ciel. Harry eut un sourire indulgent et les fit rentrer dans son appartement. Il ne fallut pas longtemps aux élèves pour trouver les deux bébés et s’agglutiner autour, les regardant avec admiration.



« Oh, ils sont si mignons ! s’exclama Eulalie.



- C’est vrai ! acquiesça Eléanor. Ils vous ressemblent, Harry ! »



Le concerné eut un sourire amusé. La tristesse de ces petits élèves étaient déjà passée. Mais Harry garderait toujours en lui le sentiment de bonheur qu’il avait ressenti en réalisant qu’il allait vraiment leur manquer.



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« Ils sont vraiment gentils, dit doucement Harry à Ginny, le soir même. Je ne pensais pas qu’ils s’étaient autant attachés à moi... »



Ginny lui fit un sourire attendri, ses mains caressant les cheveux ébouriffés de son mari.



« Je n’en suis pas surprise... C’était clairement écrit dans le livre de promotion 1975-76... Et tu as toujours été un grand séducteur. »



Harry rit un peu avant de pivoter et d’enlacer la taille de son épouse, la serrant contre lui.



« Ça ne va pas, Harry ? demanda la jeune femme en constatant que son mari, la tête appuyée contre son ventre, ne bougeait ni ne parlait.



- Je suis épuisé, avoua Harry. Je commence à comprendre pourquoi Madame Pomfresh ne voulait pas que je recommence les cours avant une semaine... »



Ginny sourit, tirant la tête de son mari pour qu’il la regarde. Ils étaient tous les deux dans le salon, profitant de leur soirée de tranquillité. Quand Ginny était rentrée de l’infirmerie, ce fut pour trouver son époux épuisé devant la cheminée. Doucement, elle s’était glissée sur ses genoux, non sans avoir aperçut du coin de l’œil les jumeaux qui dormaient profondément et une assiette de sandwiche.



« Va te reposer, alors, lui dit-elle doucement. Je m’occupe de mettre les jumeaux au lit... De toute façon, vu comment tes élèves ont joué avec, quand ils se sont réveillé... »



Harry sourit doucement, sa tête caressant le ventre de son épouse. Ginny passa encore sa main dans ses cheveux avant de se pencher pour l’embrasser. Elle se sépara de lui doucement, regardant ses yeux verts fatigués.



« Il faut que je refasse le sortilège pour tes yeux », fit-elle remarquer.



Harry poussa un gémissement plaintif avant d’enfouir sa tête dans les robes de son épouse.



« Vraiment ? fit sa voix étouffée. Je ne peux pas rester ainsi ? Je ne suis plus professeur avant un petit temps... »



Ginny rit avec tendresse.



« Mhmm... D’accord, dit-elle. Mais tu devras éviter la Grande Salle...



- Je n’ai pas l’intention d’y mettre les pieds avant de retourner enseigner, dit Harry.



- Bien... Alors... Tes lunettes ? »



D’un mouvement de baguette magique, Ginny fit apparaître les lunettes d’Harry. Celui-ci les posa sur son nez avec ravissement. La jeune femme rit doucement et le regarda.



« Ça te donne un air plus sérieux, lui dit-elle. Je te trouvais horriblement impressionnant avec ça, quand j’étais petite... »



Harry pouffa.



« Impressionnant ? Draco disait que ça me donnait l’air bête.



- Il disait ça pour t’embêter, gronda Ginny. Tu es impressionnant avec ça !



- Vraiment ? dit Harry en resserrant l’étreinte de ses bras autour de la taille de son épouse.



- Oui, dit Ginny en lui offrant un sourire coquin. Et sexy aussi... »



Harry éclata de rire avant d’embrasser de nouveau Ginny.



« Tu me réveille, dit-il tendrement. J’en avais besoin... »



Ginny rit, mais un babillement la fit taire.



« Tu n’es pas le seul à te réveiller, dit-elle, le faisant rire. Tu viens t’en occuper avec moi ? »



Harry hocha la tête, l’aidant à se relever. Ils passèrent le reste de la soirée à jouer avec les enfants, oublieux un instant de l’endroit où ils étaient et de tout ce qu’il s’était passé...



******************



Le lendemain après-midi, Harry décida de ne pas rester dans son appartement. Il n’avait rien contre les vacances, mais il ne supportait pas de rester inactif. Aussi, après de grands efforts de persuasion, Harry était parvenu à convaincre Ginny que le quidditch n’avait rien de dangereux pour sa blessure et qu’il ferait bien attention, ne voulant que voler un peu.



Décrivant des cercles autour du terrain, Harry ne cessait de penser aux événements récents. Après un combat contre Voldemort, il s’en sortait avec une simple entaille au ventre. Du moins sur la face émergée de l’Iceberg... Car une autre réalité hantait Harry depuis quelques jours, une crainte horrible qui l’inquiétait plus qu’autre chose et le réveillait en pleine nuit, l’obligeant à vérifier que chaque membre de sa famille allait bien : Le mage noir voudrait se venger !



Harry était littéralement terrorisé par cette idée. La vengeance de Voldemort. Une défaite aussi humiliante nécessitait des représailles ! Voldemort n’en resterait pas là et Harry avait réellement peur pour ses proches. Draco lui avait dit que le traître pouvait être que Katia. Mais celle-ci avait disparu depuis l’invasion des serpents et elle avait très bien pu être mangée... Mais Harry était méfiant. Pourquoi un sbire de Voldemort se ferait-il manger ? Et surtout, pourquoi un mangemort s’inquiéterait-il de ses élèves ? Sans compter que Katia n’avait pas vraiment le profil d’une servante du mal... Mais comme le lui avait assuré Draco, il ne se méfiait jamais des bonnes personnes...



De toute façon, le problème était loin d’être Katia, même si les autres enseignants continuaient de s’inquiéter pour elle et que le ministère la recherchait activement, que cela soit dans l’école ou dans les entourages. Le problème était sa famille. Harry savait que son père et ses amis ne risquaient rien. Il savait aussi qu’aucun élève ne devait plus mourir avant au moins l’année suivante... Mais il ignorait la destinée de Théo et Abel, de même que celle de Ginny. Et c’était eux sa principale préoccupation. Même là, alors qu’il volait doucement au-dessus du terrain de Quidditch, se laissant porter par le vent et tournant avant de sortir de la zone de sport, Harry ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour sa famille...



« Oh, Harry ! s’exclama tout à coup une voix que le jeune homme aurait pu reconnaître entre mille. Viens un peu deux secondes, s’il te plaît ! »



Harry regarda de haut son grand-père qui lui fit un large sourire et piqua dans sa direction. Avec une habileté époustouflante, il s’arrêta à un mètre du sol, juste à côté d’Abel (NdA : le grand-père, pas le bébé... Lui, il est dans le château, alors ne venez pas me dire que c’est confus !). Son grand-père, à la surprise d’Harry, le serra contre lui.



« Ça doit faire des heures que je te cherche dans tout le château », dit son grand-père dans son oreille.



Harry ne répondit rien, trop heureux d’être dans les bras d’un homme qu’il n’avait jamais espéré connaître un jour. C’était une drôle de sensation que d’être dans les bras de son grand-père. De ce dire qu’il y était. Harry souffla, passant ses bras autour du cou d’Abel.



« Pourquoi voulais-tu me voir ? finit par demander Harry en se dégageant de l’étreinte.



- Je m’inquiétais, avoua Abel. Je voulais savoir comment tu allais...



- Je vais bien, dit Harry en descendant complètement de son balai. Inquiet, mais bien...



- Oui, j’imagine bien que tu es inquiet... Je le serai aussi... Veux-tu m’accompagner pour prendre un verre à Prés-Au-Lard ? »



Harry jeta un rapide coup d’œil au château, comme si Voldemort allait se présenter à la porte de Poudlard avec un écriteau : « Venu tuer les marmots de McDrell ainsi que sa femme » à la main.



« Ils sont en sécurité, dit Abel qui avait suivit son regard. D’après mes sources, Voldemort a très mal encaissé l’humiliation que tu lui as fait subir... Il reste dans son repaire, n’en sors plus et les mangemorts qui ont la mauvaise idée de vouloir le déranger en ressortent en piètre état...



- Tu as des espions chez Voldemort ? s’étonna Harry.



- Bien sûr ! rit Abel, l’entraînant à sa suite vers les grilles de Poudlard. Quel mauvais Auror j’aurai été si je n’avais même pas un homme dans la place pour me renseigner...



- N’est-ce pas risquer ? demanda Harry. Maintenant que tu n’es plus chef des Aurors et que ton patron, qui est mangemort, a accès à tous les dossiers...



- Ne t’inquiète pas, dit Abel, un sourire mystérieux sur les lèvres. Il n’y a qu’un seul dossier pour ce genre de... cas. Et il est bien garder...



- Vraiment ? » fit Harry d’un air abasourdi.



Abel le regarda en riant et leva la main, posant son index sur sa tempe.



« C’est là qu’ils sont, fils. L ! »



Harry sourit, bien qu’un frisson incroyable lui parcourût le dos.



« C’est là qu’ils sont, Fils. L ! »



Comment une si petite phrase pouvait-elle sonner comme le glas du destin et pourtant réjouir son cœur ? Destiné à cause de l’importance que représentait son grand-père aux yeux de Voldemort, celui-ci renfermant tout les noms des traîtres mangemorts et sentimental à cause d’un seul mot, un mot qu’Harry se répéta tout le long du trajet jusqu’à Prés-Au-Lard : Fils.



******************



Le trajet à Prés-Au-Lard fut ponctué d’une conversation plus plaisante que la précédente. Lors du trajet sous un ciel nuageux d’où perçait difficilement le soleil, Harry raconta à son grand-père les facéties de ses deux fils et Abel en profitait pour glisser quelques anecdotes au sujet de James quand il était bébé. Ils arrivèrent assez tard aux Trois Balais. Non pas que le trajet soit terriblement long, mais ils en avaient profité pour jeter un œil dans les vitrines de certaines boutiques, achetant peluche et autre jouet aux jumeaux.



Quand ils entrèrent au pub, pourtant, Harry constata deux choses. La première, Mme Rosmeta avait agrandit son commerce entre 1976 et 1993 car Harry le trouvait considérablement plus petit. La seconde, Hagrid avait du parler de lui lors de ses nombreuses visites car tous les clients le regardaient avec curiosité et admiration. Harry eut l’impression d’être retourné à son époque, les gens le dévisageant.



« Ils ont entendu parlé de toi, il semblerait », dit Abel, riant.



Harry se contenta de baragouiner quelque chose et, sans autre forme de procès, alla s’asseoir à la table la plus isolée. Abel, riant sous cape, alla rapidement s’asseoir avec lui, non sans avoir commandé deux bièraubeurre au passage.



« Comment vas-tu réellement ? demanda Abel après qu’ils aient bu quelques gorgées et que les clients se soient désintéressés d’Harry.



- Fatigué, dit Harry. Inquiet... Et j’ai mal au ventre... Mets tout ça de côté et je suis en pleine forme... »



Abel rit mais retrouva vite son sérieux.



« Tu as raison d’avoir peur... Moi-même, je suis terrorisé... Mais l’avantage dans tout ça, c’est que Voldemort ne le sait pas...



- Grand avantage, en effet, railla Harry.



- Ne sous-estime pas la connaissance de l’ennemi. Plus tu connais ton ennemi, plus tu as de chance de pouvoir le battre... Voldemort ne sait même pas que tu as des enfants...



- Oh, si, il le sait, coupa Harry. Le traître a du lui dire.



- La traîtresse, tu veux dire... »



Harry sursauta et darda son regard sur Abel.



« Katia ? demanda-t-il, frissonnant en voyant Abel hocher la tête.



- Et oui ! De Vaart ! Elle est à la solde de Voldemort depuis deux ans... Nous n’avions aucune preuve et, sous la garde de Dumbledore, elle était plutôt bien garder... Mais maintenant...



- Dumbledore le sait-il ? Et les autres professeurs ?



- Dumbledore sait. Mais depuis peu de temps. Quant au reste du personnel enseignant, non. Même si Albus doit les en informer bientôt... »



Harry hocha la tête, puis sembla pensif. Il eut un léger sourire ironique et plongea ses yeux verts dans ceux de son grand-père.



« Je ne pensais pas, quand j’ai tué définitivement Voldemort, que j’aurai encore l’occasion de parler de ce genre de chose...



- Et moi, je ne pensais pas que je rencontrerai mon petit-fils venu du futur ! Vraiment bizarre comme situation ! »



Harry éclata de rire, sentant peu à peu son angoisse partir. Abel et lui passèrent le reste de l’après-midi à Prés-Au-Lard. Après les Trois Balais, Abel insista pour aller magasiner en sa compagnie. Bien que surpris, Harry accepta. Ils se promenèrent longtemps, parlant du passé et du futur. Harry appris plus sur son père que ce qu’il aurait pu espérer et Abel, les yeux brillant de fierté, ce vit raconter toutes les aventures qu’Harry eut dans sa vie. Les habitants du village les saluaient avec respect, les uns parce qu’ils avaient entendu parler d’Harry, les autres parce qu’ils avaient reconnu l’ancien, mais bien connu, chef des Aurors.



Ils rentrèrent au château à la tombée de la nuit. Harry, marchant aux côtés de son grand-père, portait plusieurs sacs. Certains contenaient des cadeaux achetés pour les jumeaux et tout ceux qu’il avait laissé en 2001, d’autres des vêtements pour Ginny, les jumeaux et lui. Abel le laissa aux portes de ses appartements avec un signe heureux de la main et un encouragement pour le temps qu’il lui restait à vivre en 1976, lui rappelant qu’au moindre ennui, il serait là. Il lui demanda aussi de passer quand il pourrait aux appartements privés réservés au groupe de révolutionnaires cachés dans le château. Après avoir promis qu’il viendrait un de ces jours, Harry rentra enfin chez lui, totalement épuisé.



« Et bien ! s’exclama Ginny. Où donc étais-tu pass ? »



Harry se contenta d’un faible sourire tandis qu’il levait les sacs emplis de présents qu’il tenait. La soirée se passa entre déballage et essayage, Ginny riant de la frimousse des jumeaux dans leurs petites salopettes et robes. Harry quant à lui, restait simplement assis dans son fauteuil, regardant sa femme qui riait et priant pour que ce bonheur qu’il chérissait tant ne s’envole pas à cause de sa mauvaise habitude à se mêler de tout et de rien, notamment des affaires des mages noirs.



******************



Ce fut par une lettre reçue le lundi soir qu’Harry décida de reprendre les cours. Cette lettre venait de Sirius, non pas le jeune mais le vieux.



Cher Harry,

Comment vas-tu ? Nous nous sommes vu il y a moins d’une semaine, mais je me fais du souci pour toi. Si j’avais un peu plus de temps, je viendrai te parler, car beaucoup de choses sont restées en suspens entre nous et cela depuis plus de 20 ans pour moi.

Etant jeune, je n’ai eu qu’un seul amour : Kelly. Si tu n’avais pas été là, Remus aurait été ton parrain car je n’aurai pu survivre à la culpabilité et à la souffrance combinée qui me martelaient le cœur continuellement, de jour comme de nuit. Mais tu étais là, en tant que professeur et ami. Je ne savais pas encore qui tu étais, et j’ignorais tout de toi, sauf le fait que James, Lily et toi étiez, pour une raison que je ne comprenais pas, très proche. Tu étais de loin mon professeur préféré. Juste avec les maisons de Poudlard, toujours présent pour les élèves, je t’ai admiré, Harry, comme jamais je n’avais admiré personne.

Kelly morte, je n’avais plus d’espoir. James, mon frère, ne pouvait plus m’atteindre, j’étais étouffé par la douleur, la peine, la fatigue... La vie me dégoûtait et lui, heureux avec celle qu’il aimait, ne pouvait pas vraiment comprendre. Toi aussi, tu étais heureux. Tu avais ta famille, tes amis... Pourtant, c’est toi, le seul, qui as réussi à m’atteindre dans mon monde de ténèbres. Je ne voyais que toi, toi que j’admirais, respectais. Tu venais tous les jours, prenant de mes nouvelles et quand, par je ne sais quel sortilège, tu es parvenu à me faire rencontrer l’esprit défunt de Kelly, me délivrant d’une prison de souffrance, je t’ai dévoué à jamais mon soutien, mon amitié et ma reconnaissance.

Le lendemain, je suis retourné à la tour Gryffondor. Ça n’a pas été facile. Mais je gardais courage. Kelly m’avait dit : « Je serai toujours l ». Je la prenais donc au mot et continuais de vivre. Mais ça ne fut pas facile. James, inquiet, refusait de me lâcher d’une semelle. Lily n’arrêtait pas de veiller à mon bien-être et Remus, la nuit, voyant que je ne dormais pas, venait souvent se coucher près de moi, me tenant serré contre lui. Trois jours avec la patience et l’affection de mes amis m’ont aidé. Mais je ne perds pas de vue que, si j’avais des difficultés, tu en avais également. L’année passe, bientôt, tu serras de retour dans notre temps, avec tes enfants, tu vivras, heureux, libre... Mais pour cette époque, les problèmes vont continuer. Tu sais comme moi qu’il y aura des tragédies, des morts, douloureuses pertes assénées à une communauté qui ne sera pas débarrasser de la souffrance avant bien des années.

Nous avons survécu. Tous, sans exception, nous nous en sommes sortis. Pourtant, la douleur ne faisait que commencer. Tu connais déjà le destin tragique de la maison des Gryffondors. La trahison de Peter, la mort de tes parents, mon arrestation, bien vite suivi par le décès de Rose... Remus, Calypso et moi avons été les seuls. Les seuls à survivre de cette guerre horrible et pourtant, nous avons du affronter des situations emplies de désespoir. Autant pour Remus, seul, loup-garou, rejeté par la communauté, que pour moi, emprisonné à Azkaban, d’horribles souvenirs me martelant le crâne... Et Calypso, Calypso, notre amie, en Amérique, et oui ! Mariée à Dave, mais souffrante, terrorisée par ce qu’il se passait dans son pays et écrasée par la peine.

Trois... Sur huit, nous sommes trois à avoir survécu. Si t’en est que l’on puisse ignorer le fait que le rat est toujours vivant, mais dénué d’âme... Notre maison a eu des pertes... Mais nous ne sommes pas les seuls. Les trois quarts des Poufsouffle ont été tués entre l’année 1976 et 1981. Les Serdaigles, pourtant intelligents, ont préféré rejoindre le camp de Voldemort, du moins pour la plupart, plutôt que de mourir. Et les Serpentards... Et bien, ai-je besoin de préciser ?

Mais tu dois te demander pourquoi je te raconte tout ça, car bien évidemment, tu n’ignores pas ce qu’il s’est passé. Et bien le fait est là, malgré tous ses efforts, nous avons tous survécu... Difficilement, mais nous nous en sommes sortis. Comment ? Même moi, je l’ignore. Pourtant, quand l’on est venu m’arrêter et même bien des années plus tard, dans ma cellule... Je riais. Je riais comme un damn !

On m’a appris que le rire était une force. Mieux vaut rire que pleurer... C’est une de tes phrases, Harry. Une phrase qui m’a accompagné partout où j’allai, à travers mes malheurs et ma douleur, croupissant dans un cachot sombre et humide. Cette phrase a accompagné Remus dans les bois, tandis qu’il se tordait de douleur à la lueur de la lune. Cette phrase a accompagné Calypso, tandis qu’elle priait pour son ami restant (moi étant en prison et ayant soit disant trahi sadiquement mes proches). Cette phrase a accompagné chaque élève se trouvant à Poudlard et ayant eu la chance de t’avoir eu comme professeur. Cette phrase, Harry, c’est toi qui nous la dis. Nous l’avons tous retenue.

Je ne t’écris pas pour te remercier, ça, je l’ai déjà fait mainte et mainte fois. Je t’écris pour te demander de nous l’enseigner. Apprends-nous à rire, Harry. Car c’est la seule chose qui nous aidera à survivre. Apprends-nous à rire...

Le temps me manque, Remus va bientôt partir pour Poudlard. Et je dois surveiller les petits. Je te remercie d’avoir prit le temps de lire cette lettre. Je sais que tu es inquiet pour tes enfants, inquiet pour ton avenir qui te semble incertain. Mais, Harry, l’année est presque finie. Tu seras bientôt dans notre monde où Voldemort n’existe plus, mais où il nous faudra peut-être affronter d’autres dangers. Le mieux, c’est de se dire que... Tout finira par s’arranger. Je te souhaite bonne chance pour le reste de l’année. Ne nous fais pas des BUSES trop dures, c’est moi qui dois les passer !

Bisous à toi,

Sirius.





Harry ferma les yeux une seconde. Des émotions contradictoires lacéraient son cœur sans aucune pitié, tandis qu’il se répétait les mots de Sirius. Souffrance, douleur, deuil... Tant d’horreur attendait les élèves de l’école...



Apprends-nous à rire...



Harry releva la tête de la lettre, ses yeux brillants étrangement. Il avait été trop longtemps en vacances... Il avait des choses à enseigner...



******************



Ginny ne fut pas très contente. Elle insista pour demander l’avis de Mme Pomfresh, et, à son grand désarroi, l’infirmière dit qu’il était en pleine forme. Le soir même, quand les jumeaux furent endormis, Harry la serra contre lui, caressant ses longs cheveux avec tendresse.



« C’est important, Ginny, ma chérie. Je dois... leur apprendre à rire... »



Etonnée, Ginny le regarda comme s’il avait perdu l’esprit. Harry se leva et alla chercher la lettre de Sirius qu’il tendit à son épouse. La jeune femme la lut rapidement. Elle releva un regard brillant de larmes.



« Tu comprends, maintenant ? demanda Harry en l’attirant à lui. Il le faut. J’aimerai rester encore en congé. Tu n’imagines pas combien j’aime être près de toi, jouer avec les jumeaux... Mais...



- Shhh, dit Ginny, l’attirant dans leur lit. Je comprends. Et je suis désolée de m’être encore emportée sans savoir...



- C’est une partie de ton charme... », dit Harry en riant.



Ginny rit en se serrant un peu plus contre lui.



« J’aimerai être une petite souris pour pouvoir assister à ton cours de demain... »



Harry ne put s’empêcher de rire.



« Je te raconterai... », promit-il.



******************



Les élèves de Gryffondor/Serpentard arrivèrent cinq minutes en retard. Ils trouvèrent leur professeur regardant gravement par la fenêtre. Harry suivait mentalement ses élèves, sachant pertinemment qui allait aller où. Il regarda en coin Peter Pettigrow s’installer au premier banc, souhaitant en lui que le rat se soit fait dévoré. Il jeta un regard impénétrable à Sirius qui lui sourit. Et il nota que les Gryffondors semblaient tous un peu sonné. Quand ils furent installé, Harry souffla et se tourna vers eux très lentement, regardant chaque visage avec un calme olympien.



« Bonjour à tous, dit-il d’une voix si douce que tout les élèves le regardèrent avec curiosité. Aujourd’hui est un jour très spécial. Non pas parce que je reviens, ça, on s’en balance... Non, l’important est qu’aujourd’hui... Je vais vous apprendre une magie bien différente que celle que vous utilisez en potion... En sortilège... métamorphose... Ou même en DCFM... Je veux vous apprendre... à rire ! »



Tous les élèves regardèrent Harry comme s’il était sorti d’un hôpital psychiatrique. Ça n’était jamais que la deux centième fois qu’on le croyait... Un grand sourire éclaira le visage d’Harry, passant de l’expression sérieuse à une autre d’amusement.



« Mais... fit Severus Rogue, tout le monde sait rire ! »



Le sourire d’Harry s’élargit.



« Oui, dit-il. Tout le monde sait rire, M. Rogue. Ce que tout le monde ne sait pas, c’est à quel moment il doit rire... »



Le silence accueillit cette déclaration. Harry retrouva son sérieux.



« La semaine dernière, une élève de Gryffondor est morte »



Sirius, au fond de la classe, tressaillit, mais continua de le fixer comme si détacher son regard des yeux émeraudes d’Harry le mènerait à la mort.



« Ce n’est pas la première, poursuivit Harry, et ça ne sera pas la dernière. D’autres la suivront, parfois des proches, parfois des ennemis... Mais il y en aura d’autre... Nous sommes en Guerre ! »



Tous sursautèrent, regardant leur professeur avec étonnement.



« De ce fait, à compter d’aujourd’hui, une fois toutes les deux semaines, nous aurons... Un cours pour rire ! »



La surprise remplaça l’incompréhension tandis que, tous, ils fixaient Harry. Les élèves s’agitèrent, mal à l’aise. Finalement, Lily osa lever la main.



« Qu’est-ce que tu... Vous entendez par... un cours pour rire ? »



Harry lui offrit un grand sourire.



« Ce cours est simple. Si simple en fait que vous n’aurez même pas de devoir... si ce n’est celui d’y participer activement... Il reposera sur l’amusement, tout en vous confrontant à des situations... peu banales... Il servira aussi à vous imposer une morale, qu’il vous faudra trouver avant la fin de l’année. L’élève qui le trouvera en premier se verra donner 50 points à sa maison... »



Les élèves eurent un sourire. Harry ricana intérieurement. Ils se disaient déjà que ça serait facile... Ils n’imaginaient pas combien ils se trompaient...



******************



La classe de Gryffondor et Serpentard se promenait dans les couloirs, suivant leur professeur. Harry leur avait dit d’aller à la salle polyvalente, ce qui en avait étonné plus d’un. Cette salle était réputée pour sa particularité à donner tout ce que l’on voulait, de la pièce de musique à celle de danse, et tous se demandaient ce qu’ils allaient devoir affronter qui amusait autant leur professeur.



Harry, lui, se réjouissait plus que jamais ! Le programme n’allait pas être de tout repos, mais il s’était déjà arrangé avec Ginny et Dumbledore pour avoir tout le matériel disponible pour parer au moindre petit bobo. Bien évidemment, aucun élève n’avait une chance d’en sortir indemne, lui-même n’arriverait pas à ne pas se blesser, mais, en tout cas, ils allaient bien s’amuser.



Ils arrivèrent à la salle polyvalente assez rapidement. Harry les invita à rentrer deux par deux dans la porte tournante et d’attendre quelques secondes avant de s’y aventurer, de façon à ce qu’aucun ne la bloque, comme l’avait fait Peter à Halloween. Il gardait également un œil sur les trois autres maraudeurs, les soupçonnant d’avoir déjà jeté un sort sur l’entrée et de vouloir retenter leur exploit un de ces jours.



Harry entra le dernier et ce fut pour trouver des élèves subjugués dans un immense hall omnisports. Harry eut un léger sourire avant de frapper dans les mains, attirant ainsi leur attention.



« Bien, dit-il. Pour commencer, je voudrais que vous enleviez tous vos robes ! Histoire de ne pas les abîmer ! Il y a des portes-manteaux contre le mur du fond, vous n’avez qu’à aller les y accrocher... »



Aussitôt, les élèves s’exécutèrent, non sans échanger des regards interrogatifs et perplexes. Harry, quant à lui, se retenait d’éclater de rire... Il allait vraiment bien s’amuser...



« Bien, dit-il encore une fois, maintenant que c’est fait, j’aimerai que vous vous sépariez en deux groupes... Les Serpentards d’un côté, les Gryffondors de l’autre... »



Les élèves firent ce qui leur était demandé, se retrouvant les uns en face des autres. Harry se plaça entre les deux groupes. La pièce, plutôt bien éclairée e
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# Posté le mardi 03 août 2004 11:52
Modifié le jeudi 05 août 2004 12:41